vendredi 25 novembre 2011

Castle

- I think it's always been there, deep inside, since that night.
- The night your mom was killed ?
- Hm-hm. I've let it define me, drive me… It's made me who I am. But now…
- But now ?
- I wanna be more than who I am. …But I don't know if I know how to do that without letting my mom down.
- She's dead, Kate. You can't let her down. The only person you can let down is yourself. Her death is part of you, and you're gonna have to make peace with that (…). But it doesn't have to limit you.
- …How am I supposed to let go ?
- I can help you. But the question is, are you ready ?


- Yeah, I think I am.

dimanche 2 octobre 2011

HAINE.

C'est la mode de bloguer sur la haine. Et par "c'est la mode" je veux dire qu'Hao l'a fait et que donc je l'imite.
Monkey see, monkey do.
Vous remarquerez que ma haine est particulièrement concentrée sur les gens. J'y peux rien, les chats et les gratins dauphinois me laissent vivre ma vie tranquille, EUX.

JE HAIS les gens qui disent une connerie (ou au mieux une platitude) et finissent par "Méditez là-dessus". Je médite actuellement sur la façon dont je pourrais leur éclater les rotules, leur crever les yeux et leur faire boire leur propre sang par litres entiers, tout ceci sans les tuer.

JE HAIS les gens qui disent "arrêtez de me corriger sur telle faute d'orthographe (exemple : je ferai/je ferais), je retiendrai jamais alors ça sert à rien". FAIS TOI UN POST-IT, BITCH.

JE HAIS les gens qui passent leur temps à scruter les jeunes filles pour estimer leur âge et le comparer avec leur tenue vestimentaire. Mention spéciale pour les connards (surtout des connasses, en fait, malheureusement) qui les prennent en photo en douce pour twitpic-er leur désapprobation. La vacuité de leur vie quotidienne me terrifie.

JE HAIS les gens qui disent "le but de l'art est de susciter des réactions, bonnes ou mauvaises ! Donc ce sandwich jambon-beurre géant installé de manière permanente au milieu du château de Versailles remplit parfaitement son rôle". Je ne suis pas certaine de connaître le but de l'art, mais si par hasard c'est l'incitation au meurtre d'élus locaux, ça marche du tonnerre.

JE HAIS les gens qui utilisent "féministe" comme un gros mot. Dialogue entendu récemment (de la bouche des invitées d'un podcast pourtant chéri) :
Fille 1 : "Les organisations type Girls In Tech, c'est quand même limite, genre... c'est les filles entre elles, genre tu vois..."
Fille 2 : "Ouais ça fait un peu féministe"
Fille 1 : "Ouais voilà"
Je crois pas avoir besoin de commenter.

JE HAIS les gens qui regardent, pour rire, des vidéos de malades atteints du syndrome de la Tourette (en général ceux qui crient des insanités, notez que c'est une variante rare de la maladie).
Hahaha, trop marrant, le mec il a une maladie neurologique qui en fait la risée de l'humanité, et ce à vie ! ;D lol

JE HAIS les gens qui se croient très malins de t'expliquer, si tu mentionnes le MBTI, que c'est quand même trop nul de mettre des gens dans des cases et de toute façon eux ils sont inclassables (le tout sans connaître le début du premier mot des théories du MBTI, bien sûr).

JE HAIS les gens qui passent leur temps à se plaindre que "dans notre société on est jugé sur l'apparence" alors que ce sont eux-mêmes les plus enragés à le faire. Mention spéciale pour ceux qui considèrent que si une fille est jolie ou porte des talons hauts, elle est très certainement idiote.

JE HAIS les gens qui font mal leur travail et qui mettent un point d'honneur à écraser ceux qui essaient de le faire du mieux qu'ils peuvent. Ça a l'air d'un cliché, mais bon sang, j'en ai rencontré des secrétaires qui méprisent totalement les usagers/patients et essaient de saboter les efforts des autres pour les aider.

JE HAIS les gens qui se disent "bilingues" parce qu'ils parlent relativement bien une langue, en général l'anglais. Pour prendre un exemple, Hao a obtenu la note de 980/990 au TOEIC et ni elle ni moi ne considérons que sa compétence correspond au bilinguisme. Être très, très à l'aise en anglais à l'écrit et à l'oral ne signifie absolument pas que l'on approche même la compétence d'un locuteur natif.
Cher "bilingue", je vais te faire une faveur et t'offrir un petit auto-test gratos : comment dit-on "Ortie" en anglais ? "Poivron" ? "Girouette" ? "Toupie" ? "Poissonnier" ? "Menottes" ? "Navet" ? "Tisane" ? "Louche" ? "Courgette" ? "Galet" ? "Mollet" ? "Corde à sauter" ?
Dis donc, je me trompe peut-être, mais il me semble que pour un bilingue, tu galères beaucoup sur ce vocabulaire digne d'un enfant de dix ans.

Mais le pire dans tout ça, c'est que j'ai beau les haïr de faire tous ces trucs, au fond je peux pas m'empêcher d'aimer les gens.
Stupide Litchee !

mercredi 28 septembre 2011

Oh mon Dieu, oh mon Dieu, oh mon Dieu.

Pote, tu as un moment pour une démonstration sous forme audiovisuelle ?
Si tu les as pas, reviens plus tard, parce que c'est assez important que tu regardes quelques minutes de chaque vidéo sinon tu vas rien comprire.

Bon.
Je sais que quand on te dit de regarder une vidéo sur un blog, tu as la flemme et tu passes directement à la suite. Mais là, vraiment, rends-toi donc service et regarde ce petit film :




C'est beau, hein ? Juste quelques meufs plutôt badass, un paysage agréable, une musique superbe (la chanson c'est Rox in the Box de The Decemberists, penche-toi sur ce groupe si tu aimes le folk, tu vas kiffer). Une bonne caméra et un bon montage, et on obtient quelque chose d'unique.

Maintenant, demande-toi ce qu'on obtiendrait avec une ville magnifique à mille facettes chargées d'histoire et des milliers d'euros de subvention.
Ben te demande plus, on obtient ça :




Je ne sais même pas par où commencer. La musique inutile ? L'image sautillante et granuleuse ? Le Spiderman ultra-cheapos qui enjambe des barrières ? L'espèce de saltimbanque ridicule avec son cheval ? Le fait qu'ils aient réussi à ne montrer de Nantes qu'une succession d'images grisâtres et sans charme ? Et le montage ! Le montage ! Mon Dieu, le montage. o_o
Ce n'est pas seulement que je suis déçue, moi qui m'attendais à voir sublimée une ville dont je suis profondément amoureuse.
Ce n'est pas seulement que j'ai honte, car je ne vois pas qui, après ça, aurait envie de la visiter.
C'est que j'en ai ma claque de voir l'argent public dépensé dans des immondices pareils.

