mardi 8 mai 2007

Rêveries...

J'écoute des musiques enfouies, des musiques qui ont accompagné ma vie, pendant quelques jours, pendant quelques mois, pendant des années...



Love, bring,
Lo-o-o-o-o-o-ove,
Love bring my love back to me...

Je me souviens de celle que j'étais, de celles avec qui j'étais.

Dans le désert des mers gelées...

Cette amitié avec C., que je ne recherche plus, dont je ne veux plus, participe tout de même à cette nostalgie, et ç'en est là toute la beauté, il n'est pas question de revenir en arrière, le souvenir seul reste.
Des souvenirs de cerises en juin, de robes et de l'herbe du lycée... Des souvenirs de premières clopes que l'on recrachait en se moquant de nous-mêmes et de notre vanité...
Souvenirs d'alcool brûlant et de mer glacée, de crème solaire.
Souvenirs de récrés douces-amères, de rivalités mesquines, de larmes et de réconciliations, des histoires de garçons...
Des chansons fétiches chantées à tue-tête dans la rue avec l'insolence de notre âge. Des danses improvisées à deux devant le miroir, des maquillages outranciers, notre première nuit au Pink... De vraies petites allumeuses qu'on était, toutes apprêtées, pailletées, coiffées, glossées, léchées, et en string pour la première fois de notre vie... Des clubbeuses de quinze ans qui ne buvaient pas d'alcool...
Les cours séchés avec arrogance, pendant que les autres s'enfermaient entre quatre murs nos peaux buvaient le soleil, l'eau salée et les baisers...
Des douches à deux où on s'aspergeait d'eau froide en s'engueulant pour de faux.
Des fêtes aussi.
Des fêtes autorisées qui se terminaient à minuit et où la boisson la plus scandaleuse était le Panach' sans alcool; où les slows se terminaient en baisers et les baisers en dilemmes: comment s'essuyer la bouche sans que l'autre soit vexé? (Car ces baisers-là se devaient de comporter langue et salive en quantités honorables, c'étaient des baisers d'adulte, quoi!)
Des fêtes plus ou moins habilement soustraites à la surveillance des parents, ensuite. Punch, sangria, ménage le lendemain matin et parfois, pétards dans le jardin.

Je me revois prenant chaque matin le chemin du lycée dans la brume hivernale, l'incontournable sac Eastpak sur le dos. L'air glacial qui donne l'impression de respirer des centaines d'épingles...
Je me revois gribouillant mon mal-être sur des feuilles quadrillées, je revois mes cris du coeur. Toujours les mêmes préoccupations adolescentes, la construction de soi, le regard des autres, cette sensation de malaise permanent, de solitude. L'impression qu'à l'intérieur de soi on a toute une foule de choses compliquées qui se bousculent pour sortir mais qui n'y arrivent pas, et que personne ne comprend vraiment. La trahison de notre enveloppe corporelle qui ne semble pas refléter notre vrai 'moi'.
Pianotant des textos jusqu'à pas d'heure pour tenter de comprendre, pour se frotter aux autres, assouvir ce besoin perpétuel de communication.

J'aime regarder en arrière et boire les dernières gouttes du passé, lécher au fond du verre ce qui reste de vie et de lumière, les derniers grains sucrés des impressions d'hier.
C'est le blog de Claire, la petite soeur d'Hao, qui m'a tirée en arrière... :)

1 commentaire:

Djinn a dit…

Ahh...
Je vais te dire merci parce que...
Parce que merci, c'est tout ^^
J'espère encore vivre des milliers de moments comme ceux là, je n'en doute pas d'ailleurs
Trop émue >.<
Bisoux roses et sucrés dans ta face :p