samedi 25 octobre 2008

Tim's got it

Je viens de parcourir le début du livre du délicieux Tim Gunn.
Tim, qui enseigne le stylisme depuis plusieurs dizaines d'années, dit des choses toutes simples sur la personnalité et sur le style qui m'ont beaucoup intéressées.
Comme je me retrouvais à me poser de plus en plus de questions sur moi-même et la façon dont je m'habille au fil de ma lecture, j'ai décidé de mettre ces réflexions par écrit, et de les poster sur mon blog, parce que ce n'est pas drôle de ne m'adresser qu'à moi-même. Ceci dit, comme j'ai déjà fait un post dans le même genre, je vous autorise à ne pas lire celui-ci si vous pensez en savoir déjà largement assez sur ma fascinante vie fashion.

Tim parle de l'importance de trouver son identité et son style. Mmm...
Mon style est difficile à définir parce que je suis trop éclectique pour rester la même trop longtemps.
Ce qui est le plus facilement identifiable, c'est mon goût pour l'underground, le punk, et le provocant. Cela inclut des imprimés comme l'écossais, des couleurs comme le noir et le kaki, des matières comme le cuir, des inspirations rétro comme les pin-ups, des inspirations contemporaines comme Vivienne Westwood; les laçages, le métal... Mais également un certain goût pour la référence qui touche parfois au déguisement, comme par exemple le look écolière: minijupe et chaussettes hautes.
Au-delà de ce style que nous appellerons punk pour faire simple, j'ai aussi des influences plus casual et mainstream. J'aime le style à la fois classique et pointu du Comptoir des cotonniers: couleurs foncées et tissus de bonne qualité, bien coupés, chic et originaux.
J'aime les jeans dans toutes leurs incarnations: slim, larges, bootcut, clairs, foncés, bruts, délavés, déchirés ou impeccables.
Et j'aime les talons hauts!

Tim évoque également le rôle du physique dans la construction de son propre style, et surtout l'importance de se poser des questions de proportion: "...quelle proportion est-elle créée par l'ourlet de votre jupe par rapport à vos chaussures, par le décolleté de votre robe par rapport à votre cou et vos épaules?..."
Je suis satisfaite de ma silhouette, j'aime être grande et mince.
Mais comme tout le monde, je dois faire attention à ce qui pourrait provoquer des effets d'optique peu flatteurs. Mon buste est court par rapport à mes jambes, et je dois travailler à ne pas le raccourcir davantage. Ca peut paraître idiot dit comme ça, mais un t-shirt assez court sur une minijupe taille haute peut vite me donner l'air de porter un tutu. Les pulls et les t-shirts longs, au contraire, rendent ma silhouette plus harmonieuse. De plus, ils flattent aussi ma taille, peu marquée, et à laquelle ne profitent pas les vêtements coupés pour des femmes toutes en courbes.
Les femmes petites portent bien les longs manteaux ajustés, qui mettent en valeur leur corps souvent bien dessiné et les rendent aussitôt gracieuses. Pour ma part, ils ont tendance à durcir mon allure et à rendre ma silhouette monolithique et ennuyeuse. Par contre, les vestes ou trench-coats larges et évasés, qui écrasent les petits gabarits, font ressortir la minceur de mes bras et de mes jambes et me donnent une allure plus délicate, plus cohérente, donc plus élégante.

Evidemment, Tim parle aussi en termes de couleurs...
Comme je le disais précédemment, j'ai une prédilection pour le noir, le kaki, et les teintes neutres le plus souvent foncées comme l'anthracite. Après ces premières amours, peuvent venir les imprimés dont la variété de couleurs sera un peu plus large. Et bien sûr, l'écossais.
Je peux porter d'autres couleurs de temps en temps, mais souvent sous la forme d'une seule touche qui détonera volontairement avec le reste, ou alors de motifs de qualité que j'aimerai particulièrement. Je ne suis pas naturellement attirée par les vêtements très colorés, pas comme je le suis par les vêtements unis. Cela vient aussi du fait que mon style d'une manière générale aime la simplicité. Il est entièrement visible et décryptable en quelques secondes, contrairement par exemple au style d'Hao, qui est basé sur la profusion de couleurs et de formes diverses, les bijoux, les motifs complexes. Je n'établis pas une hiérarchie entre ces deux esthétiques, loin de là... Ce goût pour la simplicité dans mon habillement touche vraiment à ma "personnalité vestimentaire" la plus basique, la façon dont je me représente: c'est comme ça, pas autrement... pour moi. Je peux adorer autre chose chez les autres, mais pas chez moi.

