mardi 19 juillet 2005

Dolly Parton - We Had It All


i can hear the wind a blowin' in my mind
same way it use to sound
through the Georgia pines
you were always there to answer
when I'd call
you & me
we had it all

i remember how you used to touch my hair
reaching for a feeling that was always there
you were the best thing in my life
i can recall
you & me
we had it all

i know that we can never live those times again
but i let these dreams take me back to where we've been
and i'll stay there with you
just as long as I can
oh it was so good
it was so good
it was so good
when you were my man

but I'll never stop believing in your smile
even though you didn't stay, it was all worth while
you were the best thing in my life
i can recall
oh baby didn't we
didn't we just have it all

i know that we could never get that far again
so i let these memories take me on back to where we've been
and i stay there with you just as long as i can
it was so good, it really was
it was so good, oh oh
it was so good
when you were my man

you were the best thing
in my life
i can recall
baby, baby, baby...
you & me, hey, right...
we had it all...


dois-je commenter, dois-je expliquer? l'émotion fantastique que dégage cette chanson... se faire un peu peur quelques secondes et puis fermer les paupières sur la certitude du bonheur.

we actually have it all.


mercredi 6 juillet 2005

wrapped up in books

j'ai retrouvé mes "j'aime lire".

je ne faisais qu'en parler parfois au détour d'une conversation, depuis bien des années. je me souvenais un peu de Moumouche le chat-ogre, d'un chevalier jardinier et des Lili Moutarde... de voitures-refuges, de princesses, d'enfants et d'aventures. j'avais parfois le flash d'un mot que les j'aime lire m'avaient appris, comme talisman, cador, linceul, calife, astronef... des illustrations me revenaient quand quelqu'un perdait ses clés, évoquait une barbe tressée à l'égyptienne ou encore un de ces terribles serpents cracheurs.
je les ai lus et relus - ceux de mes soeurs, puis les miens, j'en ai bu toutes les couleurs, tous les contes, tous les univers. je les connais comme mon propre corps.

et aujourd'hui je suis montée les chercher, en équilibre sur les rampes de bois étroites qui quadrillent le grenier. cette grosse caisse poussiéreuse... viens par là, ma belle, nous avons à nous embrasser.

à l'ouverture, c'est vingt mille nerfs oubliés qui se mainfestent soudain dans des parties de moi presques étouffées sous les ronces. les couvertures suffisent à raviver Ernestine Coeur de Pain qui cache du pain dans tous les coins, à force d'en acheter à son beau boulanger. Lila la petite sorcière et ses indescriptibles tantes et son mouton qui dort en rond. Wagonbulle la camionnette jaune et blanche. le Scarabus et l'île... l'île? ...Eléphantine.

parfois, les histoires restent vagues, mais l'émotion frappe seule. je crois qu'elle était triste à mourir, l'histoire de l'ourse grise; j'ai dû avoir peur du navire ensorcelé et me suis sûrement passionnée pour la croisade de Bilomba dans la brousse. j'ai adoré le petit dragon et ses naseaux ronds un peu fumants qui frétillent avant même que l'on n'effleure le livre.
peut-on se trouver plus humble et plus reconnaissante qu'à genoux devant ces petits cahiers rouges qui m'ont appris à rêver?... dans les nuages avec le Canarama. en Russie aux côtés d'Ivan le Magnifique. juste next door avec Julie que sa famille ne comprend pas, Mick qui veut sauver ses chats et Mona qui joue une Blanche-Neige trop foncée. je sens... sincèrement, je sens le goût du raisin enchanté. je ne peux pas voir un chow-chow sans penser au chien-lion. j'ai découvert l'étrange avec le roi tortueux de la planète rose. j'ai compris l'impalpable à la vue des drinns translucides.

ce soir, j'en ai sélectionné une vingtaine, parmi les soupirs poussés en épluchant la pile. ce soir, le monde amer n'existe plus.
j'ai retrouvé mes paysages.