lundi 1 décembre 2008

Life

Je lis un blog que j'aime bien, elle parle des décès d'élèves, des décès de profs, du lycée qui est triste, de combien elle voudrait tous les protéger.
Ca me fait du bien.
Ca me rassure de voir que les gens réagissent, que les gens sont tristes et le disent, que les gens ressentent ce que je ressens, parfois.

J'aime bien aussi lire qu'on a le droit d'être ému même si "c'est pas le pire". Même quand on sait les guerres, les accidents et les maladies qui font rage dans le monde, on a le droit d'être triste pour une personne toute seule, on a le droit d'être humain, et tant pis pour les statistiques.

Ce qui me rassure aussi c'est les gens qui disent "Elle s'appelait Stéphanie, elle était dans ma classe en cinquième, je ne l'ai jamais oubliée."
Les gens qui se souviennent.

Moi je me souviens de ma petite Margaux, de l'éclat de sa peau noire, de ses cheveux soyeux.
Je me souviens de Loïc et je pense à sa femme, à son fils et surtout à sa petite fille qui aimait tant mon papa, sûrement en partie parce qu'il lui rappelait le sien. C'est idiot mais je me sens triste pour elle que mon papa soit parti aussi, pauvre bichette.
Et je me souviens de lui aussi, bien sûr.
J'aimerais bien qu'il soit encore là, mon papa.
Entendre sa démarche traînante dans le couloir le matin et le voir ébouriffé sortir ses tartines du grille-pain.
Lui parler du dernier album de McCartney et lui demander ce qui lui ferait plaisir pour son anniversaire qui arrive.

De temps en temps, j'écoute des morceaux de son groupe de musique, qui m'ont accompagnée toute ma vie, qui sont gravés pour toujours dans ma mémoire et accompagnés de souvenirs multicolores de concerts, de festivals, de marchés,de tournées. Je suis submergée par la nostalgie, pas la nostalgie ordinaire, douce-amère, mais une nostalgie violente qui proteste contre le manque, qui donnerait n'importe quoi pour revenir en arrière, pour retrouver ce qui n'est plus. Ces moments merveilleux, miraculeux, bénis. Peut-être en profiter mieux. Si possible, ne jamais en repartir.

Aucun commentaire: