mercredi 24 décembre 2008

Mercredi, c'est Maxime!

120 - L'on fait plus souvent des trahisons par faiblesse que par un dessein formé de trahir.

56 - Très bon réveillon à tous! (apocryphe)

François de la Rochefoucauld,
Maximes

jeudi 18 décembre 2008

Bien

J'ai rangé, un peu nettoyé, préparé mes bagages pour rentrer passer les fêtes à Saint-Nazaire.
Tous mes cadeaux sont prêts.

Je joue à Plant Tycoon, j'écoute cette jolie musique paisible et je regarde des bouts de Firefly pendant que mes plantes poussent.

Quel plaisir... Quelle sérénité...
Je suis bien.

C'est peu, mais c'est déjà beaucoup.

mercredi 17 décembre 2008

Mercredi, c'est Maxime!

150 - Le désir de mériter les louanges qu'on nous donne fortifie notre vertu; et celles que l'on donne à l'esprit, à la valeur, et à la beauté contribuent à les augmenter.

François de la Rochefoucauld,
Maximes

mercredi 10 décembre 2008

Mercredi, c'est Maxime!

39 - L'intérêt parle toutes sortes de langues, et joue toutes sortes de personnages, même celui de désintéressé.

François de la Rochefoucauld,
Maximes

Accepted

Je viens de voir le film "Accepted".

Vous pouvez l'avouer: vous n'en avez jamais entendu parler. Le titre français ne vous dira rien non plus - tout au plus confirmera t-il l'immortelle indigence des traductions de titre de films dans l'Hexagone: avec "Admis à tout prix", ils ont fait très fort.

Eh bien, moi non plus, je n'en avais pas entendu parler. Si je l'ai vu, ce n'est que pour une raison... non, en fait, plusieurs.

C'était en partie pour ça...


Mais également un peu pour ça...


Et aussi un peu pour ça, peut-être (mais un tout petit peu)


Enfin voilà, damned, je suis démasquée, c'était uniquement et totalement pour Blake Lively que je regardais ce film.

Eh bin c'était une bonne surprise. J'irai même plus loin: une bien belle surprise.

Alors attention hein, c'est tout de même une énième comédie adolescente américaine, hyper "formulaic" (comme on dit dans le milieu), bourrée de clichés, avec quelques blagues en trop, pas toujours de bon goût.
Mais que voulez-vous? J'ai trouvé ça hyper mignon.

L'histoire: Bartleby (Justin Long, le "Mac" des pubs Apple) se rend compte au lendemain de la graduation qu'il n'a aucun avenir. Du moins, pas tel que son entourage le conçoit: il n'a été accepté dans aucune université. Même la fac publique à deux sous ne veut pas de lui. Désespéré, il en arrive à imprimer un faux courrier à en-tête le félicitant de son entrée prochaine à la très fictive South Harmon Institute of Technology (...oui, la S.H.I.T., donc), juste pour rassurer ses parents un moment. Mais ce mensonge va évidemment l'entraîner bien plus loin que prévu.

J'ai pas pu m'empêcher d'accrocher à l'ambiance générale complètement barje, aux personnages adorables (du gros geek frisotté au rockeur ringard, du vieux réac vulgaire et charismatique - personnage ultra pompé sur mon bien-aimé George Carlin, by the way - à l'aspirant télékinésiste), d'apprécier qu'on se moque un peu du système universitaire américain (sérieux, pour ce que j'en ai vu, ça me ferait presque aimer le nôtre), d'admirer encore une fois la fraîcheur et le naturel de Blake L., ...et même d'adhérer un peu au message.

Parler d'adhérer au message de ce genre de film, c'est un peu comme parler de savourer la complexité des saveurs d'une pizza Domino's: un paradoxe. Mais je me reconnais tout de même en partie dans le tableau, l'atmosphère et les idéaux d'Accepted - j'évite de spoiler, tant qu'à faire, ça vous gardera un peu de sustemse. D'ailleurs, pour ceux de ma connaissance qui voudraient voir ce film avec moi, j'ai téléchargé des sous-titres en français ;)

Ce n'est pas parce qu'un message est un cliché qu'il est forcément faux...

mercredi 3 décembre 2008

Mercredi, c'est Maxime!

11 - Les passions en engendrent souvent qui leur sont contraires. L'avarice produit quelquefois la prodigalité, et la prodigalité l'avarice; on est souvent ferme par faiblesse, et audacieux par timidité.

François de la Rochefoucauld,
Maximes

mardi 2 décembre 2008

Literary Bitch

J'ai une jeune prof cette année. Oh, pas jeune-fraîchement-sortie-des-concours non plus, mais je pense qu'elle n'enseigne que depuis quelques années.

Je l'appelle Literary Bitch.

Le TD qu'elle nous dispense n'a pas de thème précis, il est simplement destiné à approfondir nos connaissances littéraires en général. J'aimais bien cet idée, d'ailleurs le CM assorti est passionnant.
Mais ce TD... Aah, ce TD...

Je trouve ironique que quelqu'un qui est censé nous aider à améliorer notre appréhension générale de la littérature dépense tant d'énergie à nous faire sentir à quel point nous sommes dramatiquement incultes dans ce domaine.

Voilà en gros le plan du cours:
Un infortuné petit agneau présente sur l'autel du sacrifice un exposé oral sur un texte choisi par elle.
Pendant que l'intéressé s'efforce de dissimuler ses mains qui tremblent en énonçant son plan, Literary Bitch regarde en l'air et joue avec son stylo.

Tout l'oral se déroulera comme ça, l'étudiant souvent incertain - tout le monde n'aime pas s'exprimer en public - et LB qui se repousse les cuticules en attendant que ça passe, l'air de Gary Kasparov à un cours d'initiation aux échecs.

Et puis, quand c'est fini, elle lâche deux mots d'appréciation - en général concernant une parenthèse accessoire ou un rappel historique de la troisième partie du grand deux - et effectue sa reprise.
Un festival de grands mots savants qui font bien dans les concours, genre herméneutique ou ataraxie.

Ce qui est incroyable c'est l'arrogance avec laquelle elle s'exprime. Il n'y a rien de pédagogique dans son cours, elle ne semble être là que pour tourner nos efforts en dérision.

J'adore la fac, mais Literary Bitch concentre tous les défauts que j'essaie de ne pas attraper en y étant. On est tenté de faire des raccourcis, de suivre le mouvement, de substituer ce que l'on entend à ce que l'on pense, ce qui fait bien sur une copie à ce qui est logique et clair, de prétendre qu'on comprend alors qu'on ne comprend pas, qu'on est un esprit libre alors qu'on suit les pointillés.
En fait, cette attitude, je crois, participe de l'idée qu'il existe une vérité absolue sur la littérature, la bonne vérité de l'université et des ouvrages universitaires. Et le but des études en lettres, c'est de dénicher et de répéter cette vérité divine, pour ensuite recevoir une petite tape sur la tête et une médaille en chocolat.

Mon but à moi, ce n'est pas ça. J'aime la fac et ce qui s'y dit, mais ça ne veut pas dire que je peux tout engranger aveuglément. J'ai envie de comprendre, de critiquer, de connecter.
Et puis bon... encore une fois, j'adore ça hein, comprenons-nous bien... mais ceux qui s'indignent quand on traite les études littéraires de masturbation intellectuelle me font un peu rire...

Ceci étant dit, je vous laisse: j'ai rendez-vous avez Literary Bitch.

lundi 1 décembre 2008

Life

Je lis un blog que j'aime bien, elle parle des décès d'élèves, des décès de profs, du lycée qui est triste, de combien elle voudrait tous les protéger.
Ca me fait du bien.
Ca me rassure de voir que les gens réagissent, que les gens sont tristes et le disent, que les gens ressentent ce que je ressens, parfois.

J'aime bien aussi lire qu'on a le droit d'être ému même si "c'est pas le pire". Même quand on sait les guerres, les accidents et les maladies qui font rage dans le monde, on a le droit d'être triste pour une personne toute seule, on a le droit d'être humain, et tant pis pour les statistiques.

Ce qui me rassure aussi c'est les gens qui disent "Elle s'appelait Stéphanie, elle était dans ma classe en cinquième, je ne l'ai jamais oubliée."
Les gens qui se souviennent.

Moi je me souviens de ma petite Margaux, de l'éclat de sa peau noire, de ses cheveux soyeux.
Je me souviens de Loïc et je pense à sa femme, à son fils et surtout à sa petite fille qui aimait tant mon papa, sûrement en partie parce qu'il lui rappelait le sien. C'est idiot mais je me sens triste pour elle que mon papa soit parti aussi, pauvre bichette.
Et je me souviens de lui aussi, bien sûr.
J'aimerais bien qu'il soit encore là, mon papa.
Entendre sa démarche traînante dans le couloir le matin et le voir ébouriffé sortir ses tartines du grille-pain.
Lui parler du dernier album de McCartney et lui demander ce qui lui ferait plaisir pour son anniversaire qui arrive.

De temps en temps, j'écoute des morceaux de son groupe de musique, qui m'ont accompagnée toute ma vie, qui sont gravés pour toujours dans ma mémoire et accompagnés de souvenirs multicolores de concerts, de festivals, de marchés,de tournées. Je suis submergée par la nostalgie, pas la nostalgie ordinaire, douce-amère, mais une nostalgie violente qui proteste contre le manque, qui donnerait n'importe quoi pour revenir en arrière, pour retrouver ce qui n'est plus. Ces moments merveilleux, miraculeux, bénis. Peut-être en profiter mieux. Si possible, ne jamais en repartir.