dimanche 5 juillet 2009

John Rhys-Davies et le message de Tolkien


A quel point les croyances et la perspective catholique de Tolkien résonnent-elles en vous ?

J’enterre tellement ma carrière avec ces interviews que c’en est douloureux. Mais je pense qu’il y a certaines questions qui demandent des réponses sincères.

Je pense que ce que dit Tolkien, c’est que certaines générations seront confrontées à des défis. Et que si elles ne se redressent pas pour faire face à ces défis, elles perdront leur civilisation. C’est quelque chose qui a une réelle résonance en moi.

J’ai eu le passé idéal pour devenir acteur. J’ai toujours été un étranger. J’ai grandi en Afrique au temps des colonies. Et je me souviens qu’en 1955, quelque part entre la fin juillet, quand les vacances scolaires commençaient, et la mi-septembre, quand elles se terminaient, mon père m’a emmené sur les quais du port de Dar-Es-Salam. Il m’a montré du doigt un dhow dans le port et m’a dit, « Tu vois ce dhow là ? Il vient d’Aden deux fois par an. Il fait escale ici puis poursuit vers le sud. En descendant la côte, il contient des machines et du fret. En remontant, il transporte deux ou trois gamins noirs. Vois-tu, ces enfants sont des esclaves. Et les Nations Unies ne me laissent rien faire à leur sujet. »

La conversation se poursuivit. « Vois, mon garçon. Il n’y aura pas de guerre mondiale entre la Russie et l’Ouest. La prochaine guerre mondiale se fera entre l’Islam et l’Occident. »
C’était en 1955 ! Je lui ai dit, « Papa, tu es fou ! Les croisades sont finies depuis des siècles ! »
Et il m’a répondu « Oui, je sais ; mais l’Islam militant se lève à nouveau. Et tu le verras durant ta vie. »

Ca fait maintenant quelques années qu’il est mort. Mais il n’y a pas un jour qui passe sans que je pense à lui et que je me dise, « Bon Dieu, je voudrais que tu sois encore là, juste pour pouvoir te dire que tu avais raison. »

Ce qui est extraordinaire, c’est qu’un trop grand nombre de vos collègues journalistes ne comprennent pas à quel point la civilisation occidentale est précaire et à quel point elle est précieuse.

Comment sommes-nous parvenus à ce genre de vraie démocratie, comment avons-nous atteint ce niveau de tolérance qui fait que je peux dire quelque chose qui puisse être totalement à l’opposé de ce que vous pensez, vous qui êtes à cette table, mais que vous supporterez néanmoins, et examinerez, et auquel vous répondrez « non, vous avez tort parce que ci et ça » ; et qui fait que je vous écouterai et dirai, « et bien, en fait, peut-être que j’ai tort parce que ci et ça ».

[Il se tourne vers une journaliste et adopte une voix autoritaire, comme pour jouer le personnage d’un islamiste radical :] « Vous ne devriez pas être dans cette pièce, puisque votre mari ou votre père ne sont pas ici pour vous accompagner. Vous ne pouvez donc être dans cette pièce avec ces inconnus qu’à des fins immorales. »

Ce que je veux dire… L’abolition de l’esclavage est issue de la démocratie occidentale ; de cette vraie démocratie qui vient de notre expérience gréco-judéo-christiano-occidentale. Si nous perdons ces choses, c’est une catastrophe pour le monde.

Et puis il y a cette catastrophe démographique qui se produit en Europe et dont personne ne veut parler, que nous n’osons pas évoquer parce que nous sommes si soucieux de ne pas offenser les gens ayant d’autres origines. Et nous avons raison de l’être. Mais il y a aussi un problème culturel.

D’ici 2020, 50% des enfants – des jeunes de moins de 18 ans – vivant en Hollande seront d’ascendance musulmane. Examinez ce que les Pères Fondateurs des U.S.A pensaient des Hollandais. Ils considéraient la montée de la démocratie et des valeurs hollandaises comme étant à la base même de la démocratie américaine. Si d’ici le milieu du siècle la population de Hollande est majoritairement musulmane… – et n’oubliez pas qu’il y a en outre cet effondrement de la population… les gens d’Europe de l’Ouest ne font plus d’enfants. La population de l’Allemagne à la fin du siècle est évaluée à 56% de ce qu’elle est maintenant. Celle de la France, à 52% de ce qu’elle est aujourd’hui. La population de l’Italie, amputée de 7 millions. Un changement du teint même de la civilisation occidentale en Europe est en train de se produire, nous devrions au moins y réfléchir et en discuter. S’il s’agit juste d’un remplacement d’un patrimoine génétique par un autre, ça n’est pas trop important. Mais si cela implique le remplacement de la civilisation occidentale par une autre civilisation porteuse de valeurs culturelles différentes, alors il s’agit de quelque chose dont nous devrions vraiment parler ; parce que, bordel, moi je suis pour la culture des « hommes blancs archaïques ».
Vous réalisez sans doute que ce que je viens de dire s’apparente à un blasphème dans cette ville …

… mais nous devons être un peu sérieux. Dans l’ensemble, nos cultures et nos sociétés sont suffisamment résistantes pour tenir bon face à toute sortes de bêtises. Mais si Tolkien a un message, c’est : « parfois il faut faire face et combattre pour ce en quoi l’on croit ». Il savait pour quoi il s’était battu durant la première guerre mondiale.

[Sur ces mots, il quitte la table sous nos applaudissements appréciatifs, en ajoutant :] Essayez de mettre des verbes dans mes phrases…

Suite au scandale provoqué par ses propos, J. Rhys-Davies est sommé de s'expliquer. Voici sa réponse :

Je crois en l’égalité raciale, pas en la discrimination raciale. Tout ce que j’ai dit, c’est qu’il y a un changement culturel que je considère inacceptable en train de se produire en Europe.
Le fait qu’un ministre du gouvernement français ait à se rendre au Caire et y parler avec l’une des éminences religieuses dans une mosquée pour obtenir son approbation au sujet de l’interdiction du foulard [dans les écoles] peut être vu de deux façons.