Ah oui, et le truc qui m'a achevée, c'est la fin - je sais pas si tu as tenu jusque là, crois-moi, je te comprends si ce n'est pas le cas - où on voit s'afficher les mots "Le Voyage à Nantes" (gimmick de cette fosse à impôts signée Nantes Métropole) qui s'effacent pour laisser place à "A Journey to Nantes".
Haha.
Vous essayez de me faire croire que parmi toute votre équipe de bras cassés, il y avait pas UN anglophone digne de ce nom qui vous aurait dit que "journey" signifiait plus "trajet" que voyage, et que "a journey to Nantes", ça voulait dire genre le trajet de Paris à Nantes ? Que dans aucun univers parallèle de tout l'espace-temps, ça voulait dire un voyage DANS Nantes ? Qu'une bonne traduction, ç'aurait été par exemple "A trip to Nantes" ?
Allez, cassez-vous, je veux plus vous voir.

jeudi 16 juin 2011

Insomnie.

Respirer à pleines mains l'air du petit matin.
L'air de la ville qui sent la pollution et le chèvrefeuille.
Il pleut sur la ville mais pas dans mon coeur. Il pleut sur le pavé et le pavé s'illumine de l'orangé des phares et du rose de l'aurore. C'est une vision de dessin animé.
Il y a une musique tropicale aussi dans le son de la pluie, le chant des oiseaux, et le vert des arbres au-dessus de la rivière.
Il y a des joggers à qui j'ai envie de proposer un café. Parce que vraiment… A cette heure, par ce temps ?
Les péniches dorment encore. Les canards aussi.
Le ciel est tout plein de fourrure grise mais l'horizon est d'un vert pâle bien clair.

Décidément, je les adore ces aubes pluvieuses des nuits blanches, quand j'ai envie de m'asseoir sur mon balcon et de me laisser prendre l'eau, comme une bienheureuse idiote.

Je suis restée un peu moi, quand même.

vendredi 10 juin 2011

Defying Gravity

Vous savez quoi ? En ce moment, je ne suis pas moi.

Je ne suis pas moi qui contemple toujours au lieu d'agir et qui rêve au lieu de penser.

Je suis pourtant tellement habituée à être cette personne-là, depuis mille ans au moins : je me connais bien.
Moi, je suis celle qui regarde en arrière et qui pleure sur un rayon de soleil, sur le goût d'un fruit et le parfum d'une crème solaire. Je suis celle qui regarde la nuit se défaire alors que tout le monde est couché ; celle qui boit du thé en écoutant ça et qui a l'impression d'être le seul être vivant dans l'univers.
J'ai été l'adolescente qui escalade sa fenêtre en pleine nuit pour aller se rouler dans l'herbe mouillée, et traverse la ville comme un fantôme pour se baigner toute seule dans la mer. J'ai été l'enfant qui rentre chez elle sans son cartable.
Et puis aussi, j'ai été abîmée. Des vilains coups qui laissent des vilaines plaies. J'ai commencé à avoir peur de vivre, de perdre mes souvenirs, de trahir ceux que je laissais derrière moi. J'ai considéré l'avenir comme le lieu noir de toutes les souffrances ; au moins, le passé avait toujours ses couleurs.

Et en ce moment, on dirait que la vie a réussi à m'attraper.
On dirait que j'ai pris conscience de quelque chose et que ma main s'est refermée sur une prise… amorçant la montée.
Oh, je ne veux pas dire que je rencontre de grands succès, ou même de petits succès. Mais, oui, on dirait bien que j'essaie.

Idée incroyable, inouïe il y a encore quelques mois.

J'essaie.

mercredi 27 avril 2011

@melanielaurent



Hé oui, Mélanie, toute médaille a son revers. Tu étais si contente de te retrouver du jour au lendemain invitée chez des gens à L.A., des gens qui ont un cinéma chez eux et aussi un avion. Tu étais si contente de porter des belles robes et de côtoyer la crème de la crème le long du tapis rouge.
Apprends que dans ce monde, oui, on observe d'un peu près les gens qui font tout ça. Parce que vous faites tout ça, non pas pour nous offrir quelque chose - je crois que c'est ça que tu n'as pas compris - mais pour nous le VENDRE. Que ça te plaise ou non, que tu l'assumes ou pas, c'est pour nous le vendre, pour qu'on dépense l'argent que l'on gagne jour après jour grâce à nos boulots de merde.
Meuf, il y a des musiciens bourrés de talent qui jamais ne sortiront un disque. Toi tu ne sais pas chanter - et je ne dis pas ça pour te blesser, mais allons, tu le sais bien, quand même - mais tu le fais, et tu enregistres un album et tu tournes des clips. Pour ça des gens dépensent beaucoup d'argent dans l'espoir d'en gagner encore bien plus.

Tu comprends ce que j'essaie de te dire ?
Tu comprends que c'est à nous qu'on demande de rembourser ton album et tes clips, avec même un petit supplément histoire de payer à ton producteur sa piscine olympique et à toi tes petites robes Balmain, et avec le sourire s'il vous plaît ? Sans déconner, tu croyais que ce que tu faisais, c'était gratuit ?
Non... À d'autres. Par pitié.

L'état d'esprit "tu n'iras pas à Baltard", que tu regrettes, je le regrette aussi.
Tu te demandes d'où il vient : je vais te le dire.
Dans le temps jadis, si la production d'un artiste ne plaisait pas au public, on ne l'entendait pas. C'est aussi simple que ça. Ton album ne plaisait qu'à toi, eh bien tu rentrais chez toi et tu l'écoutais. Toute seule. Personne n'allait te chercher chez toi pour te dire que c'était nul.
Aujourd'hui, la machine est trop bien huilée. Si quelqu'un a la possibilité de faire du fric ou du buzz, qu'il soit talentueux ou pas, on va l'entendre. Oh oui, on va l'entendre ad nauseam.
C'est ton cas. Je ne voulais pas spécialement écouter tes chansons, mais il aurait été difficile d'y échapper. Parce que ta maison de disques - à laquelle tu as donné ton aval, avec laquelle tu as signé un contrat, je me permets de te le rappeler - a imposé ton album au monde, en particulier sur Internet parce que c'est là que les choses se passent aujourd'hui.
Quand on impose aux gens quelque chose qu'ils n'aiment pas, et qu'on leur demande de cracher leur fric, ils ont le sacré putain de droit de dire : NON.

