mercredi 6 juillet 2005

wrapped up in books

j'ai retrouvé mes "j'aime lire".

je ne faisais qu'en parler parfois au détour d'une conversation, depuis bien des années. je me souvenais un peu de Moumouche le chat-ogre, d'un chevalier jardinier et des Lili Moutarde... de voitures-refuges, de princesses, d'enfants et d'aventures. j'avais parfois le flash d'un mot que les j'aime lire m'avaient appris, comme talisman, cador, linceul, calife, astronef... des illustrations me revenaient quand quelqu'un perdait ses clés, évoquait une barbe tressée à l'égyptienne ou encore un de ces terribles serpents cracheurs.
je les ai lus et relus - ceux de mes soeurs, puis les miens, j'en ai bu toutes les couleurs, tous les contes, tous les univers. je les connais comme mon propre corps.

et aujourd'hui je suis montée les chercher, en équilibre sur les rampes de bois étroites qui quadrillent le grenier. cette grosse caisse poussiéreuse... viens par là, ma belle, nous avons à nous embrasser.

à l'ouverture, c'est vingt mille nerfs oubliés qui se mainfestent soudain dans des parties de moi presques étouffées sous les ronces. les couvertures suffisent à raviver Ernestine Coeur de Pain qui cache du pain dans tous les coins, à force d'en acheter à son beau boulanger. Lila la petite sorcière et ses indescriptibles tantes et son mouton qui dort en rond. Wagonbulle la camionnette jaune et blanche. le Scarabus et l'île... l'île? ...Eléphantine.

parfois, les histoires restent vagues, mais l'émotion frappe seule. je crois qu'elle était triste à mourir, l'histoire de l'ourse grise; j'ai dû avoir peur du navire ensorcelé et me suis sûrement passionnée pour la croisade de Bilomba dans la brousse. j'ai adoré le petit dragon et ses naseaux ronds un peu fumants qui frétillent avant même que l'on n'effleure le livre.
peut-on se trouver plus humble et plus reconnaissante qu'à genoux devant ces petits cahiers rouges qui m'ont appris à rêver?... dans les nuages avec le Canarama. en Russie aux côtés d'Ivan le Magnifique. juste next door avec Julie que sa famille ne comprend pas, Mick qui veut sauver ses chats et Mona qui joue une Blanche-Neige trop foncée. je sens... sincèrement, je sens le goût du raisin enchanté. je ne peux pas voir un chow-chow sans penser au chien-lion. j'ai découvert l'étrange avec le roi tortueux de la planète rose. j'ai compris l'impalpable à la vue des drinns translucides.

ce soir, j'en ai sélectionné une vingtaine, parmi les soupirs poussés en épluchant la pile. ce soir, le monde amer n'existe plus.
j'ai retrouvé mes paysages.

12 commentaires:

Hao a dit…

Bah, ce sera jamais que des mauvais magazines pour gosse mais...

*BAFFF*

Oui je vais la fermer, ma gueule...

Litchee a dit…

ouais 'fin c'est tellement faux que ç'en devient insignifiant, ske tu racontes :)

Hao a dit…

Un peu comme ton blog qui est tellement romantique et où tu en fais tellement des tonnes que ça en devient insignifiant?

hinhinhin, je suis déjà un peu plus vile, là, non?

Litchee a dit…

on en a déjà parlé en direct, mais je synthétise.

1° je suis sincère, en tout cas. si j'en fais des tonnes, c'est que j'en ressens des tonnes. peut-être que ça semble bizarre. tant pis.

2° ce blog n'est pas destiné à séduire. je n'ai pas l'intention de l'adapter. (j'y mets mes joooies j'y mets mes peeeeineuh, et tout ça, ça devient leee blog*)

viens sarcasmer ici si ça t'amuse, j'ai pas l'intention de m'enfermer dans une bulle inperméable à toute critique. mais... bah. c'est décevant, quoi. et ça m'intéresse pas.



* ceux qui ne comprennent pas cette référence sont vraiment des grosses taches.

Jay a dit…

Wah putain...chuis une grosse tâche...

Naga a dit…

Moi, j'dis ca comme ça hein, mais je l'aime bien ton blog litchee. L'est chouette.


Maintenant c'est peut être mon romantisme caché qui se révèle inconsciemment hein.

Aha.

Litchee a dit…

oooooooh naga comme tu es gentille lol *smiley bisous* je t'ai écrit un poème:

ya 2 moi
a la rentrer
kon c rencontrer
tavais lair dune fille komme tte les otre
une fille ac ki encor une foi jalai pas mentendre

jme ss tromper
t’es arriver
on a parler
mes probléme ne t’on aps laiser indiférente
tu nes pas parti comme lorai fai bcp de monde!!!

tu ma aider
ma soutenu
alros ke tu me conaisai peu
tu conmence a me conaitre maintenant
tu c komment jsuis!!!!

je t raconter ke jallai pas bien
tu t pas enfui et a esayer de maider
je ten remerci!!
car si g la force ojourdui c peu etre un peu grace a toi

jte connai tré peu
mai assez pour te dire ke jtadore tro
franchement d fille ossi sincére,
on en trouve pas partout!!!!

extradonaire ca tu l’es
malgré nos différence
on c tré bien entendu!!

juste deu mot sorte de ma bouche:
JE T’ADORE


trouvé sur http://www.poeme-france.com/poeme_38562.html

Nivea Man a dit…

C'est le format portable ?

Quoiqu'il en soit, les carrelages de ma salle de bain cachent d'étranges trésors, comparables à ceux de cette fameuse malle poussièreuse.

Qui a lu "L'affaire de Cunégonde" ? Est-ce que lire Tom-tom et Nana a influencé votre vie ? Et sur le plan astral ?

Naga a dit…

ouah Litch' serieu commen sa fé tro plaizir ton pouème.

La prochaine fois je garderais mes pensées positives pour moi hein, vue la façon dont elles sont accueillies ^^

Litchee a dit…

c'était pour riiiiiiire.


...par opposition à "pour hurler, agitée de spasmes sur sa chaise". tu prends jamais les choses comme je les donne aussi ^^

Neobugs a dit…

Je trouve ça attendrissant :P
C'est toujours un plaisir de lire tes propos, sucrés ou acidulés ^^

Frantz Jouret a dit…

Chère litchee,

je suis très touché par ton témoignage à propos des J'aime Lire. Je pense comme toi qu'aucune mesure n'est nécessaire quand on exprime ce que le passé nous renvoie, et j'ai à mon tour été saisi de mille sensations à la lecture de tes souvenirs. Je suis tombé sur ton blog en cherchant sur Google à remettre la main sur "Wagonbulle", qui est sans doute l'un des livres les plus importants de toute ma vie. Je ne saurais dire (en tout cas, toi, tu le fais très bien) ce que je ressens quand je repense à mes J'aime Lire, que j'ai tous perdus, mais je me plais à croire que nous, lecteurs de ces ouvrages, formons une sorte de confrérie. Tant que l'un de ses habitants sera encore en vie, il importera peu à la mémoire de son peuple que l'Atlantide ait disparu.

Je te souhaite bonne lecture,

amicalement,

Frantz