jeudi 24 février 2005

lente agonie

eh oui. charles épouse camilla, le ministre des finances se lance dans l'immobilier, lyon a battu brême etroi-etroi-etroizéro, et bitchy litchee, queen of all litchees, déesse du sexe et duchesse d'Erat, élue trois fois "miss litchee" par les lecteurs de LitcheeMaleMagazine, a la grippe.

c'est bien, parce que ça aurait pu tomber n'importe quand, à un moment gênant, vous savez ce que c'est, les maladies, ça n'obéit pas nécessairement à la Loi du Destin et tout et tout, mais non, grâce à lilith, c'est tombé la semaine où je dois partir a Sens voir mon amoureux. ouf.

résultat, depuis trois jours je me meurs en râlant, moite, frissonnante, au milieu d'une mer houleuse de draps, kleenex, paquets vides de biscuits/céréales au chocolat, vieilles cassettes vidéo, téléphones, boîtes de médicaments, bouteilles d'eau, verres, assiettes, coupes, bouquins, bouquins et bouquins. c'est dingue ce que je m'éclate - alors que je pourrais déjà m'emmerder à l'autre bout du pays avec merak, rencontrer des gens et tout, t-t-t-t, nanan, on est bien mieux au 6 rue decoin, à grignoter du côte d'or devant "Premier Rendez-Vous".

je vais partir quand même. les anticorps vaincront! (N.B. : si, comme moi, ce mot vous évoque des sortes de petits insectes blancs dont le chef s'appelle métro, ne paniquez pas. il y a des gens très bien qui regardaient "il était une fois la vie".)

dimanche 20 février 2005

l'obscurité

le néant. la sensation de n'être rien de valable, de n'être rien de normal, de n'être rien qui corresponde, de n'être rien qui en vaille la peine, de n'être rien qui vaille la douleur, de ne même pas avoir une souffrance réelle, quelque chose de réel à dire et à écrire. je ne sais rien faire sans casser, je ne sais rien aimer sans gâcher, je ne sais rien lire sans m'envoler, je rêve d'être à ma place, je rêve de ne plus pleurer, je rêve de ne plus avoir à chanceler, ou je rêve de ne plus jamais me rattraper

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vendredi 18 février 2005

les Wriggles - le Goût des Filles

Elle a bon goût,
La bouche des filles
Elle est pleine de joues,
De dents et de papilles...
On s'enroule dans leur palais,
Elles ont bon goût les filles et leur baisers

Elle a bon goût,
La peau des filles
De l'épaule au genou,
Des genoux aux chevilles...
On croque dans la chair de leurs fesses,
Elles ont bon goût les filles et leurs caresses

Il a bon goût,
Le coeur des filles
Malgré le flou
Qui souvent le maquille...
On s y love dans du velours,
Elles ont bon goût les filles et leur amour

Elle a pas de goût,
L'absence des filles
Tous ces soirs où
Seul on se deshabille...
Où seul on cherche en vain entre les draps,
A retrouver le goût des filles qui n'y sont pas...