Je ne les déteste même pas particulièrement, tes foutues chansons…
Mais que tu aies mis tes tripes dedans ou pas, n'oublie jamais qui te paye tes fringues et tes voyages, n'oublie jamais que personne n'est obligé de te soutenir, et que si ce que tu fais ne plaît pas, tu ne peux absolument rien y faire, encore moins lancer des reproches.

samedi 19 mars 2011

The ships have come to carry you home

Et oui, toi, toi aussi.
J'aimerais que tu reviennes, ma Dame du Lac.

vendredi 11 mars 2011

There was no one there. No Forest.

Il me manque, il me manque, il me manque, il me manque.

Et avec lui me manque un temps qui n'était pas marqué par l'absence, un temps qui n'était pas recouvert de cendres. Un temps de soleil et de rires.

Ce qui me manque, c'est les fibres de son pull quand il me serrait contre lui, c'est sa voix le matin, c'est son regard et ses lunettes, son odeur et ses affaires en désordre, ses affaires qui maintenant sont perpétuellement bien rangées.

C'est le regarder et le voir me sourire en retour.

J'attends toujours de me réveiller de ce mauvais rêve où il n'est pas là, où il ne peut pas sécher mes larmes, ce rêve horrible et absurde où il n'est qu'une poussière dans le vent.

Je voudrais débarquer dans le salon et le voir là, je voudrais le prendre en photo. Je voudrais arracher tous ses souvenirs que le passé m'a volés pour les coller dans mon présent et peu importe si je déchire les pages au passage.
Je voudrais que "Papa" redevienne une apostrophe, et pas toujours le sujet d'une phrase à l'imparfait.

Je voudrais qu'il cesse d'être une ombre furtive que j'ai du mal à saisir à travers le chagrin. Qu'il redevienne un être de chair, qu'il m'accompagne le long de ma vie pendant au moins vingt ans encore.
Qu'il arrête d'être une photo ou une voix dans un haut-parleur et qu'il revienne me chercher.

lundi 14 février 2011

Rétrospective

Vous savez, de temps en temps, je relis ce blog.

Ce qui est marrant, c'est que logiquement, je devrais hurler, me trouver ridicule, et supprimer des posts entiers.
En réalité, je hurle, je me trouve ridicule, et je laisse tout tel quel.
Je ne corrige même pas les fautes de frappe...

Quand on vit dans les nuages comme moi, c'est si précieux de retrouver tout ça.
Les commentaires aussi.

Je vous dis en vrac ce que je trouve drôle ou intéressant (ça vous dispensera de relire vous-mêmes):

- J'adore le fait qu'au début, il y a genre deux posts, mais plein de commentaires qui disent que c'est trop bien. Alors que 95% des posts ne contiennent que des paroles de chansons. J'avais couché avec qui pour avoir une fanbase pareille ?

- Je ne cesserai jamais d'être fascinée par la quantité d'auto-apitoiement que peut contenir une adolescente, qui plus est de masse corporelle plutôt faible.

- Le moment de la rupture avec M. est savoureux. Le monde s'était écroulé ce jour-là, je m'en souviens encore. Et il neigeait, et je pleurais, et à chaque fois que je relis ça je sens à nouveau ces larmes. J'avais bien capturé tout ça, je trouve.
Quoi ? Je ne peux pas dire que du mal de moi en permanence, non plus.

- J'aime bien aussi relire "Drop it like it's hot", parce que - et c'est l'avantage de lire quelque chose qu'on a écrit soi-même - à chaque phrase, je me souviens de quelle sensation je voulais parler, très précisément.

- Je suis terriblement agacée par la manie que j'avais d'écrire sans majuscules en début de phrase. D'où ça sort, ça ? Je m'imaginais que ça me donnait un genre. Quelle connerie.

- La "reprise" en 2007 est hyper brutale, surtout à cause de ce qui n'est pas écrit.
Par exemple, je me souviens très bien de la journée qui avait suivi "nuit blanche".
Maman m'avait appelée pour que je revienne de Nantes…
Ce contraste entre 2005 et 2007, c'est vraiment palpable. A un moment, on est dans un univers rose et noir de gamine qui a trop des problèmes dans la vie parce que la vie c'est trop dur, tu vois. Et puis le moment d'après, tout est gris.
Et bam, août 2007, allez, on remet une couche.
Bonjour l'ambiance.

Après, bon, ça devient trop proche pour être intéressant. J'ai juste honte d'avoir abandonné "Mercredi, c'est Maxime !", une rubrique promise à un bel avenir.


Vous l'avez peut-être compris, mais relire ça me redonne envie de me confier davantage à ce blog. De réécrire des trucs tout bêtes sans aucun autre intérêt que de raconter sa life. Ne serait-ce que pour les relire, sept ans plus tard.

J'ai aussi envie de vous poser une question : vous êtes qui, là ?
Ca fait des mois, voire des années que j'écris pour un lectorat fantôme...
Ca vous embêterait juste de laisser un commentaire vite fait ?
Promis, c'est pas pour gonfler les stats (haha :D), c'est juste pour savoir.
Souris et Morse, vous êtes pas obligés, je sais que vous êtes là :p

dimanche 13 février 2011

Marie-Madeleine

Tu sais, je te connais, Marie-Madeleine.