Enfin, pour finir ces pérégrinations mentales dans le placard de Litchee, je veux parler de ce que Tim appelle nos "uniformes". Nous aimons tous les uniformes, pas dans le sens où nous ne voulons pas être originaux, mais dans le sens où nous avons, pour la majorité d'entre nous, des "classiques" personnels, que nous connaissons par coeur, dont nous savons l'effet qu'il produit sur nous, et qui nous permet de travailler de façon sereine sur le reste de notre apparence. Ces "uniformes" peuvent être des vêtements seuls, mais aussi des looks complets, que nous aimons et auxquels nous tenons.
Personnellement, je suis par exemple accro aux minijupes et aux grosses bottes. Les deux ensemble, le plus souvent. Ca marche pour moi: ça marche avec mon physique, avec mon style, ça va avec presque tout ce que j'ai dans mon placard. J'y ajoute seulement un t-shirt au printemps; ces derniers temps, pour avoir bien chaud, je les porte avec un pull, un blouson en cuir, des leggings, des chaussettes hautes et une casquette.
Pas de raison de changer ça, dit Tim, et j'acquiesce. Quand on aime, il faut garder, chérir, et cultiver. Ca n'empêche pas de maintenir une certaine pertinence vis-à-vis de l'air du temps, et de se renouveler par ailleurs.

En tout cas, j'achèterai sans doute le bouquin du vieux Timmy. Cet homme est une perle.

lundi 20 octobre 2008

Le Mariage de Figaro

Je suis allée voir Le Mariage de Figaro (via le Fanal).
D'abord il faut savoir à quel point je suis ultrafan de cette pièce qui m'a accrochée dès que je l'ai découverte, en classe de seconde. Elle a un pouvoir comique tout simplement incroyable, et Beaumarchais m'en a convaincue en quelques vers. Je me refuse à le comparer à Molière au détriment de ce dernier, gardons leur chacun leur intérêt et leur domaine, mais je dois avouer que jamais Molière, que je sois lectrice ou spectatrice, ne m'a fait rire comme Beaumarchais avec cette pièce grivoise, élégante et irrévérencieuse.

C'est l'histoire d'un mariage (sans blague?): celui de Figaro, le valet du comte Almaviva, avec Suzanne, la camériste de la comtesse. Le Barbier de Séville racontait comment le rusé Figaro permettait au comte d'épouser sa belle Rosine; aujourd'hui, dans cette suite, il entend bien convoler lui aussi en justes noces. Malheureusement, le comte a fini par se lasser de la noble comtesse, et il aimerait à présent profiter avec Suzanne d'un "certain droit du seigneur" qu'il avait aboli quelques années auparavant en se mariant...
Sur cette trame de fond vont s'entrelacer les intrigues, les quiproquos, les stratagèmes, entre le couple Figaro-Suzanne, amoureux, espiègle et habile, et le couple comte-comtesse, enfermés dans la sphère de la noblesse où les désirs rageurs combattent les règles de la bienséance, la dictature des apparences et le concept usé de l'amour parfait.

La création de l'autre soir, donc.
Je ne suis pas particulièrement puriste. Hmm, bon, ok, il m'arrive de ne pas être tendre avec les adaptations, surtout du livre à l'écran. Mais je crois qu'il y a vraiment une dichotomie entre les adaptations qui prennent des libertés, coupant, rajoutant, déplaçant et finalement dénaturant le texte, et celles qui le respectent jusque dans les modifications qu'elles effectuent.
Cette création était de celles-là. Respect du texte bien sûr - manquerait plus que ça - mais la mise en scène parvenait à s'exprimer, et au final c'était une représentation très personnelle. Ils n'ont pas hésité à utiliser les ressources comiques et dramatiques coutumières de l'époque: faire jouer l'adolescent Chérubin par une femme et la duègne Marceline par un homme; ajouter ça et là une gestuelle ou des jeux de mots (à travers le bégaiement d'un personnage); jouer de la musique et chanter (les chansons écrites par Beaumarchais, bien sûr), etc.
Evidemment, toute la salle était pliée en deux la moitié du temps, y compris les lycéens que leurs profs avaient traînés un vendredi soir voir une pièce pour vieux. Certaines répliques qui, écrites, font simplement sourire peuvent, jouées, faire hurler de rire.

En tout cas je ne regrette pas d'avoir enfin vu cette pièce "en vrai"... Ca ne me donne que plus envie encore de voir d'autres pièces, et surtout des pièces comiques du 17ème et du 18ème siècle. C'est ma came :)