La première, c’est de considérer cela comme la preuve d’une magnifique sensibilité culturelle. L’autre, c’est d’estimer que cela semble donner une certaine autorité à une personnalité qui n’est absolument pas élue et qui est totalement en dehors de la juridiction européenne.
Je suis vraiment fier de vivre dans une société qui considère les femmes comme égales des hommes, et dans laquelle le discours courtois permet aux gens de soutenir des opinions différentes sans pour autant en venir à la violence.

Lorsque ce tremblement de terre est récemment survenu en Iran, la réaction de toutes les personnes de ma connaissance ici en Amérique fut l’horreur et le désarroi ; lorsqu’ils ont entendu l’histoire de cette vieille femme retrouvée vivante longtemps après, alors qu’on pensait qu’il n’y avait plus personne, leur réaction a été d’admirer l’extraordinaire capacité de l’humain à survivre. Cela contraste avec ces gens sautillant de joie et applaudissant le drame du 11 septembre dans certains pays.

Je ne pense pas que la société occidentale soit opposée à la société islamique. Je pense que c’est une part très importante de la société islamique qui est opposée à la société occidentale. Il est temps que le musulman lambda ait le courage de ses opinions.

La plupart des sociétés peuvent bénéficier du brassage génétique, mais la plupart des cultures se tolèrent l’une l’autre. Je ne vois pas de bouddhistes jeter des bombes dans les églises chrétiennes, je ne vois pas de chrétiens faire sauter les temples hindous, je ne vois pas ce genre d’affrontements.

Lorsque nous sommes prêts à fermer les yeux sur certaines choses pour ne pas jouer les trouble-fête, nous avons tort. La plus grande forme de racisme, c’est de se dire que les autres gens ne sauront pas se comporter selon vos valeurs et vos normes. Oui, je suis pour la culture « des hommes blancs archaïques ». Elle est sacrément bonne, sacrément superbe et extraordinaire. Ce n’est pas que je veuille exclure les autres cultures, mais je ne veux pas déprécier la mienne.

Je suis désolé si certains perçoivent cela comme enfreignant une sorte de tabou racial, ce n’est certainement pas mon intention. Nous sommes en train de perdre la capacité de pouvoir discuter des choses et d’avoir un débat valable.

Je ne veux pas connaître une société dans laquelle mes petites-filles, si j’en ai un jour, se voient arracher les ongles parce qu’elles ont mis du vernis. J’espère que mes parents et amis au Pays de Galle ne seront pas choqués de ce qu’ils vont lire. Ne m’étiquetez pas raciste, parce que je ne le suis certainement pas. Mais je maintiendrais à ceci : L’Europe occidentale, l’Europe chrétienne possède des valeurs et une expérience qui valent d’être défendues.

mercredi 24 juin 2009

Sick sad world

Il était une fois, dans le pays coloré de Beaubijou, une jeune femme nommée Shana qui tenait une boutique de bijoux artisanaux.
Tous les jours, des artistes venaient lui présenter leurs oeuvres afin qu'elle les mette pour eux en vitrine, à un prix qui leur permettrait de vivre décemment de leur travail.
Elle était si aimable et fournissait un service si complet que tous ses clients l'aimaient.

Mais la méchante sorcière Mondyalïszt était jalouse de ce succès. Alors, subrepticement, elle déroba les dessins que les artistes avaient apporté à Shana et, dans son atelier magique d'où s'échappait une épaisse fumée noire et nauséabonde, elle reproduisit leurs bijoux pour les revendre à bas prix dans tous les villages du pays, où ses acolytes, Santhr et Kaumairssyal, tenaient des magasins. Bien sûr, les couleurs étaient plus criardes et les finitions moins soignées, mais le peuple de Beaubijou, qui était un peu con, n'y vit que du feu.
Et puis, les bijoux étaient tellement moins chers ! ...

Malheureusement pour Mondyalïszt, les clients de Shana apprirent ce qui s'était passé et entrèrent dans une colère noire. Ils se mirent tous à envoyer des lettres incendiaires à la sorcière, et ceux qui avaient un Blôgh (sorte d'animal de compagnie de la famille du perroquet) lui ordonnèrent de raconter à tous l'histoire de Shana et la méchante sorcière.

Alors, plus personne n'acheta les bijoux volés, Mondyalïszt fut enfermée au cachot puis guillotinée en place publique, et les crocodiles n'eurent plus jamais la varicelle.

Que dire ? ...

Ca se passe de tout commentaire.
C'est beau, c'est grand, c'est vibrant !

mercredi 10 juin 2009

Quiet afternoon

Paisiblement, chez moi, avec une tasse d'Earl Grey au bleuet, j'écoute ce CD que l'on m'a offert et que j'aime au-delà du possible.

Tout est beau dans ma douce mélancolie.
Je pense à quel point j'aime cette chambre, et à quel point ce sera difficile de la quitter un jour.
Mes livres, mon orchidée, le vent et la pluie dehors, les toits gris sous le ciel gris, la lumière rose de mes petits spots à trois sous, l'Erdre qui roule à mes pieds, les arabesques noires de mon balcon, les moulures délicates sur mon plafond - petites fleurs et feuilles du siècle précédent...
Toute ma vie là-dedans, mon parfum, mes vêtements, mes souvenirs, mes chaussures, mes bijoux en toc et mon poster de Blondie...
Marilyn Monroe...

