vendredi 1 avril 2005

normalement

normalement, on ne s'épanouit pas dans la douleur.

pourtant, je relis sans cesse mes souffrances étalées. dans le train, par exemple. gribouillées sauvagement sur deux feuilles de cahier, il y a toutes mes larmes. tout le froid. il neigeait ce jour-là sur Paris, et moi qui suis perdue dans cette ville trop grande et trop glacée, je sentais givrer mes joues, j'entendais craquer mes pas, je cherchais l'arrêt de bus et j'avais ton absence dans le ventre.

et les gens avec leurs bagages. et les rideaux verts trop près et trop sales. je ne sais plus comment j'ai fait. moi qui ai pleuré tout le long du trajet, comment j'ai fait, pour parcourir la gare? j'avais faim et pas d'argent. je n'ai pas mangé ce matin-là, c'est vrai (tu te souviens...). à la place, je me suis effondrée par terre, une chute d'eau, comme audrey tautou dans "le fabuleux destin d'amélie poulain".

ça me fait mal de parler de ça. ça me fait mal de penser que je ne devrais pas, que je devrais aller de l'avant. ça me fait mal de penser à ce que tu penses.
tu ne regrettes pas, hein?
tu es bien comme ça, toi.

voilà quelques temps que je n'avais pas pleuré. je n'avais pas relu ces pleurnicheries depuis longtemps, non plus. je me sens hors de tout. c'est idiot d'écrire ça ici. c'est idiot de penser à toi. c'est idiot, inutile, malsain. comme les mollets. je suis sûre que tu te souviens de ça. et de l'école centrale sup de CO. et des textos. et de Joe Dassin et de Ray Charles, et de Angie, Aaaaaangie. et des dix-huit ans de kriss. et des Eddings et de la gare de Nantes et de tous ces départs sur tous ces quais. Beethoven et cette fameuse canette de Coca.

ce tout premier instant.

je suis perdue dans tous ces souvenirs. perdue entre la douleur et le plaisir. tu sais que je ne suis jamais certaine d'être en vie... mais ces émotions-là, c'est de la vie dix-huit carats, poinçonnée à l'intérieur. c'est comme sentir mon coeur battre dans un ampli, les mains plaquées sur la grille.

normalement, on ne vit pas de cette manière, traquant la moindre vibration sensorielle, touchant du bout des doigts, devinant ton ombre derrière la vitre. surréalisme. chute libre. je me sens...

3 commentaires:

Nivea Man a dit…

La déception de celui qui s'attendait à lire un commentaire des plus pertinents

Nivea Man a dit…

enfin pas moi, vous

Nivea Man a dit…

oui, parce que j'ai décidé de squatter les emplacements à commentaires, pasque sinon zute y'a plus de place pour les autres, tant mon monologue remplit de caractères inutiles la case à "chat"