Je connais la jeune fille naïve que tu as été. Aussi adolescente que l'on puisse être dans un monde où cet âge n'existe pas, faisant le mur pour aller voir des garçons que l'on appelait des hommes.
Je t'ai vue confondre maladroitement Le Tasse et Pétrarque, comme une petite oie qui veut être une grande dame. A qui on a envie de dire, "Oh… honey…"
Je t'ai vue te marier et apprendre la solitude. Te jeter dans une correspondance avec un homme qui disait t'aimer à la folie ; te fâcher lorsqu'il te délaissait. Cet homme qui t'écrit des poèmes en t'appelant cruelle, je vois bien c'est toi qui le supplies, pas l'inverse…
Je t'ai vue te prendre d'amitié pour une jeune femme qui, je pense, te rappelait la jeune fille que tu avais été, pleine de charme et d'esprit. Tu savais déjà, alors, que ces armes n'étaient pas suffisantes dans le monde où tu vis. Tu devais te douter qu'elles ne la sauveraient pas. Tu l'as aimée quand même et tu l'as regardée mourir.
Mais tu as eu des amis qui ont vécu, aussi, et qui te comprenaient, des amis brillants, honnêtes et purs, ou autant que l'on puisse l'être.
Tu étais souvent malade et tu te battais contre toi-même, contre ton coeur passionné que tu voulais dompter parce que tu voulais être une femme qui se contrôle, pas une femme contrôlée. Tu étais dépressive, tu sais, même si tu ne connaissais pas ce mot.
Mais tu construisais ton univers à l'intérieur.

Tu as écrit un chef-d'oeuvre.

Ma chère Marie-Madeleine imparfaite et rageant contre la vie, je voulais simplement te dire que tu es entrée dans l'histoire. Tu as eu ta revanche.
Tu n'as pas été oubliée.

vendredi 17 décembre 2010

Nag Champa

Allumé un bout d'encens, ça faisait super longtemps.

Putain, j'ai seize ans.

jeudi 16 décembre 2010

Everybody wants to hear about home

Voilà un truc marrant.
Le plus blasé des cosmopolites, le plus universaliste des citoyens du monde, le plus désenchanté des ermites, celui qui vous jure que tous les lieux du monde se valent et qu'il n'en préfère aucun… Même celui-là, et je suis prête à le jurer, même celui-là fondra comme un carré de chocolat en juillet si vous lui parlez de sa maison.
Exilé à Hong Kong et n'ayant plus téléphoné en France depuis deux ans, il montera le son de la radio et essaiera d'expliquer à ses amis perplexes que l'écrivain dont on parle, là, celui qui rencontre un succès mondial depuis quelques semaines, il est né dans sa ville. Sa ville à lui où il faisait du vélo autour de l'étang et où une fois il avait trouvé une souris malade qu'il n'avait pas réussi à sauver et qu'il avait pleuré pendant des jours. Et même si c'est vraiment très moche, c'est le plus bel endroit du monde.
Le Brassens qui abhorre ces abrutis qui sont nés quelque part, celui-là aussi, il écrira une supplique pour être enterré sur la plage de Sète, parce que l'ordinaire, la franchouillarde plage de Sète est le plus bel endroit du monde. Même quand il pleut.
Et prenons même la ville la plus changeante et la moins confidentielle du monde, prenons la ville de tous les expatriés et tous les perdus, la ville aux mille couleurs, la plus insaisissable… Il suffira qu'on écrive une chanson pour que tous ceux qui en connaissent les rues par coeur, tous ceux qui y ont grandi ou qui s'y sont réfugiés reprennent les paroles en choeur avec une inexplicable fierté aux tripes. Parce que c'est le plus bel endroit au monde.

Concrete jungle where dreams are made up,
There's nothing you can’t do,
Now you’re in New York...



vendredi 26 novembre 2010

Comment peut-on vivre ?

Je crois que c'est ça, le problème.

Je n'ai pas envie de mourir. Je suis terrifiée à l'idée de mourir. Je n'ai jamais envisagé sérieusement la possibilité du suicide - joué avec, parfois, contemplé, oui. Mais c'est tout.
J'ai en tête mille raisons de rester en vie. Pour les autres bien sûr... et pour les instants précis, pour manger du homard parce que je n'en ai jamais goûté et j'adore le crabe, pour les après-midi de juillet, pour l'Erdre, pour down le Roi Liche, pour les chamallows fondus et la vodka, pour monter sur scène, pour Mme de la Fayette, pour l'encens et les fleurs.

Mais comment peut-on ? Comment peut-on, la vue brouillée par la douleur ? Comment peut-on alors que ceux qu'on aime peuvent nous être pris en un instant ? Alors qu'un instant suffit pour que les couleurs virent au noir et que le ciel s'écroule ?
Alors comment peut-on ?

Je crois que c'est de là que vient ma paralysie : je ne peux pas mourir, mais je ne peux pas vivre.

mardi 23 novembre 2010

Abrutis


Arte/Philosophie - 14/11/2010 - Extrait original sur les JV
envoyé par 3emeType.

J'ai vu des dizaines d'amitiés se former grâce aux jeux vidéo. J'ai vu des histoires d'amour commencer dans ou grâce à un jeu vidéo. J'ai vu des communautés se bâtir, évoluer, et devenir un ciment indestructible entre des gens totalement différents unis par des passions communes.
J'ai lu l'histoire d'un tétraplégique à qui le jeu vidéo permettait des choses normalement inconcevables dans sa situation. Avec ses amis et son épouse, il relève les mêmes défis que les autres. Il a la chance, unique dans sa vie, d'être comme les autres.
J'ai vu des jeunes gens développer des talents qu'ils n'auraient peut-être jamais exploités, sans le jeu vidéo : chant, arts plastiques, écriture… Et recevoir des félicitations, des encouragements, parfois un "vrai travail" en récompense. J'ai vu des gens y consacrer leur vie et s'épanouir dans un boulot qui les passionne.
J'ai vu des équipes improbables travailler ensemble, explorer leurs propres forces et faiblesses, apprendre à conseiller sans vexer, à recevoir une critique sans se mettre en colère.
J'ai eu la chance incroyable de voir ma soeur, que j'adore, devenir amie avec mes propres amis - à travers le jeu.
Si j'avais le temps, je ferais la liste de toutes les choses dans ma vie et dans celles de mes proches qui auraient été différentes, sans le jeu vidéo. Des gens qui n'auraient pas eu d'enfant, des gens qui se seraient abîmés dans la solitude et la dépression, des gens qui, s'ils avaient "vécu" au sens de M. Colas Duflo, auraient moins vécu.
Je vois des gens qui s'aiment, qui imaginent, qui apprennent, qui rient, qui pleurent, qui échouent puis qui réussissent, qui VIVENT dans tous les sens du terme, et si certains ont des têtes d'abrutis, bon sang, ce sont mes abrutis à moi et je les aime à la folie.

mercredi 10 novembre 2010

Home

A Saint-Nazaire, il n'y a personne dans les rues l'hiver. Si : les alcoolos paumés et les bandes de racailles.
On marche le long de grandes avenues noires et blanches, bordées de voitures et de cubes en béton sale.
On baisse les yeux. On file une clope et on essaie d'avoir l'air banale et inintéressante pour continuer son chemin sans encombre.
Deux fois, un type à vélo m'a mis la main aux fesses en passant à côté de moi. Imaginez-vous l'effet que ça fait, ce tripotage dont l'auteur s'éloigne en toute impunité. Oui, pourquoi se priverait-il, finalement ? Qui va le poursuivre ? Ca n'a duré qu'une demi-seconde.
Et l'autre soir, un type m'a suivie. Dans la rue, puis dans le supermarché, dans la rue à nouveau, et jusque dans l'immeuble. J'ai couru dans les escaliers et sonné très fort à la porte.
Et si j'habitais seule ? Au rez-de-chaussée ?