Robin and Marian. La Rose et la Flèche... Ce morceau me chope à chaque fois.
Et je pense à Audrey Hepburn dans ce film, si belle, à presque cinquante ans...

Tranquilité - musique - thé.

mardi 2 juin 2009

Paul Nizan, Aden Arabie

Aujourd'hui, je suis allée lire Aden Arabie au soleil.

J'ai eu du mal à me retenir d'arrêter un passant pour lui demander "Avez-vous lu Nizan ?", et lui fourrant mon livre entre les mains : "Lisez, lisez, c'est passionnant."

Paul Nizan a eu vingt ans en 1925, et il ne laissera personne dire que c'est le plus bel âge de la vie.
Vingt ans au milieu de l'ère industrielle, du vide laissé par la guerre, des premiers métro-boulot-dodo, de la fête perpétuelle des riches pour qui des mains anonymes, sans répit, assemblent, bouchent, vissent à la chaîne et oublient comment vivre. Un âge où il croyait voir "le commencement de la fin, de la vraie fin".
Dégoûté, perdu, désabusé, il se tourne vers le voyage, comme quelques-uns de ses semblables à qui on a vendu la sagesse et l'exotisme orientaux pour faire passer la noirceur de leur quotidien. Las ! Il se rend vite compte de la vanité du vagabondage, qui ne fait qu'ajouter de nouveaux désordres à ceux que l'on amène avec soi.
Et puis enfin il comprend que l'Europe est si fière de sa maladie qu'elle cherche à tout prix à la propager.

A Aden, étrange ville volcanique d'Arabie, il rencontre de grands businessmen du pétrole, des peaux et du café, comme Mr C... :

Il y a de faux hommes d'action : il est l'un d'eux. Il vous dit : "J'ai constamment vécu d'une manière totale, ma vie est une suite ininterrompue d'actions, de batailles données et gagnées. Cette contrée où je suis arrivé pauvre et orgueilleux il y a plus de vingt ans porte les cicatrices de mon action. Elle témoigne pour moi. Elle me reconnaît." Ainsi, il ment et il se ment.
Pas un seul de ces actes n'a jouté une parcelle au pauvre qu'il fut et qu'il est demeuré. Il est inachevé, comme un chantier abandonné derrière des palissades brillantes d'annonces. Faut-il prendre pour l'action ses reflets ? Chaque être est divisé entre les hommes qu'il peut être, il a laissé vaincre celui pour qui la vie consiste à faire monter et descendre les cours des cuirs abyssins, et ceux du café sur le marché de Djibouti ou de Dire Daoua, celui qui est vendeur et acheteur de signes : dans l'histoire d'un sac de café, vous ne trouverez que peu d'actions, faire pousser un arbre, boire une tasse. Combattre des êtres de raison comme des firmes, des syndicats, des corporations de marchands : appellerez-vous cela des actions ? Je veux détester et battre tel homme particulier, cette figure de traître que je vois, ce patron, cet avoué, ce chef de bataillon, cet empêcheur de faire l'amour. Sortez de la vie avec vos imitations, avec vos trompe-l'oeil qui ne comptent pas dans l'établissement de la vie charnelle, de la justice, de la joie, avec vos fabrications de haine, de défaillance et de colère, vos diminutions et vos images dans l'eau.
(...)
Mr C... était donc le porte-voix d'ondes innombrables qui ne trouvaient en lui que de prévisibles échos. Il ne faut pas confondre un homme libre avec un baromètre enregistreur, une machine de Morin et un phonographe. Que de maux peut causer cette confusion lorsqu'il n'est pas question d'enregistrer des chiffres mais des sentences de la sagesse morale, des décisions politiques. Ce qui m'a le plus dégoûté de mes frères c'est de les voir vivre comme des vers : les vers ne comprennent rien à l'attraction universelle, les hommes à leur bon dieu, à leurs désirs, à leurs opérations : tout plane sur eux, et ils croient inventer ce qui plane.

Aden Arabie m'a frappée par son intelligence synthétique, par la précision et la beauté de son écriture.
Vraiment, je le conseille, c'est assez court mais il y a matière à réfléchir longuement.

samedi 30 mai 2009

Je viens de réaliser quelque chose...

Mon dernier post... il est pas autobiographique, hein ? :)

A la lecture des Lettres portugaises j'ai simplement trouvé ce passage particulièrement beau et j'ai décidé de le partager, sans souhaiter lui donner une quelconque coloration personnelle...

Je m'assure simplement que tout le monde a compris... ^^

mercredi 13 mai 2009

Troisième Lettre, extrait

"Oui, je connais présentement la mauvaise foi de tous vos mouvements : vous m'avez trahie toutes les fois que vous avez dit que vous étiez ravi d'être seul avec moi ; je ne dois qu'à mes importunités vos empressements et vos transports ; vous aviez fait de sens froid un dessein de m'enflammer, vous n'avez regardé ma passion que comme une victoire, et votre coeur n'en a jamais été profondément touché. N'êtes-vous pas bien malheureux, et n'avez-vous pas bien peu de délicatesse, de n'avoir su profiter qu'en cette manière de mes emportements ? Et comment est-il possible qu'avec tant d'amour je n'aie pu vous rendre tout à fait heureux ? Je regrette pour l'amour de vous seulement les plaisirs infinis que vous avez perdus : faut-il que vous n'ayez pas voulu en jouir ? Ah ! si vous les connaissiez, vous trouveriez sans doute qu'ils sont plus sensibles que celui de m'avoir abusée, et vous auriez éprouvé qu'on est beaucoup plus heureux, et qu'on sent quelque chose de bien plus touchant, quand on aime violemment, que lorsqu'on est aimé."

Guilleragues, Lettres portugaises

mardi 5 mai 2009

Bêtes.

