lundi 24 novembre 2008

shoes*shoes*shoes

Ah, les chaussures...
Rares sont les filles qui ne connaissent pas ce frisson de la colonne vertébrale, cette envie de ronronner et de hurler de joie, bref cette allégresse et cette excitation qui n'accompagnent que la découverte d'une adorable paire de chaussures.
Je ne sais pas pourquoi spécialement les chaussures. Sans doute parce que sous le nom chaussures se cache une infinité de possibilités, qui va de la mary-jane à la low-boot, du talon plat au 12 cm, de la botte à l'escarpin et qui passe par toutes les couleurs de l'arc-en-ciel.
Je sais que pour moi, ça a aussi à voir avec le fait de marcher.
Lorsque je sors de chez moi le matin dans ma belle paire de chaussures, le monde m'appartient. Je ne pense qu'à mes pieds. A chaque fois que j'en lève un et à chaque fois que je le pose par terre, je pense à la beauté de mes chaussures et je jubile.
Après tout, la chaussure est sans doute l'accessoire le plus important qui soit. Déjà parce qu'on en porte tout le temps, ou presque. Et ensuite parce qu'elles donnent tout son sens à un look. Vous avez déjà vu Audrey Hepburn en baskets?

La question qui se pose à moi, cependant, et motivée par des impératifs aussi bien éthiques que budgétaires, est: pourquoi autant de chaussures?
Pourquoi ne puis-je pas me contenter des chaussures que j'ai, et toujours vouloir en acheter des nouvelles?

Je pense qu'il y a une partie de moi qui achètera toujours des chaussures, pas forcément en quantités astronomiques, mais régulièrement tout de même, tout simplement parce que j'aime ça.
Mais il y a aussi une partie de moi qui doit se raisonner.
Acheter des chaussures est une façon de se déresponsabiliser, d'abord. De jeter son tablier, de se prendre pour une diva. Je n'ai pas besoin de réfléchir, je m'achète des chaussures, je me noie dans le plaisir et je n'ai pas à penser à mes problèmes.
Mais c'est aussi s'acheter une nouvelle personnalité. Je ne plaisante pas quand je dis que des chaussures définissent un look -  c'est facile de changer de peau en s'habillant les pieds. Je suis féminine, escarpins, je suis rebelle, bottes à boucle, je suis hippie, sandales. A la longue, ça peut donner l'impression d'un réel pouvoir. Pour se renouveler, on aurait alors besoin de nouvelles chaussures. L'argent change de mains et on sort de là purifiée, débarrassée des mauvaises ondes, prête à repartir du bon pied dans la bonne direction.
C'est un peu vrai, je pense que l'apparence que l'on se donne peut changer l'image que l'on a de soi. Mais le processus est plus subtil que ça.

J'ai besoin de trouver l'équilibre.
J'aime les chaussures, c'est vrai, mais je n'ai pas envie de plonger dans la névrose. Je n'ai pas envie de devenir une fashionista endettée et oversapée, mal dans sa peau sur des talons trop hauts, jamais rassasiée. Je me suis rendue compte en prenant de l'âge - ;) - que s'habiller (et se chausser) au-dessus de ses moyens n'était pas glamour à mes yeux. Déjà j'avais du mal à me regarder en face lorsque je le faisais à seize ans, je n'ai pas l'intention de continuer fièrement sur la même voie à vingt-et-un... Et plus, comme certaines blogueuses célèbres que je ne citerai pas et qui ont fait de cette frénésie de consommation leur fonds de commerce (et vlan).
Sans rire, c'est vraiment quelque chose que je réalise petit à petit ces temps-ci. Que certaines personnes dont j'ai admiré les dressings fabuleux ne sont en réalité que ça. Des dressings fabuleux, énormes, emplis à ras bord d'une quête de personnalité qui n'est pas près de se terminer.
J'ai envie de trouver ma personnalité et mon style. Vraiment. Pas me mettre tous les deux jours en quête de la paire qui changera ma vie (ou le tregging qui me transformera en bonnasse, ou l'écharpe cagoule qui doublera mon QI).

La mode est toujours une de mes meilleures copines, ceci dit. Je vais juste essayer de ne lui prêter du fric que quand je serai sûre qu'elle me le rendra.

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