jeudi 17 février 2005

Selenis - Genèse, d'après la Fée Blanche

Au commencement étaient six graines, tombées de la masse de la Béance noire et infinie qui portait alors le nom de Chaos. Ces graines tombaient, tombaient, il y avait si longtemps qu’elles tombaient que toute vie en elles était morte ; le germe avait disparu de leur cosse, et elles n’étaient plus que des coquilles vides, en apparence parfaitement inutiles. Emergées des intenses profondeurs du Rien, elles n’étaient en somme qu’une enveloppe de plus pour contenir le Rien, qu’une ultime paroi entre Chaos et Chaos ; Chaos lui-même ignorait pourquoi il les avait engendrées. Mais n’y voyant que des carapaces creuses, inertes, qui se laissaient mollement bercer par la brise de la stratosphère, il ne s’y intéressa pas outre mesure et retourna à sa méditation solitaire, sourd et muet, comme à son habitude, à tout ce qui n’était pas Lui… C’est à dire, à cette époque, pas grand-chose.
Et puis vint un moment où ces six graines se lassèrent de cette chute éternelle. Brusquement, elles se figèrent, suspendues au beau milieu du Rien indifférent.
Alors, sur chacune de ces graines, que plus tard la race des hommes baptiserait lunes, naquit une plante mystérieuse que l’on appelle en sélène moderne Mãtpanreii, la Mère de Toute Chose. Nul ne sait d’où cette herbe surgit en cet instant d’une féerie exceptionnelle, mais de sa matière magique allait naître tout entier l’univers qui nous porte. De concert, les six plantes grandirent, formèrent un bourgeon vert et dur qui, lui-même, se craquela pour laisser apparaître une fleur duveteuse et parfumée, aux pétales dentelés d’une blancheur parfaite, au cœur de laquelle s’étoilait, telle la toute première goutte de sang, le tout premier souffle de vie, une tache sombre aux reflets pourprés.
Des six fleurs magiques émergèrent six personnages : trois étaient des mâles, et trois étaient des femelles ; à cette époque, la notion d’homme et de femme n’existait pas encore. Ces personnages étaient des Dieux.
Le Premier Dieu était Nheptun, Dieu de l’Eau et de toutes les choses qui sont cachées sous le rideau de l’onde.
La Seconde était Ishtya, Déesse de l’Amour et des choses qui s’attirent l’une vers l’autre.
Le Troisième était Indr, Dieu de la Guerre et des choses qui combattent.
La Quatrième était Seres, Déesse de la Nature et des choses qui s’accomplissent naturellement, coulant ainsi que source pure.
Le Cinquième était Mynarvê, Dieu de la Sagesse et des choses qui pensent avant d’agir.
Enfin, la Sixième était Roowlin, Déesse de l’Art Merveilleux et de toutes choses mystérieuses que seules Fées peuvent maîtriser.
Ces Dieux tous ensemble se nommaient les Illustres, et sans plus attendre, ils se mirent à la tâche dans un but unique, commun aux Six : peupler Chaos. Et dès lors qu’ils commencèrent de la peupler, la Béance ne fut plus Béance, mais Univers.
D’abord naquit Leivoi, la Boule de Lumière, rouge et tourbillonnante, pour éclairer l’éther naguère sombre et opaque. Suivit Maivoi, la Boule Miroitante, qui devait rappeler Leivoi à l’univers lorsqu’il le perdrait de vue. Puis les Trois Déesses soufflèrent, et les gouttelettes de salive dispersées par leur haleine devinrent les Stees, les Etoiles luisantes.
Et enfin les Dieux créèrent un monde qu’ils appelèrent Selenis, ce qui en sélène ancien se rapprochait du nom de leurs petites graines-lunes natales ; c’était un hommage fait à leur mystérieux Créateur. Ils l’habillèrent d’eau et de plantes luxuriantes, le peuplèrent d’animaux, le chargèrent de Féerie, le firent étinceler de diamants, embaumer de santal, y placèrent toutes choses belles que les hommes, plus tard, célèbreraient. Puis ils se mirent à fabriquer une créature nouvelle, spéciale, qui serait le fruit de leurs douze mains.
Nheptun la rendit secrète comme une ombre dans la nuit.
Ishtya la fit belle, passionnée et farouche, telle Leivoi s’estompant à l’horizon.
Indr la rendit forte et agile.
Seres la fit bestiale, impulsive et sensuelle.
Mynarvê lui donna la conscience d’elle-même et des autres choses dans l’univers.
Et enfin Roowlin fit d’elle une Fée aux mille dons, qui pouvait faire jaillir de ses mains l’Art Suprême.
Elle était la première femme. Son corps avait la couleur du cuivre et ses joues celle de la poudre d’or. Ses très longs cheveux tombaient simplement dans son dos, comme une cascade d’ébène, sereine et immortelle. Son visage semblait l’esquisse première d’une toile de maître, qui effleurait la perfection sans réellement l’atteindre mais qui contenait une force, une puissance de sentiments si évidemment présente que ses défauts ne le rendait que plus charmant encore. Deux grands yeux effilés, bleus et chauds comme une nuit d’été, entre deux franges de longs cils. Un joli petit nez. Des pommettes hautes et fières. Une bouche comme un fruit sauvage, d’un pourpre profond et velouté. Elle était élégamment et scandaleusement belle… Mais elle l’ignorait encore. Pour elle, la beauté était contenue dans chaque élément de la nature qu’elle découvrait jour après jour, dans chaque fleur qui éclosait et dans chaque fruit qui pourrissait sur le sol, dans chaque source cristalline et dans chaque marais saumâtre, dans chaque papillon aérien et