Ca m'énerve les filles qui parlent de chick-lit sur leurs blogs et qui en débattent pendant des plombes dans les commentaires.


Y'a celles qui n'aiment pas Bridget Jones parce que c'est une insulte vivante au féminisme. Bin ouais, p'tit génie, c'est un peu le principal ressort comique du bouquin, donc ouais.
Fielding aurait pu écrire une histoire sur une femme libre et indépendante qui ne s'épile que pour "se plaire" et qui passe son temps à scruter le féminisme des autres pour s'assurer qu'elles sont bien conformes, mais ç'aurait été assez chiant, je pense. Un peu comme ton blog, en fait !

Y'a celles qui trouvent que la chick-lit c'est vraiment superficiel et commercial : elles, elles ne lisent que Guillaume Musso et Fred Vargas.

Y'a celles qui trouvent le terme "chick-lit" scandaleux. C'est comme le rayon "littérature gay" à la Fnac, elles, ça les fait carrément bondir, tu vois. C'est vraiment révélateur du profond malaise de notre société moderne et ça leur rappelle trop les heures les plus sombres de notre histoire.


En fait j'aime pas les dindes qui comprennent que dalle et veulent tout m'expliquer.

lundi 27 avril 2009

Lindsay Lohan vs. Marilyn Monroe


Lors d'une compétition Lindsay Lohan / Marilyn Monroe, à votre avis, quelles seraient les chances de chacune ?

Hmm, voyons. Essayons d'être objectifs :

Lindsay Lohan n'a pas subi quatorze avortements (à ce jour).
Lindsay Lohan est née et a grandi dans un environnement moderne, avancé du point de vue de la médecine, du statut de la femme dans la société, à une époque où acteur est quasiment le métier le mieux payé du monde.
Lindsay Lohan n'a pas subi une opération lui ayant laissé une cicatrice très visible à l'abdomen.
Lindsay Lohan n'a pas été ballottée, enfant, de foyers en orphelinats et agressée sexuellement à plusieurs reprises (du moins on l'espère).
Lindsay Lohan a une armée de coachs sportifs, de chirurgiens, de nutritionnistes, de coiffeurs, de manucures et de profs de yoga à sa disposition 24h/24. Etant donné en plus un potentiel de départ non négligeable, on va dire qu'elle a un corps de vingt-deux ans en 2009, ce qui n'est pas peu dire.
Lindsay Lohan, lorsqu'elle a des problèmes avec l'alcool ou les drogues, peut se payer une rehab de luxe.
Lindsay Lohan ne va pas, dans six semaines, être retrouvée morte à son domicile après une surdose de barbituriques.

Et pourtant...

Lorsque Bert Stern, en 1962, un mois et demi avant sa mort, photographie Marilyn, ça donne ça.






Lorsque Bert Stern, en 2009, photographie Lindsay Lohan, ça donne ça.







J'ai presque honte de participer à la débâcle.
Pourtant, quelque part, ça me rassure.

J'en étais venue, depuis des années que j'idolâtre Marilyn, à me dire que finalement la plus grande partie des raisons pour lesquelles je l'aimais tenaient au mythe plus qu'à la femme elle-même.
Son physique, notamment, est loin d'être idéal, au moins selon les canons actuels.

Mais il n'y a qu'à comparer ces photos pour "voir" réellement où se situe la particularité de Marilyn.
Elle est alcoolique, droguée, dépressive et pourtant elle rayonne.
Chacune de ses expressions est un bijou.
Regardez la ligne de sa clavicule, le galbe de son mollet.
Regardez la grâce de ses mains, de ses doigts.

Il n'y a jamais eu, et il n'y aura jamais qu'une Marilyn.




jeudi 23 avril 2009

Une sacrée bonne femme



Je préfère ne rien dire et vous laisser découvrir ce petit bout de radio insolite qui m'a plu.
Un petit quart d'heure de votre temps pour vous asseoir et écouter...

Je précise quand même que c'est Not Safe For Work...

jeudi 16 avril 2009

Teenage Wasteland

A peine sortie de l'adolescence, je suis fascinée par la vision de ceux qui s'y débattent encore.

Il y a les périodes durant lesquelles on se sent bridé, enfermé, durant lesquelles on rêve de goûter la vraie liberté, de pouvoir faire tout ce dont on a envie. On déteste les cours, les parents, on déteste avoir quinze ans et n'être pas déjà grand.
Sans réaliser que ce qui est réellement précieux, c'est ça: cette envie.
Que ce qui nous fera mal lorsque plus tard on se souviendra, ce n'est pas le regret d'avoir été enfermé et bridé: c'est de réaliser que ce merveilleux appétit s'est affaibli et que sans doute, plus jamais on ne vivra avec autant d'intensité, plus jamais on ne partira de ces grands éclats de rire à la limite de l'hystérie, roulant dans l'herbe et en ressentant tous les brins sur sa peau nue, appréciant sans hiérarchie fraîcheur des boissons, chaleur du soleil, douceur des baisers.

Donc ensuite viennent ces périodes en nuances de gris.
On a l'impression de ne plus être un enfant. On ne comprend pas les demi-mesures. D'un coup, on se sent grand, seul, perdu, vide, obscur.
La passion qui nous animait est devenue dormante et l'on doit creuser pour la retrouver. Qui suis-je ? Quel est mon vrai but, ma vocation ? Pourquoi ce qui semblait, de loin, si clair, paraît de près si flou ?
On entre dans un autre monde dont les codes sont brouillés.
On a l'impression qu'on n'en sortira jamais.

En un sens, c'est vrai, on n'en sort jamais.
Mais je crois - enfin - avoir obtenu suffisamment de recul pour dire: ça devient plus facile.
On construit ses repères. Ca prend du temps. Mais on y vient.
On sort de soi. Petit à petit. On découvre la réalité du monde.
On fait le tri dans ses amis. Les à-la-vie-à-la-mort, les copains, et puis ceux qu'on ne reverra sans doute pas: on l'accepte.