A Nantes, tout le monde marche, tout le monde prend le tram. Il fait froid, on s'emmitoufle mais on sort. On va acheter son pain, ses clopes, son journal.
Il y a des vieux dans la rue à Nantes. Ils marchent doucement en serrant leur baguette. Il y a des poussettes, aussi.
A la place du béton glauque, il y a l'eau. Grise, blanche, argentée, verte, bleue, rose, orange, elle clapote entre ses quais, toujours tranquille. A la place des voitures, il y a des péniches.
J'habite à cent mètres du commissariat. Et de toute façon, il y a trop de passage, trop de lumière (notamment grâce à l'Erdre qui ouvre la rue en deux) pour qu'il m'arrive quoi que ce soit. Ca fait quatre ans que j'habite ici et je n'ai même pas été bousculée. Les clochards ne causent jamais un souci. Ils demandent pièces ou clopes - on dit oui, on dit non, ils n'insistent pas.
J'ai mon bureau de tabac, mes boulangeries (dont avec Hao nous étudions les mérites comparés), mon petit café-resto, mon bar, mon épicerie, mon tram, mon parc. Mon quartier est beau et différent tous les jours, sous toutes ses couleurs.
Tous les soirs, il m'offre un coucher de soleil et je m'émerveille une nouvelle fois d'habiter un endroit pareil.

jeudi 14 octobre 2010

Sachez-le.

Pour Ghofrane, Fatima, Sohane, Shéhérazade, Noor, San-deela et toutes les autres, je me battrai.

Il y a des causes plus charnelles et plus évidentes que d'autres. Celle-ci est la mienne. Moi qui ai peur de tout, moi qui ai donné deux gifles dans ma vie, lorsque je pense à elles je suis pleine d'une pulsion guerrière et prête à me lancer dans la mêlée.

Venez et apportez vos pierres. Je ne suis pas seule. Nous nous battrons.

vendredi 8 octobre 2010

Vendredi, ironie

Je déteste la série Glee d'avoir produit un épisode (S02E03) très émouvant et bien meilleur que les précédents.
Parce que je ne crois pas pouvoir le finir.
J'ai tenu 28 minutes 45.
Et je suis là entre deux eaux, ne sachant pas si je dois me forcer à continuer pour me prouver que je suis forte, ou laisser tomber.
Ironie, double combo : j'ai tenu sur les coups de fil, le cours interrompu, l'hôpital, la compassion des gens, les proches qui s'engueulent.
C'est les images du père apprenant le vélo à son fils qui m'ont eue.

mercredi 1 septembre 2010

Sugar and spice and everything nice

Hé oui, ce blog est le dernier endroit où je n'ai pas encore fait mon auto-promo...

Faisons court : j'ai créé un site pour mes critiques de bluettes.
Ce que j'appelle les bluettes, ce sont ces films qui pour la plupart ne sont pas des chef-d'oeuvres - bien que certains en soient, voir ci-contre le magnifique Princess Bride - mais qui nous amusent, nous remontent le moral, nous font rêver, nous émeuvent, nous font rire et nous permettent d'échapper quelques instants au monde réel.

J'étais une enfant et une adolescente rêveuse. J'ai vu certains de ces films un nombre incalculable de fois. Lorsque de temps en temps mes parents sortaient chez des amis ou au spectacle, mon grand plaisir était de me préparer un bouillon-cube avec des vermicelles pour le manger à la paille devant une de mes VHS préférées. C'était ça, le bonheur, pour moi : un bol de bouillon aux vermicelles, une paille, et Les Hommes préfèrent les blondes. Tout simple.

Alors voilà, pour moi et pour tous ceux qui me ressemblent, l'Absolute Everything on Bluettes est un humble index des bluettes que j'ai vues. Ca ne sert à rien, mais ça me fait plaisir, et si ça peut, de temps en temps, aider quelqu'un qui a besoin d'une heure et demie de miel dans un monde de plastique... alors c'est parfait.




What are little girls made of?
What are little girls made of?
Sugar and spice
And everything nice,
That's what little girls are made of.

mardi 17 août 2010

Là-bas le soleil s'écroule dans la mer

J'ai l'impression d'assister à la rencontre de ma vie avec un mur de béton.

Tout ce que je raconte depuis six ans sur ce blog, c'est un peu la route en zigzag, le pied qui martèle la pédale, les freins qui ne répondent plus, le vent qui s'engouffre par la vitre ouverte, le paysage qui défile tout flou de chaque côté.

Et puis boum.

Ce n'est pas nécessairement une mauvaise chose. Est-ce qu'il aurait mieux valu continuer à foncer éternellement, en faisant semblant de ne pas voir le mur à l'horizon ? Ecouter très fort La Ballade de Jim en fumant clope sur clope, et boire et rire et parler d'autre chose ?

Un des symptômes de cette nouvelle situation, c'est que j'ai de plus en plus de mal à parler d'autre chose, précisément. À répondre que "Oui ça va, tu sais, la routine, et toi alors ? La fac/ton boulot/ton mec/ton chien/ton herpès génital ? (Bla, bla, bla)".
Notez que truc de la routine n'est pas entièrement faux, sauf que c'est la déprim/ession qui est devenue la routine. Et ce n'est pas que je meurs d'envie de me plaindre, au contraire. Juste que j'ai de plus en plus de mal à faire semblant d'aller bien.

