mercredi 21 octobre 2009

Can't hold us down




So what am I not supposed to have an opinion
Should I be quiet just because I'm a woman
Call me a bitch cos I speak what's on my mind
Guess it's easier for you to swallow if I sat and smiled

When a female fires back
Suddenly big talker don't know how to act
So he does what any little boy will do
Making up a few false rumors or two

That for sure is not a man to me
Slanderin' names for popularity
It's sad you only get your fame through controversy
But now it's time for me to come and give you more to say

This is for my girls all around the world
Who've come across a man who don't respect your worth
Thinking all women should be seen, not heard
So what do we do girls?
Shout louder !
Letting them know we're gonna stand our ground
Lift your hands high and wave them proud
Take a deep breath and say it loud
Never can, never will, can't hold us down

Nobody can hold us down
Nobody can hold us down
Nobody can hold us down
Never can, never will

So what am I not supposed to say what I'm saying
Are you offended by the message I'm bringing
Call me whatever cos your words don't mean a thing
Guess you ain't even a man enough to handle what I sing

If you look back in history
It's a common double standard of society
The guy gets all the glory the more he can score
While the girl can do the same and yet you call her a whore

I don't understand why it's okay
The guy can get away with it & the girl gets named
All my ladies come together and make a change
Start a new beginning for us everybody sing

This is for my girls all around the world
Who've come across a man who don't respect your worth
Thinking all women should be seen, not heard
What do we do girls?
Shout out loud!
Letting them know we're gonna stand our ground
Lift your hands high and wave 'em proud
Take a deep breath and say it loud
Never can, never will, can't hold us down

[Lil' Kim:]
Check it - Here's something I just can't understand
If the guy have three girls then he's the man
He can either give us some head, sex her raw
If the girl do the same, then she's a whore
But the table's about to turn
I'll bet my fame on it
Cats take my ideas and put their name on it
It's aiight though, you can't hold me down
I got to keep on movin'
To all my girls with a man who be tryin to mack
Do it right back to him and let that be that
You need to let him know that his game is whack
And Lil' Kim and Christina Aguilera got your back

But you're just a little boy
Think you're so cute, so coy
You must talk so big
To make up for smaller things
So you're just a little boy
All you'll do is annoy
You must talk so big
To make up for smaller things

This is for my girls...
This is for my girls all around the world
Who've come across a man who don't respect your worth
Thinking all women should be seen, not heard
So what do we do girls?
Should louder !
Letting them know we're gonna stand our ground
Lift your hands high and wave 'em proud
Take a deep breath and say it loud
Never can, never will, can't hold us down

dimanche 13 septembre 2009

More fangirlism




Ca fait longtemps que je voulais faire une petite compilation de "Favourite Dolly Quotes"...

Q : Dolly, how long does it take to do your hair ?
A : i don't know, I'm never there !

I wanted to be the first woman to burn her bra, but it would have taken the fire department four days to put it out.

I'm not offended by all the dumb blonde jokes because I know that I'm not dumb... and I also know that I'm not blonde.

The way I see it, if you want the rainbow, you gotta put up with the rain.

It costs a lot of money to look this cheap !

I'll never harden my heart, but I've toughened the muscles around it.

I have little feet because nothing grows in the shade.

(On her famous bosom) People are always asking me if they're mine. Yes, they are... all bought and paid for.

I look just like the girls next door... if you happen to live next door to an amusement park.

If you don't like the road you're walking on, start paving another one.

samedi 12 septembre 2009

Dolly Parton & Chet Atkins - Longer Than Always

vendredi 11 septembre 2009

"If I loved you less, I might be able to talk about it more"



C'est une vérité universellement reconnue que les romans de Jane Austen ne racontent des histoires d'amour que parce qu'elles leur permettent d'aborder d'autres thèmes plus graves, et de faire la démonstration de l'immense talent narratif de leur auteur. Aussi, il est mal vu de s'en émouvoir au détriment du reste.
Et pourtant... qu'elles sont belles, ces histoires d'amour qui se finissent toujours par un mariage, et dont on moque parfois la pruderie et le caractère systématique.
Elles sont belles parce qu'elles sont l'exact opposé des histoires romantiques. Sans insulte aucune au génie de Shakespeare, elles sont l'exact opposé de son Roméo et de sa Juliette, amoureux au premier regard, amoureux sans se connaître, sans se parler, sans se voir.
Les personnages de Jane Austen sont amis bien avant d'être davantage. Ils s'étudient, s'opposent, se confient, ils se trompent en croyant aimer ailleurs et font l'analyse détaillée de chacun des mouvements de leur coeur et de leur esprit. Quoi de moins romantique que cet inventaire ?
Or c'est cela qui moi, m'émeut au plus haut point. C'est que ces personnages s'aiment pour de vraies raisons. Ils s'aiment non pas parce que leurs cheveux sont faits de lumière ou leurs yeux de saphir, mais parce qu'ils sont droits, honorables, intelligents, honnêtes.
Peut-être le plus beau couple est-il celui d'Emma et de M. Knightley. Plutôt qu'un prince charmant, un vieil ami aimant mais sincère dans ses critiques; plutôt qu'une belle princesse, une jeune femme à l'esprit fertile, vif, courageux et humble. L'amour naît non pas de l'aventure, mais du quotidien. Cela pourrait être d'un ennui sans nom. Ce n'est pas le cas. C'est passionnant.
Ces romans sont un miracle pour moi car ils montrent que la beauté et l'amour n'ont pas besoin de l'esbroufe pour exister.

vendredi 4 septembre 2009

A Room of One's Own

Le son de la pluie me fait toujours autant d'effet.