Et puis on réalise enfin ce que ça veut dire, le temps, la nostalgie.
On comprend que dans ces périodes grises, il y a des touches de rose vif, de jaune, de bleu, qu'on n'avait pas bien vues parce qu'on se regardait le nombril.

Et six mois, un an, trois ans après, quand on regarde en arrière, on ne regrette pas la grisaille et la mélancolie. On pense à cette soirée-là, à cette complicité-ci, on revoit des choses qui nous font sourire.

Ca ne s'arrête jamais, la nostalgie.
Chaque décor qui nous paraît banal, chaque soirée où on se fait un peu chier, fera un jour partie d'un tout qui nous fera sourire et on dira "Tu te rappelles quand j'habitais là..." et on évoquera des souvenirs tout en s'en construisant de nouveaux, toujours.

dimanche 29 mars 2009

Iss grrl, iz no rockut scientist, but iz coot.

J'aime bien cette petite, et je suis impressionnée par sa version du "Girls Just Wanna Have Fun" de Cyndi Lauper.



Bien sûr, l'originale garde tout son charme. La voix de Cyndi est inimitable :)

samedi 14 mars 2009

Aaaaaaah...

Je viens de comprendre...

jeudi 5 mars 2009

The Love Goddess

mercredi 4 mars 2009

Mercredi, c'est Maxime!

77 - L'amour prête son nom à un nombre infini de commerces qu'on lui attribue, et où il n'a non plus de part que le Doge à ce qui se fait à Venise.

François de la Rochefoucauld,
Maximes

mercredi 25 février 2009

Mercredi, c'est Maxime!

54 - La vérité ne fait pas tant de bien dans le monde que ses apparences y font de mal.

François de la Rochefoucauld,
Maximes

dimanche 22 février 2009

Nantes - Paris Montparnasse

Je vogue en train dans la campagne immuable. J'écoute "Banale Song".

Quel plaisir de dire, ce simplistique poème, je t'aime, je t'aime, je t'aime
Que les lumières s'éteignent, je t'aime, je t'aime...

Je survole des lotissements avec des draps qui sèchent, sur un terrain de football les rouges contre les verts,
des flaques géantes reflètent un ciel bleu et un nuage,

Quel joli discours, ces mots sans rien autour, je t'aime, je t'aime, je t'aime

Dans un pré vert et gris un mouton un peu sale, une vieille maison et un panier de basket,

J'écoute "It Wasn't God Who Made Honky Tonk Angels".

Devant moi il y a un couple âgé. Ils lisent, chacun de leur côté. Même concentrés sur leur livre, ils ont comme l'air d'un sourire sur le visage.
La dame, tout à l'heure, a posé sa tête sur l'épaule du monsieur, pas longtemps, quelques secondes. Leurs coudes se touchent, ils ne se parlent pas. Ils sont ensemble.

J'écoute "Tonari no Totoro".

Magari, mi, ji!

Les boules de gui me font penser aux dimanches au Coudray et la promenade d'après-midi sur la route à Cabas.

J'veux du cuir...
Plaisir des souffrances délicates...

Un clocher au milieu de toits rouges.

Ain't no sunshine when she's gone,
It's not warm when she's away...
And I know I know I know I know I know I know...

Loin, il y a des vallons, des maisons, des routes. J'ai l'impression de récolter des souvenirs de voyage rien qu'en regardant la campagne et en me souvenant des vacances passées, en Touraine, en Dordogne, dans le Lot, dans les Alpes...

J'écoute "You're the Only One". Ca me fait penser à celui que j'aime.

Des poneys au milieu d'un grand pré vert. J'écoute "Harper Valley PTA" et je me crois dans le Montana.

Les arbres sont dénudés, mais tout respire le printemps dans cette campagne au soleil.

Jesus keep me from all wrong,
Let me walk close to thee...

J'ai envie d'écouter pour toujours de la musique triste en regardant les champs labourés et les maisons aux murs pleins de lézardes.

J'écoute "Piazza, New York Catcher".

A mesure que nous avançons, l'horizon s'emplit de nuages. Je prie pour que ma campagne ne tombe pas dans l'ombre, mais pour l'instant, tout autour de nous reste nimbé de cette lumière dorée qui me fait tant de bien.

Quand j'écoute "Nekobasu", j'imagine que je suis à bord d'une nouvelle version du Chat-bus - le Chat-train. Hop, hop, hop, le Chat fonce à travers les collines japonaises, entre les arbres, par-dessus routes et ponts. Personne ne nous voit passer, car nous sommes magiques.

J'écoute "Calling from Tokyo", c'est beau. J'aime ces voix en choeur.
Je vois un chemin dans la forêt avec un parcours de santé.
Je vous mets au défi de vous balader dans une forêt comme celle-là sans céder au plaisir de faire - pour de faux, en trichant - le parcours de santé. Là, on doit traverser le rondin sans tomber... Là il faut s'agripper aux anneaux...

This is your biggest fan, this is Stan...

Pour l'instant, nous sommes dans l'ombre, mais je ne suis pas triste. J'écoute une chanson faite pour être écoutée sous la pluie, de toute façon.

I hope you fall asleep and you dream about it!
And when you dream I hope you can't sleep and you scream about it!

J'adore cette chanson, horrible, triste, méchante, virtuose.

Avant que je m'en rende compte, on est arrivés.