Je me rends compte de tout ce que j'ai caché à la grande majorité de mon entourage depuis des années. Notamment, que je ne me suis toujours pas remise de la mort de papa (je devrais dire la maladie de papa, ces années critiques qui ont formé une bonne partie de ma personnalité, et pas les meilleurs côtés). Que je n'ai aucune idée de ce que je vais faire de ma vie, que je ne me sens toujours pas normale à l'intérieur.
Que j'ai développé un système complexe pour me maintenir à flot, m'aider à vivre, un système qui me rend folle lorsque son bon fonctionnement se trouve entravé - impossibilité de grignoter, manque de musique, plus de clopes, montée d'angoisse en société, etc.
Tout ça, là, depuis quelques mois, c'est en train d'éclater, de sortir de partout. Ça s'écrase lentement contre le mur avec un bruit de métal froissé et il y a des bouts qui volent dans tous les sens.

End of the line. Tout le monde descend. Debriefing. Réflexion.

Ce post fait en quelque sorte partie de ça, d'ailleurs : retrouver cette catharsis que mon bloguinet chéri me procurait naguère (dans l'ancien temps de jadis). M'exprimer par l'écriture, c'est encore le meilleur moyen que j'ai trouvé pour clarifier mes idées, mettre à distance, et me décharger des choses trop lourdes.
Il y a quand même un problème : c'est que dans l'ancien temps de jadis, ce blog était un îlot d'expression décousue au milieu d'une foule virtuelle plus ou moins familière. C'était l'endroit parfait pour se raconter et se lamenter. Aujourd'hui, il n'est plus lu que par une poignée de personnes tellement proches que je passe mon temps à me demander si elles ne vont pas s'inquiéter outre mesure ou prendre des choses "pour elles".

Donc : Maman, si tu lis ce blog, je t'ai trop bien appris Internet. Sache d'une part que je ne suis pas moi mais une autre personne du même nom. D'autre part, tu dois cliquer sur la croix en haut de la fenêtre pour éviter d'être infectée par un terrible virus informatique élaboré spécialement afin de bloquer l'accès au jeu FreeCell.

vendredi 30 juillet 2010

Désoeuvrement

J'ai retrouvé ces quelques lignes dans mes affaires, je pense qu'elles datent de trois ans environ.
Elles sont écrites sur une de ces feuilles de couleur que l'on utilise comme brouillon lors des examens.

Tandis qu'autour de moi studieusement s'affairent
Les autres étudiants, penchés sur leurs copies,
Mon esprit vagabonde et je ne sais que faire,
Désemparée, oisive au milieu de l'amphi.

Que puis-je bien vous dire, Joachim du Bellay ?
En vérité je goûte votre poésie,
Mais que dire, que faire enfin, qu'y ajouter ?
C'est briser sa valeur que d'estimer son prix.

A vous je dis de même, bon sire Rabelais.
Votre histoire n'est pas sans me plaire, pardieu.
Toute drôle, toute belle qu'elle soit je ne peux
Pourtant sus disserter, car carnage serait.

Enfin monsieur de Troyes !... Enfin, mon cher Chrétien !...
Sur vous je n'ai pas même un compliment à faire.
Que dire... Voyons... Je cherche... Ah ! Ca y est, il me vient
Un conseil : fourrez-vous votre épée au derrière.

dimanche 25 juillet 2010

Of Mice And Dumb People

J'aime beaucoup les animaux.
En tout cas, ceux qui ne piquent pas. Et encore, même les insectes arrivent parfois à m'attendrir en leur qualité de petit être vivant aux motivations obscures, petit maillon de la grande chaîne mystérieuse de la nature de la vie de la planète du monde.

Mais il y a un truc que je ne supporte pas, c'est les illuminés au grand coeur qui professent leur grand amour des animaux en dépit du bon sens le plus élémentaire.

L'exemple le plus récent est ce post de Maliki.
Non mais sérieux quoi.