dans chaque lourde limace. La seule note d’imperfection dans ce monde chatoyant que les Illustres avaient composé pour elle venait d’elle-même. Elle savait qu’elle portait le Mal dans le tréfonds de son être, elle le sentait s’agiter dans son ventre, et elle ne pouvait que constater l’arrondissement suspect de cette partie de son corps, au fil du temps. Confusément, elle se doutait bien que cette chose indésirable finirait par trouver son chemin hors de sa prison de chair, et qu’alors elle serait libérée de ce poids ; mais elle savait aussi que cette sortie se ferait dans la souffrance, et qu’ensuite les ténèbres se répandraient autour d’elle, viendraient souiller son monde de lumière. De cet événement inéluctable découlerait la fin de son bonheur. Cela devait venir, et cela viendrait.
Cela vint.
La femme enfanta dans la douleur un petit être vagissant, rouge, congestionné, dont l’appendice génital, symbole de sa virilité première, la dégoûta. Avec quelque respect cependant pour ce surprenant cadeau des Lunes, elle le déposa sur un rocher moussu, près d’une petite rivière scintillante, et s’en alla laver son corps du sang qui le maculait.
Mais lorsqu’elle revint, il n’y avait pas plus de nouveau-né sur le rocher que sur la paume de sa main. Inquiète, elle se mit à chercher, à fureter, à fouailler les herbes et les trous d’eau, une expression coupable sur le visage, comme un enfant qui a perdu un précieux présent et qui attend la remontrance. Mais de bébé, point.
C’est alors que surgit du sous-bois une créature étrange qui la fit se figer craintivement et reculer de quelques pas vers la berge du cours d’eau, attitude qu’elle n’avait encore jamais eu à adopter envers les animaux, habituels résidents des lieux.
La créature lui ressemblait, par la taille, par la structure du corps, et par la façon spéciale dont il la regardait, les yeux emplis d'une intelligence froide. Cependant, il était nettement plus large d’épaules, plus musclé ; les traits de son visage, plus tranchés, étaient aussi moins expressifs. Ses cheveux étaient noirs, comme les siens, mais ses yeux avaient la même teinte mordorée que le pelage d’un fauve.
« Je suis l’Homme » dit-il, d’une voix claire et modulée qui parut exquise à la femme qui l’écoutait, comparée aux grognements sommaires auquels la faune des environs l’avait accoutumée.
Elle ne fit pas aussitôt le lien avec la bête étrange qu’elle venait d’engendrer ; pourtant, Mynarvê lui souffla bientôt qu’elle ne formait qu’une seule et même entité avec l’être imposant qu’elle avait sous les yeux.
Sa nature sauvage reprit alors le dessus sur sa – légitime – curiosité. Retrouvant sa méfiance animale, elle planta son regard bleu dans celui de la créature. Elle ne craignait pas de le fixer ainsi dans les yeux, car elle était plus intrépide que la panthère et plus noble que le cobra noir, et aussi parce qu’elle sentait une faiblesse sous-jacente chez cette bête inconnue. Déjà, le caractère particulier de l’Homme l’excitait, la corrompait, la transformait en prédateur ; certes, elle devenait plus forte, mais à quel prix ?
L’Homme, lui, la jugeait primaire, incapable de se mesurer à lui, et sûr de sa victoire, il ouvrit un poing que, depuis, son apparition devant elle dans un corps adulte, pleinement développé, il avait gardé fermé. Et dans sa paume se trouvait un petit fruit pas tout à fait rond, à l’écorce d’un brun rougeâtre hérissée de gentils piquants. Dès le premier abord, la Femme sut que ce fruit était trompeur, car il tentait de détourner l’attention de ce qui était le véritable danger – la chair savoureuse qu’il contenait – en la fixant sur cette armure dérisoire qui l’enveloppait. Ce fruit s’appelait le litchee, lui apprit l’Homme ; courtois, il le dépouilla de sa carapace rugueuse et lui tendit la baie nue, d’un blanc translucide. Elle tendit la main et la saisit, sereine. Autour d’eux, le silence était complet, comme si le monde entier retenait son souffle.
La Femme approcha le litchee de ses belles lèvres d'un pourpre de baie sauvage et y planta les dents, un air d'insolence dansant au fond de ses yeux obliques.
Une goutte de jus suave perla sur son menton pour aller se perdre dans son cou, et il fallut à l'Homme toute sa volonté pour se retenir de venir la lécher avant qu'elle ne roule sur toute la longueur de son corps cuivré. L'Homme qui s'était voulu tentateur, charmant profane d'une vertu encore intacte, se retrouvait soudain fasciné, perverti, asservi. Il remarquait soudain l’écrasante sensualité qui se dégageait de cette nymphe farouche au parfum d’herbe et de fleurs, la soie de sa peau, le jais de ses cheveux, le velours de ses yeux… Tout en elle n’était plus que tentation.
D’une subtile ondulation des hanches, elle l’invita à la toucher, se rapprocha lentement de lui… Plus près… encore… plus près…
Puis ni l’un ni l’autre ne se préoccupèrent plus du litchee entamé, tombé à terre. Sous l’effet de l’oxygène contenu dans l’air, de blanc, il était devenu brun sombre.

mercredi 16 février 2005

Paradise Kiss - YAZAWA Ai

L'image qui était là prenait trop de place et m'embêtait. En plus, elle était mal scannée, la salope. Alors je l'ai enlevée. Chuis comme ça moi, une main de fer dans un gant de velours.