Bande Originale:
Alain Souchon, "Banale Song"
Dolly Parton, "It Wasn't God Who Made Honky Tonk Angels"
Joe Hisaishi, "Tonari no Totoro"
Alain Souchon, "J'veux du cuir"
Joe Cocker, "Ain't No Sunshine" (je mets celle-ci dans un souci d'intégrité, mais c'est loin d'être la meilleure version. Cherchez l'originale de Bill Withers, ou celle de Lenny Kravitz, par exemple)
Dolly Parton, "You're the Only One"
Dolly Parton, "Harper Valley PTA"
Joe Nichols, "Just a Closer Walk with Thee"
Belle & Sebastian, "Piazza, New York Catcher"
Joe Hisaishi, "Nekobasu"
Ryuichi Sakamoto, "Calling from Tokyo"
Eminem (ft. Elton John), "Stan" (Live at the Grammy Awards)

mercredi 4 février 2009

Mercredi, c'est Maxime!

106 - Pour bien savoir les choses, il faut en savoir le détail; et comme il est presque infini, nos connaissances sont toujours superficielles et imparfaites.

François de la Rochefoucauld,
Maximes

mercredi 28 janvier 2009

Mercredi, c'est Maxime!

76 - Il est du véritable amour comme de l'apparition des esprits: tout le monde en parle, mais peu de gens en ont vu.

François de la Rochefoucauld,
Maximes

mercredi 21 janvier 2009

Mercredi, c'est Maxime!

31 - Si nous n'avions point de défauts, nous ne prendrions pas tant de plaisir à en remarquer chez les autres.

François de la Rochefoucauld,
Maximes

mercredi 14 janvier 2009

Mercredi, c'est Maxime!

28 - La jalousie est en quelque manière juste et raisonnable, puisqu'elle ne tend qu'à conserver ce qui nous appartient, ou que nous croyons nous appartenir; au lieu que l'envie est une fureur qui ne peut souffrir le bien des autres.

François de la Rochefoucauld,
Maximes

mercredi 24 décembre 2008

Mercredi, c'est Maxime!

120 - L'on fait plus souvent des trahisons par faiblesse que par un dessein formé de trahir.

56 - Très bon réveillon à tous! (apocryphe)

François de la Rochefoucauld,
Maximes

jeudi 18 décembre 2008

Bien

J'ai rangé, un peu nettoyé, préparé mes bagages pour rentrer passer les fêtes à Saint-Nazaire.
Tous mes cadeaux sont prêts.

Je joue à Plant Tycoon, j'écoute cette jolie musique paisible et je regarde des bouts de Firefly pendant que mes plantes poussent.

Quel plaisir... Quelle sérénité...
Je suis bien.

C'est peu, mais c'est déjà beaucoup.

mercredi 17 décembre 2008

Mercredi, c'est Maxime!

150 - Le désir de mériter les louanges qu'on nous donne fortifie notre vertu; et celles que l'on donne à l'esprit, à la valeur, et à la beauté contribuent à les augmenter.

François de la Rochefoucauld,
Maximes

mercredi 10 décembre 2008

Mercredi, c'est Maxime!

39 - L'intérêt parle toutes sortes de langues, et joue toutes sortes de personnages, même celui de désintéressé.

François de la Rochefoucauld,
Maximes

Accepted

Je viens de voir le film "Accepted".

Vous pouvez l'avouer: vous n'en avez jamais entendu parler. Le titre français ne vous dira rien non plus - tout au plus confirmera t-il l'immortelle indigence des traductions de titre de films dans l'Hexagone: avec "Admis à tout prix", ils ont fait très fort.

Eh bien, moi non plus, je n'en avais pas entendu parler. Si je l'ai vu, ce n'est que pour une raison... non, en fait, plusieurs.

C'était en partie pour ça...


Mais également un peu pour ça...


Et aussi un peu pour ça, peut-être (mais un tout petit peu)


Enfin voilà, damned, je suis démasquée, c'était uniquement et totalement pour Blake Lively que je regardais ce film.

Eh bin c'était une bonne surprise. J'irai même plus loin: une bien belle surprise.

Alors attention hein, c'est tout de même une énième comédie adolescente américaine, hyper "formulaic" (comme on dit dans le milieu), bourrée de clichés, avec quelques blagues en trop, pas toujours de bon goût.
Mais que voulez-vous? J'ai trouvé ça hyper mignon.

L'histoire: Bartleby (Justin Long, le "Mac" des pubs Apple) se rend compte au lendemain de la graduation qu'il n'a aucun avenir. Du moins, pas tel que son entourage le conçoit: il n'a été accepté dans aucune université. Même la fac publique à deux sous ne veut pas de lui. Désespéré, il en arrive à imprimer un faux courrier à en-tête le félicitant de son entrée prochaine à la très fictive South Harmon Institute of Technology (...oui, la S.H.I.T., donc), juste pour rassurer ses parents un moment. Mais ce mensonge va évidemment l'entraîner bien plus loin que prévu.

J'ai pas pu m'empêcher d'accrocher à l'ambiance générale complètement barje, aux personnages adorables (du gros geek frisotté au rockeur ringard, du vieux réac vulgaire et charismatique - personnage ultra pompé sur mon bien-aimé George Carlin, by the way - à l'aspirant télékinésiste), d'apprécier qu'on se moque un peu du système universitaire américain (sérieux, pour ce que j'en ai vu, ça me ferait presque aimer le nôtre), d'admirer encore une fois la fraîcheur et le naturel de Blake L., ...et même d'adhérer un peu au message.

Parler d'adhérer au message de ce genre de film, c'est un peu comme parler de savourer la complexité des saveurs d'une pizza Domino's: un paradoxe. Mais je me reconnais tout de même en partie dans le tableau, l'atmosphère et les idéaux d'Accepted - j'évite de spoiler, tant qu'à faire, ça vous gardera un peu de sustemse. D'ailleurs, pour ceux de ma connaissance qui voudraient voir ce film avec moi, j'ai téléchargé des sous-titres en français ;)

Ce n'est pas parce qu'un message est un cliché qu'il est forcément faux...

mercredi 3 décembre 2008

Mercredi, c'est Maxime!

