mardi 28 décembre 2004

en nocturne

Je me sens mal. Mais parfois la fatigue ne suffit pas à m'assommer complètement... Parfois je voudrais pouvoir penser à autre chose qu'à l'obscurité, le néant, les épines sans roses et la pluie sans couleurs. Je regarde autour de moi mais rien ne change. Qu’est-ce qui en moi gâche tout de cette façon ?

Ma gorge est douloureuse, je fume trop. Ma tête est lourde, ma peau trop fine et meurtrie. Mes muscles sont raides et même écrire est difficile mais peu importe, c’est le seul morceau de vérité dans ce décor abandonné. Je suis mon propre personnage. Acte mille, scène un. Le théâtre est vide, ma tête est déserte, seuls résonnent les trois coups de l’ironie, de la folie et de l’amour. Les trois drames se jouent ce soir, sans public et sans texte, non… Que le silence… Let the show begin then, and may the end be dark, may the death be slow, at least this would bring beauty.

Dérisoire. Je ne sais pas ce que je cherche. Ecrire, écrire encore, c’est la seule chose que je puisse faire pour échapper à cette putain de culpabilité… Personne n’en veut aux mots, non, personne ne méprise une page ou une ligne… Ecrire pour m’épancher, pour cracher dans le vide tout ce que je me reproche de posséder, tout ce dont personne ne veut et qui tourne en moi en rageant comme un fauve en cage. Ecrire ! La seule liberté qui m’importe, car à quoi bon être libre si on n’est pas aimée ? Non, plutôt que de me frapper encore, de me blesser, de me plier pour correspondre à ce que l’on veut de moi, plutôt que de supplier, plutôt que de mentir, je préfère écrire que je cherche, au fond, je le sais, je cherche la perfection.
Cette nuit j’ai rêvé que c’était mon sang que tu aimais, alors pour te plaire, je t’offrais mes veines. C’était beau et languide.

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