MODE D'EMPLOI DU MONDE
~~~ à l'intention des amoureux des animaux ~~~

1) Tout animal a le droit de vivre où bon lui semble sur la planète, même (surtout) chez toi. Hm ? Territoire ? Was izt das ?

2) Lorsque tu trouves un animal dans ta maison, enferme-le immédiatement dans une cage ou un vivarium. Il sera ainsi beaucoup plus heureux et épanoui.

3) Lorsque ces animaux se reproduisent chez toi, toute régulation des naissances est proscrite. Tu as la chance d'être témoin du grand miracle de la vie !

4) Lorsqu'on se permet une critique à l'égard de tes animaux, sors ton argument final et définitif : l'être humain est pire. Car l'auto-flagellation est un argument absolument incontrable. (Des méchants prétendent qu'on peut y faire des réponses du style "L'être humain est pourtant la seule espèce qui se pose la question de tuer ou pas un autre animal et de quelle manière" ou "Qu'attends-tu donc pour rendre un grand service à la planète en mettant fin à tes jours", mais étant méchants, ils sont bien évidemment de fieffés menteurs.)

5) Enfin, lorsque tu commenceras à te sentir envahi, refuse toute alternative "violente" à la mort par compression dans ton appartement rempli d'animaux.

Cette histoire est un exemple assez typique de ce que nous appellerons dorénavant le Stupid Meddling. Ergo, l'action de se mêler de ce qui ne nous regarde pas en pensant bien faire, ce qui conduit en général à l'aggravation de la situation.

Les espèces, smarty-pants, ont tendance à se réguler naturellement, étant donné qu'elles coexistent depuis un petit bail.
Il est normal d'essayer de sauver celles qui sont en danger de disparaître complètement.
Les autres n'ont PAS besoin de notre aide. Leur permettre de pulluler pour la simple raison que "c'est mignon" peut conduire à des déséquilibres et provoquer des catastrophes écologiques.

Alors par pitié, Maliki et tous les autres mous du bulbe amoureux de la nature, abstenez-vous de sauver le monde. En dépit des apparences, je crois qu'il se porte mieux sans votre aide.

vendredi 16 juillet 2010

No surprises



Pas de surprises mais tant de souvenirs.
Sentiments mêlés, gorgées de bière.
Emotions et sensations d'herbe sèche.

J'ai l'impression d'avoir vécu plusieurs étés mais aucun printemps

Plusieurs impressions mais aucune réalité.
J'ai l'impression d'être hors de moi-même.

Des musiques qui m'emplissent entièrement.
Des fêtes dont je ne me souviens pas.

Une mélancolie qui ne coule dans aucune direction

Je vis une vie sans but en attendant de vivre
J'essaie d'oublier sans jamais y arriver

Je chéris des morceaux de rêve comme des morceaux de sucre
J'attends d'ouvrir la bouche et d'apprendre où je vais.

J'aimerais savoir que mon printemps existe plus loin sur la route
Caché par la poussière

mercredi 14 juillet 2010

The Unfading Beauty

He that loves a rosy cheek,
Or a coral lip admires,
Or from star-like eyes doth seek
Fuel to maintain his fires:
As old Time makes these decay,
So his flames must waste away.

But a smooth and steadfast mind,
Gentle thoughts and calm desires,
Hearts with equal love combined,
Kindle never-dying fires.
Where these are not, I despise
Lovely cheeks or lips or eyes.

Thomas Carew

mercredi 9 juin 2010

My joy will be complete


Les histoires d'amitié sont rarement sous les feux de la rampe.


Souvent c'est une histoire en arrière-plan. Derrière les passions, les changements, les douleurs, les anniversaires, les amours, les chaleurs et les pluies, un lien se forme, se définit, devient imperceptiblement plus fort au fil des années.

Et au bout d'un moment, on se rend compte que c'est ça qui reste. Que c'était ça l'histoire, et c'était ça le plus important…


Quand j'ai rencontré une drôle de fille en classe de première, j'ai juste pensé qu'elle me plaisait parce qu'elle n'avait pas l'air ordinaire. Elle était différente de ma meilleure amie, elle me défiait. Elle était plus sombre.

Ironie : j'avais l'impression d'aller vers quelque chose de nouveau en allant vers elle, de m'éloigner de mon "moi" habituel. Alors qu'en réalité, c'était mon vrai "moi" - mon obscurité, mes rêves d'écriture… que je retrouvais.


Au début, oui, j'ai fait le premier pas. Mais par la suite, je n'ai pas décidé de "changer d'amie", je n'ai rien tenté volontairement. Au contraire, je me suis sentie tirée vers cette amitié sans rien pouvoir y faire.

Je crois quand même qu'au fond de moi, j'étais prête à tout pour me faire aimer de cette fille-là, parce que je la respectais profondément et son approbation me paraissait un sceau de qualité.

Et il faut avouer qu'on s'amusait terriblement, aussi - avec trois bouts de papier et des M&M's. Il faut avouer que je n'avais jamais connu quelqu'un dont la nature réponde à ma propre nature de cette manière.


Avec le temps, elle m'a montré qu'elle était encore plus impressionnante que je ne le croyais au début, parce qu'elle avait beaucoup plus de facettes que je ne le pensais. Parce qu'elle a grandi, aussi.

(Ca paraît évident, mais beaucoup de gens s'arrêtent de grandir - ça arrive à tout âge. Les gens s'arrêtent et c'est comme ça qu'on se retrouve à dire "qu'on a pris des chemins différents" - c'est souvent une façon gentille de dire qu'on a grandi et l'autre, non.)


Et puis voilà, on pense qu'on peut juste se satisfaire de quelques doses, mais quelques années après, c'est la dépendance…


J'ai juste envie de parler des choses partagées. Les ciels, les après-midi, les soirées, les conversations, les fêtes, les verres, les rues, les journées, les émotions, les mots.

Nuits, jours, paysages, rires, larmes.

Choses passées mais pas perdues.

mercredi 5 mai 2010

Sculpteurs de sentiments


Je viens seulement de comprendre ce qui me fascine à propos des oeuvres de fiction japonaises.

C'est leur extraordinaire habileté à jouer avec les sentiments.

Comme tout ce qui est émotionnel, par opposition à ce qui est rationnel, c'est difficile à qualifier et à expliquer.

Mais les mangas de Ai Yazawa ou les films de Miyazaki par exemple me frappent de cette manière. Au moment où j'appréhende ces oeuvres, j'ai du mal à relier ce que je vois avec ce que je ressens.

J'ai eu beaucoup de mal au début à réellement apprécier le manga Nana, pour la simple raison que sa lecture me rendait incroyablement triste. L'intensité de l'émotion n'avait qu'un rapport ténu avec l'histoire. En y réfléchissant, je pense que c'est quelque chose dans la manière de raconter cette histoire - en l'entrecoupant de réflexions douces-amères, "Tu te souviens de notre première rencontre ? Dehors, il neigeait à gros flocons…". Mais aussi les images fixes paradoxalement si expressives, de l'appartement 707, de Tokyo la nuit…



Chez Miyazaki, la musique joue un rôle crucial dans cette espèce de décalage subtil entre l'intrigue pure et l'émotion suscitée. Je revois par exemple le début de Princesse Mononoké. Cette musique japonaise, joyeuse et triste à pleurer… Elle aussi me fascine, elle mériterait presque un post à elle toute seule tant sa simplicité est puissante et audacieuse, et tant elle contraste vivement avec tout ce que fait et représente la musique occidentale.


Enfin tout ça forme un art subtil qui au lieu d'emprunter la voie facile vers les sentiments (les ressorts de l'intrigue), choisit le chemin tortueux du contrepoint et entortille le lecteur à son insu pour jouer de son coeur comme on joue d'un instrument.


Je trouve qu'il n'y a rien de plus passionnant, lorsqu'on explore une autre culture, que de découvrir qu'elle ne se contente pas de ne pas dire la même chose que nous : toute son approche de la chose, ses raisons et sa façon de la dire sont fondamentalement différentes des nôtres.

mercredi 28 avril 2010