11 - Les passions en engendrent souvent qui leur sont contraires. L'avarice produit quelquefois la prodigalité, et la prodigalité l'avarice; on est souvent ferme par faiblesse, et audacieux par timidité.

François de la Rochefoucauld,
Maximes

mardi 2 décembre 2008

Literary Bitch

J'ai une jeune prof cette année. Oh, pas jeune-fraîchement-sortie-des-concours non plus, mais je pense qu'elle n'enseigne que depuis quelques années.

Je l'appelle Literary Bitch.

Le TD qu'elle nous dispense n'a pas de thème précis, il est simplement destiné à approfondir nos connaissances littéraires en général. J'aimais bien cet idée, d'ailleurs le CM assorti est passionnant.
Mais ce TD... Aah, ce TD...

Je trouve ironique que quelqu'un qui est censé nous aider à améliorer notre appréhension générale de la littérature dépense tant d'énergie à nous faire sentir à quel point nous sommes dramatiquement incultes dans ce domaine.

Voilà en gros le plan du cours:
Un infortuné petit agneau présente sur l'autel du sacrifice un exposé oral sur un texte choisi par elle.
Pendant que l'intéressé s'efforce de dissimuler ses mains qui tremblent en énonçant son plan, Literary Bitch regarde en l'air et joue avec son stylo.

Tout l'oral se déroulera comme ça, l'étudiant souvent incertain - tout le monde n'aime pas s'exprimer en public - et LB qui se repousse les cuticules en attendant que ça passe, l'air de Gary Kasparov à un cours d'initiation aux échecs.

Et puis, quand c'est fini, elle lâche deux mots d'appréciation - en général concernant une parenthèse accessoire ou un rappel historique de la troisième partie du grand deux - et effectue sa reprise.
Un festival de grands mots savants qui font bien dans les concours, genre herméneutique ou ataraxie.

Ce qui est incroyable c'est l'arrogance avec laquelle elle s'exprime. Il n'y a rien de pédagogique dans son cours, elle ne semble être là que pour tourner nos efforts en dérision.

J'adore la fac, mais Literary Bitch concentre tous les défauts que j'essaie de ne pas attraper en y étant. On est tenté de faire des raccourcis, de suivre le mouvement, de substituer ce que l'on entend à ce que l'on pense, ce qui fait bien sur une copie à ce qui est logique et clair, de prétendre qu'on comprend alors qu'on ne comprend pas, qu'on est un esprit libre alors qu'on suit les pointillés.
En fait, cette attitude, je crois, participe de l'idée qu'il existe une vérité absolue sur la littérature, la bonne vérité de l'université et des ouvrages universitaires. Et le but des études en lettres, c'est de dénicher et de répéter cette vérité divine, pour ensuite recevoir une petite tape sur la tête et une médaille en chocolat.

Mon but à moi, ce n'est pas ça. J'aime la fac et ce qui s'y dit, mais ça ne veut pas dire que je peux tout engranger aveuglément. J'ai envie de comprendre, de critiquer, de connecter.
Et puis bon... encore une fois, j'adore ça hein, comprenons-nous bien... mais ceux qui s'indignent quand on traite les études littéraires de masturbation intellectuelle me font un peu rire...

Ceci étant dit, je vous laisse: j'ai rendez-vous avez Literary Bitch.

lundi 1 décembre 2008

Life

Je lis un blog que j'aime bien, elle parle des décès d'élèves, des décès de profs, du lycée qui est triste, de combien elle voudrait tous les protéger.
Ca me fait du bien.
Ca me rassure de voir que les gens réagissent, que les gens sont tristes et le disent, que les gens ressentent ce que je ressens, parfois.

J'aime bien aussi lire qu'on a le droit d'être ému même si "c'est pas le pire". Même quand on sait les guerres, les accidents et les maladies qui font rage dans le monde, on a le droit d'être triste pour une personne toute seule, on a le droit d'être humain, et tant pis pour les statistiques.

Ce qui me rassure aussi c'est les gens qui disent "Elle s'appelait Stéphanie, elle était dans ma classe en cinquième, je ne l'ai jamais oubliée."
Les gens qui se souviennent.

Moi je me souviens de ma petite Margaux, de l'éclat de sa peau noire, de ses cheveux soyeux.
Je me souviens de Loïc et je pense à sa femme, à son fils et surtout à sa petite fille qui aimait tant mon papa, sûrement en partie parce qu'il lui rappelait le sien. C'est idiot mais je me sens triste pour elle que mon papa soit parti aussi, pauvre bichette.
Et je me souviens de lui aussi, bien sûr.
J'aimerais bien qu'il soit encore là, mon papa.
Entendre sa démarche traînante dans le couloir le matin et le voir ébouriffé sortir ses tartines du grille-pain.
Lui parler du dernier album de McCartney et lui demander ce qui lui ferait plaisir pour son anniversaire qui arrive.

De temps en temps, j'écoute des morceaux de son groupe de musique, qui m'ont accompagnée toute ma vie, qui sont gravés pour toujours dans ma mémoire et accompagnés de souvenirs multicolores de concerts, de festivals, de marchés,de tournées. Je suis submergée par la nostalgie, pas la nostalgie ordinaire, douce-amère, mais une nostalgie violente qui proteste contre le manque, qui donnerait n'importe quoi pour revenir en arrière, pour retrouver ce qui n'est plus. Ces moments merveilleux, miraculeux, bénis. Peut-être en profiter mieux. Si possible, ne jamais en repartir.

samedi 29 novembre 2008

Le vieil Arabe

Une histoire trouvée ici: Humeurs Noires


Un vieil Arabe vit depuis plus de 40 ans à Chicago. Il aimerait bien planter des pommes de terre dans son jardin, mais il est tout seul, vieux et faible. Il envoie alors un email à son fils qui étudie à Paris pour lui faire part de son problème.

