lundi 20 octobre 2008

Le Mariage de Figaro

Je suis allée voir Le Mariage de Figaro (via le Fanal).
D'abord il faut savoir à quel point je suis ultrafan de cette pièce qui m'a accrochée dès que je l'ai découverte, en classe de seconde. Elle a un pouvoir comique tout simplement incroyable, et Beaumarchais m'en a convaincue en quelques vers. Je me refuse à le comparer à Molière au détriment de ce dernier, gardons leur chacun leur intérêt et leur domaine, mais je dois avouer que jamais Molière, que je sois lectrice ou spectatrice, ne m'a fait rire comme Beaumarchais avec cette pièce grivoise, élégante et irrévérencieuse.

C'est l'histoire d'un mariage (sans blague?): celui de Figaro, le valet du comte Almaviva, avec Suzanne, la camériste de la comtesse. Le Barbier de Séville racontait comment le rusé Figaro permettait au comte d'épouser sa belle Rosine; aujourd'hui, dans cette suite, il entend bien convoler lui aussi en justes noces. Malheureusement, le comte a fini par se lasser de la noble comtesse, et il aimerait à présent profiter avec Suzanne d'un "certain droit du seigneur" qu'il avait aboli quelques années auparavant en se mariant...
Sur cette trame de fond vont s'entrelacer les intrigues, les quiproquos, les stratagèmes, entre le couple Figaro-Suzanne, amoureux, espiègle et habile, et le couple comte-comtesse, enfermés dans la sphère de la noblesse où les désirs rageurs combattent les règles de la bienséance, la dictature des apparences et le concept usé de l'amour parfait.

La création de l'autre soir, donc.
Je ne suis pas particulièrement puriste. Hmm, bon, ok, il m'arrive de ne pas être tendre avec les adaptations, surtout du livre à l'écran. Mais je crois qu'il y a vraiment une dichotomie entre les adaptations qui prennent des libertés, coupant, rajoutant, déplaçant et finalement dénaturant le texte, et celles qui le respectent jusque dans les modifications qu'elles effectuent.
Cette création était de celles-là. Respect du texte bien sûr - manquerait plus que ça - mais la mise en scène parvenait à s'exprimer, et au final c'était une représentation très personnelle. Ils n'ont pas hésité à utiliser les ressources comiques et dramatiques coutumières de l'époque: faire jouer l'adolescent Chérubin par une femme et la duègne Marceline par un homme; ajouter ça et là une gestuelle ou des jeux de mots (à travers le bégaiement d'un personnage); jouer de la musique et chanter (les chansons écrites par Beaumarchais, bien sûr), etc.
Evidemment, toute la salle était pliée en deux la moitié du temps, y compris les lycéens que leurs profs avaient traînés un vendredi soir voir une pièce pour vieux. Certaines répliques qui, écrites, font simplement sourire peuvent, jouées, faire hurler de rire.

En tout cas je ne regrette pas d'avoir enfin vu cette pièce "en vrai"... Ca ne me donne que plus envie encore de voir d'autres pièces, et surtout des pièces comiques du 17ème et du 18ème siècle. C'est ma came :)

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Si je puis me permettre, ce n'est certainement pas la pièce, ni Beaumarchais qui t'as fait rire, mais plutôt la mise en scène.

Litchee a dit…

Ca me semble peu probable: comme je disais, c'est la première fois que je la voyais jouée, mais le texte me fait rire depuis des années...