You can't always get what you want

Je viens de réaliser quelque chose :

A chaque fois que je relis des bouts de ce blog (c'est quand même un sacré témoignage - six ans... et sans doute les six années les plus importantes de ma vie), et qu'automatiquement je porte un jugement sur mes écrits passés, je me rends compte que j'aime beaucoup - voire surtout - ce qu'à l'époque je considérais comme "mauvais".
Du coup, ça m'agace beaucoup de trouver dans les posts des commentaires auto-dévalorisateurs du style "Mon Dieu, que j'écris mal ces temps-ci" ou "Tout ça est vraiment inintéressant au possible".
Ce qui est encore plus drôle, c'est qu'en ce moment je n'ai pas tellement l'oeil du tigre et si je traînais sur ce blog avec la vague intention de poster, c'était dans l'optique de faire un de ces posts un peu lugubres - "rien à raconter en ce moment, ça sert à rien, blabla"...

...Bref on dirait que c'est quand je m'exprime de la manière la plus impulsive et que je raconte ce qui me passe par la tête - même si ça me paraît pathétique sur le moment - que j'arrive à m'émouvoir le plus, rétrospectivement. Ca m'amuse. Quelque part ça en dit long sur la vanité de l'esprit et du jugement. Ce qui semble avoir un sens n'en a bientôt plus, et ce qui n'en avait pas en acquiert.

Je m'abîme dans le ciel bleu en admirant ma rivière, je regarde encore une fois par la fenêtre, je médite.
Mon esprit a deux pôles : contemplation et responsabilités. Mon défi quotidien, l'objectif à ce jour non atteint, c'est de les forcer à coïncider.

Je vais brûler de l'encens et penser à ma jeunesse, aux fraises écrasées, au Fanta citron, au chèvrefeuille, au cuir sur les mollets et aux instants précis.

mercredi 7 avril 2010

Feel the heat

Le printemps revient.

Ciel noir zébré de bleu au crépuscule, parfums de fleurs et de barbecue, et balades en t-shirt le long de l'Erdre.

Tout ça ne change pas, comme tous les ans je revis, et paradoxalement...

Je disais l'autre jour que je n'arrivais pas à me souvenir de la dernière fois où je me suis sentie réellement et totalement détendue.
Les shoots de musique, quand le rythme me traverse de part en part et les sursauts de la voix me font frissonner, ça marche de temps en temps. Mais pas toujours.

Ce blog risque de devenir très déprimant si je me contente d'y déverser mes frustrations et mes humeurs noires sans rien pour contrebalancer.
Contrebalançons donc : je garde l'espoir qu'un jour, l'angoisse cessera de me ronger.

jeudi 25 mars 2010

The Two of You

I have all this weight I'm carrying with me
When it's raining outside
When it's bright 'n sunny
I have this weight inside
of the people who left me
There's my sweet black pearl and my dear, dear Daddy.

Sometimes I feel I just can't keep on livin'
Knowin' they're gone
and never back again
I feel so alone
without them to hold me
Without my sweet black pearl and my dear, dear Daddy.

It's hard not to think about the things I wanna tell'em
That I loved them so much
and maybe didn't show'em
It's hard to never touch
and it's hard to never see
My sweet black pearl and my dear, dear Daddy.

As I learn and as I hurt and as I stumble as I fall
There's not much I can do
not to cry and not to call
"I wish that you
were there to help me to my feet
You my sweet black pearl and you dear, dear Daddy."

I'm not a believer, I don't know were you are
If you're up above
I hope it's not too far
I hope my love,
when my time comes, will lead me
To my sweet black pearl and my dear, dear Daddy.

I wanna live my life, I'm not getting another
I have to get by
Though I'll miss you forever
In the meantime
I'll try to make you proud of me
My sweet black pearl and my dear, dear Daddy.

mercredi 21 octobre 2009

Can't hold us down




So what am I not supposed to have an opinion
Should I be quiet just because I'm a woman
Call me a bitch cos I speak what's on my mind
Guess it's easier for you to swallow if I sat and smiled

When a female fires back
Suddenly big talker don't know how to act
So he does what any little boy will do
Making up a few false rumors or two

That for sure is not a man to me
Slanderin' names for popularity
It's sad you only get your fame through controversy
But now it's time for me to come and give you more to say

This is for my girls all around the world
Who've come across a man who don't respect your worth
Thinking all women should be seen, not heard
So what do we do girls?
Shout louder !
Letting them know we're gonna stand our ground
Lift your hands high and wave them proud
Take a deep breath and say it loud
Never can, never will, can't hold us down

Nobody can hold us down
Nobody can hold us down
Nobody can hold us down
Never can, never will

So what am I not supposed to say what I'm saying
Are you offended by the message I'm bringing
Call me whatever cos your words don't mean a thing
Guess you ain't even a man enough to handle what I sing

If you look back in history
It's a common double standard of society
The guy gets all the glory the more he can score
While the girl can do the same and yet you call her a whore

I don't understand why it's okay
The guy can get away with it & the girl gets named
All my ladies come together and make a change
Start a new beginning for us everybody sing

This is for my girls all around the world
Who've come across a man who don't respect your worth
Thinking all women should be seen, not heard
What do we do girls?
Shout out loud!
Letting them know we're gonna stand our ground
Lift your hands high and wave 'em proud
Take a deep breath and say it loud
Never can, never will, can't hold us down

[Lil' Kim:]
Check it - Here's something I just can't understand
If the guy have three girls then he's the man
He can either give us some head, sex her raw
If the girl do the same, then she's a whore
But the table's about to turn
I'll bet my fame on it
Cats take my ideas and put their name on it
It's aiight though, you can't hold me down
I got to keep on movin'
To all my girls with a man who be tryin to mack
Do it right back to him and let that be that
You need to let him know that his game is whack
And Lil' Kim and Christina Aguilera got your back

But you're just a little boy
Think you're so cute, so coy
You must talk so big
To make up for smaller things
So you're just a little boy
All you'll do is annoy
You must talk so big
To make up for smaller things

This is for my girls...
This is for my girls all around the world
Who've come across a man who don't respect your worth
Thinking all women should be seen, not heard
So what do we do girls?
Should louder !
Letting them know we're gonna stand our ground
Lift your hands high and wave 'em proud
Take a deep breath and say it loud
Never can, never will, can't hold us down

dimanche 13 septembre 2009

More fangirlism




Ca fait longtemps que je voulais faire une petite compilation de "Favourite Dolly Quotes"...

Q : Dolly, how long does it take to do your hair ?
A : i don't know, I'm never there !

I wanted to be the first woman to burn her bra, but it would have taken the fire department four days to put it out.

I'm not offended by all the dumb blonde jokes because I know that I'm not dumb... and I also know that I'm not blonde.

The way I see it, if you want the rainbow, you gotta put up with the rain.

It costs a lot of money to look this cheap !

I'll never harden my heart, but I've toughened the muscles around it.

I have little feet because nothing grows in the shade.

(On her famous bosom) People are always asking me if they're mine. Yes, they are... all bought and paid for.

I look just like the girls next door... if you happen to live next door to an amusement park.

If you don't like the road you're walking on, start paving another one.