Cher Ahmed,
Je suis très triste car je ne peux pas planter des pommes de terre dans mon jardin. Je suis sur que si tu étais ici avec moi, tu aurais pu m'aider à retourner la terre.
Ton père qui t'aime. Jamil.

Le lendemain, le vieil homme reçoit ce courrier :

Cher Père,
S'il te plait, ne touche surtout pas au jardin! J'y ai caché ce que tu sais. Moi aussi je t'aime.
Ton fils Ahmed.

A 4 heures du matin arrivent chez le vieillard la US Army , les Marines, le FBI, la CIA et même une unité d'élite des Rangers. Ils fouillent tout le jardin, millimètre par millimètre, et repartent bredouilles.

Quelques heures plus tard, le vieil homme reçoit un nouveau courrier de son fils :

Cher Père,
Je suis certain que la terre de tout le jardin est désormais retournée et que tu peux planter tes pommes de terre. Je ne pouvais pas faire mieux.
Ton fils qui t'aime, Ahmed.

mercredi 26 novembre 2008

Mercredi, c'est Maxime!

19 - Nous avons tous assez de force pour supporter les maux d'autrui.

François de la Rochefoucauld,
Maximes

lundi 24 novembre 2008

shoes*shoes*shoes

Ah, les chaussures...
Rares sont les filles qui ne connaissent pas ce frisson de la colonne vertébrale, cette envie de ronronner et de hurler de joie, bref cette allégresse et cette excitation qui n'accompagnent que la découverte d'une adorable paire de chaussures.
Je ne sais pas pourquoi spécialement les chaussures. Sans doute parce que sous le nom chaussures se cache une infinité de possibilités, qui va de la mary-jane à la low-boot, du talon plat au 12 cm, de la botte à l'escarpin et qui passe par toutes les couleurs de l'arc-en-ciel.
Je sais que pour moi, ça a aussi à voir avec le fait de marcher.
Lorsque je sors de chez moi le matin dans ma belle paire de chaussures, le monde m'appartient. Je ne pense qu'à mes pieds. A chaque fois que j'en lève un et à chaque fois que je le pose par terre, je pense à la beauté de mes chaussures et je jubile.
Après tout, la chaussure est sans doute l'accessoire le plus important qui soit. Déjà parce qu'on en porte tout le temps, ou presque. Et ensuite parce qu'elles donnent tout son sens à un look. Vous avez déjà vu Audrey Hepburn en baskets?

La question qui se pose à moi, cependant, et motivée par des impératifs aussi bien éthiques que budgétaires, est: pourquoi autant de chaussures?
Pourquoi ne puis-je pas me contenter des chaussures que j'ai, et toujours vouloir en acheter des nouvelles?

Je pense qu'il y a une partie de moi qui achètera toujours des chaussures, pas forcément en quantités astronomiques, mais régulièrement tout de même, tout simplement parce que j'aime ça.
Mais il y a aussi une partie de moi qui doit se raisonner.
Acheter des chaussures est une façon de se déresponsabiliser, d'abord. De jeter son tablier, de se prendre pour une diva. Je n'ai pas besoin de réfléchir, je m'achète des chaussures, je me noie dans le plaisir et je n'ai pas à penser à mes problèmes.
Mais c'est aussi s'acheter une nouvelle personnalité. Je ne plaisante pas quand je dis que des chaussures définissent un look -  c'est facile de changer de peau en s'habillant les pieds. Je suis féminine, escarpins, je suis rebelle, bottes à boucle, je suis hippie, sandales. A la longue, ça peut donner l'impression d'un réel pouvoir. Pour se renouveler, on aurait alors besoin de nouvelles chaussures. L'argent change de mains et on sort de là purifiée, débarrassée des mauvaises ondes, prête à repartir du bon pied dans la bonne direction.
C'est un peu vrai, je pense que l'apparence que l'on se donne peut changer l'image que l'on a de soi. Mais le processus est plus subtil que ça.

J'ai besoin de trouver l'équilibre.
J'aime les chaussures, c'est vrai, mais je n'ai pas envie de plonger dans la névrose. Je n'ai pas envie de devenir une fashionista endettée et oversapée, mal dans sa peau sur des talons trop hauts, jamais rassasiée. Je me suis rendue compte en prenant de l'âge - ;) - que s'habiller (et se chausser) au-dessus de ses moyens n'était pas glamour à mes yeux. Déjà j'avais du mal à me regarder en face lorsque je le faisais à seize ans, je n'ai pas l'intention de continuer fièrement sur la même voie à vingt-et-un... Et plus, comme certaines blogueuses célèbres que je ne citerai pas et qui ont fait de cette frénésie de consommation leur fonds de commerce (et vlan).
Sans rire, c'est vraiment quelque chose que je réalise petit à petit ces temps-ci. Que certaines personnes dont j'ai admiré les dressings fabuleux ne sont en réalité que ça. Des dressings fabuleux, énormes, emplis à ras bord d'une quête de personnalité qui n'est pas près de se terminer.
J'ai envie de trouver ma personnalité et mon style. Vraiment. Pas me mettre tous les deux jours en quête de la paire qui changera ma vie (ou le tregging qui me transformera en bonnasse, ou l'écharpe cagoule qui doublera mon QI).

La mode est toujours une de mes meilleures copines, ceci dit. Je vais juste essayer de ne lui prêter du fric que quand je serai sûre qu'elle me le rendra.