vendredi 3 septembre 2004

all that glitters is not gold

Aujourd’hui, j’ai regardé « Glitter », le film de, sur et avec la chanteuse Mariah Carey – dans le rôle de la belle Billie Frank, danseuse de boîte abandonnée par sa mère et prête à tout surmonter avec courage et persévérance pour circuler en limousine et porter des diamants aux oreilles. Bien sûr, je savais à quoi m’attendre, après la lecture de nombreuses critiques acerbes et/ou vaguement dégoûtées. Mais en inconditionnelle des comédies romantiques de tout poil, j’espérais agrémenter d’un peu de… paillettes mon morne petit-déjeuner.
Question paillettes, j’ai été servie. Question hurlements aussi, car elle aime bien hurler, Mariah, comme chacun sait. Et entre les deux, j’ai suivi d’un bout à l’autre un joli conte de fées simili-starmaniesque ; l’histoire d’une jeune fille à la voix surnaturelle qui saute de nuage en nuage jusqu’à Madison Square Garden au bras de son beau producteur, DJ au grand cœur, poursuivie par une horde de grands méchants businessmen.
Et sans rire, j’ai trouvé ça édifiant. J’ai enfin pu éclairer ma lanterne concernant le processus mystérieux qui mène ce genre de midinettes lustrées à exposer en vitrine - quotidiennement et à longueur de carrière - leurs charmants quartiers de viande, reléguant leur gymnastique vocale au rang de simple décorum sonore. Pourtant, même le jeu d’admiration forcée des mauvais acteurs de Glitter ne parvient pas à faire oublier l’extraordinaire potentiel de cette voix-là.
Mui, Glitter offre tout ça dans un nuage de paillettes : une ouverture poignante sur un duo mère-fille (l’héroïne petite et sa mère – deux voix superbes) qui retombe comme un soufflé raté sur l’interminable roman cul-cul de la star en strass ( ou comment faire chanter de la merde à une voix hors du commun et exploiter sa connerie congénitale pour la transformer en sex-symbol)… Et, ce qui sans conteste a été l’apothéose de ma consternation fin-de-petit-déjeuner-esque, le clip bonus de Mariah Carey, le vrai : cinq petites minutes plus vulgaires, plus avilissantes et plus ridicules que les cent minutes de film. Je crie au chef-d’œuvre.

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