Au milieu du grondement des voitures qui glissent sur le bitume brillant, je suis dans un cocon rose, lit flottant au premier étage, fenêtre ouverte sur la rue.
Parfois je me sens si bien dans mon nid que j'ai l'impression de vivre les fantasmes d'indépendance de mes quinze ans.
Une chambre à soi, comme Virginia Woolf.

Plic. Plac.

J'entends des cris indistincts et des bribes de conversation.

La ville à deux heures du matin est comme une forêt dans laquelle chaque bruit contribue à créer l'atmosphère.

Enfant, je n'ai pas dormi bercée par les vrombissements de la route. Je pense que c'est pour cela qu'aujourd'hui, ces sons me font autant rêver.
Comme une harmonie avec la ville et le monde, comme vivre par procuration les vies de ces voyageurs nocturnes.
Que font-ils ? Où vont-ils ?

Mes rideaux me protègent du dehors mais ma fenêtre est toujours entrouverte.

J'ai toujours aimé la nuit.
Cet éclat particulier qu'ont les fenêtres allumées au crépuscule.
La nuit est comme une page vierge, sans but ni obligations.

Ecrivant sur mon lit blanc, dans la chambre rose, dans la nuit bleue, rideaux qui se balancent au vent et lampe de chevet allumée.
Que c'est bon d'être libre et en vie.

jeudi 20 août 2009

Tout ne se vaut pas

Cela fait un moment que la polémique sur le rappeur Orelsan et sa chanson "Sale Pute" est retombée comme un très vulgaire soufflé. Pour ceux qui reviennent d'un séjour de huit mois sur Neptune, on en trouve ici un résumé sommaire.
Les coeurs les mieux accrochés peuvent s'infliger le visionnage du fameux clip, je décline toute responsabilité quant aux possibles conséquences sur la santé (graves séquelles auditives, nausées, vomissements, céphalées, etc.).
On en pensera ce qu'on voudra, bien sûr. Pour ma part, j'ai mon opinion depuis longtemps : artistiquement faible, vulgaire, insultant, et terriblement révélateur. Derrière une vindicte personnelle (contre une femme adultère) fleurissent les allusions plus larges : je pensais que tu étais différente, mais au fond vous êtes toutes les mêmes. Ce que vous faites, ce que vous êtes est ignoble : voilà ce que vous méritez.
Je suis trop paresseuse pour recenser tous les extraits d'autres chansons du même auteur qui confirment ce courageux engagement, mais si vous me faites confiance, croyez bien ceci : c'est une passion récurrente.

Loin donc du vacarme des canons et de la poussière des tranchées, aujourd'hui, je suis allée benoîtement faire mon tour bisannuel sur le blog de Maître Eolas, l'avocat le plus célèbre du net français.

Et qu'y trouvé-je ? Un article des plus complets sur le sujet, qui nous explique que tous ces Tartuffes - féministes, politiques, artistes et simples quidams confondus - ne cherchaient qu'à étouffer le cri d'amour d'un pauvre agneau de Normandie qui ne fait que de l'art. Au même titre que Shakespeare (Othello, fou de jalousie, poignardant Desdémone), Rimbaud, Vian, Brassens (ah-ah-ah-ah putain de toi...) ou Baudelaire.

Je ne vais même pas me lancer dans le débat évident du "deux poids deux mesures" de la législation et du comportement des médias, qu'il s'agisse d'une minorité (ethnique, religieuse, etc.) ou de la gent féminine.
Les femmes, on peut leur casser du dos sur le sucre à l'envi : tout le monde s'en fout (d'autant qu'elles sont habituées). Soit. Etant moi-même opposée aux lois anti-discriminatoires portant atteinte à la liberté d'expression, je n'ai pas l'intention de changer d'avis pour cette affaire.

Par contre, ce qui tend à me titiller, c'est qu'Eolas (et bon nombre d'autres intervenants de l'affaire Orelsan) ne s'arrête pas à la constatation de la légalité de la chanson (et des autres dont on ne parle pas).
Il ajoute que nous - autrement dit, faut-il le rappeler, les contribuables qui versons tous les mois un pourcentage de notre salaire afin de payer à Orelsan sa bouteille d'Evian et sa petite serviette éponge sur la scène des Francofolies - ne pouvons même donner notre avis sur sa présence audites Francofolies sans être qualifiés d'infâmes censeurs.

Car, et c'est là que j'en viens au fait après une longue introduction, nous n'avons pas le droit d'établir une hiérarchie dans l'art.
L'art est liberté, et en art, tout se vaut.
Par conséquent, nous sommes tenus d'acquiescer lorsqu'un "artiste" misogyne vient nous demander son quart d'heure de gloire, nous sommes tenus d'applaudir lorsqu'il vient parler à la télévision, et - ah ? On me signale aussi dans l'oreillette que nous sommes tenus d'acheter son album, car tout se vaut, n'est-ce pas, et nous ne voudrions pas passer aux yeux de nos concitoyens pour de méchants discriminateurs.

Ah, ah ! Nous voilà bien attrapés, car en effet, qui sommes-nous pour juger ?
Et la foule de se retirer, honteuse. Pardon, monsieur Orelsan, pardon.

Mais non. Non, toutes mes excuses, je ne suis pas d'accord.

Tout. Ne. Se. Vaut. Pas.

Orelsan ne vaut pas Othello. NTM ne vaut pas Boris Vian ou Rimbaud.
Je me fiche bien de ce que la bien-pensance dicte au public d'aujourd'hui.
Le talent existe. L'art existe. Ce n'est pas qu'une vue de l'esprit.

Et si jamais - jamais, dans toute la polémique le concernant - il n'a été question de condamner Orelsan ou de l'empêcher par une décision de justice de se produire en concert, c'est par contre le simple bon sens qui nous fait dire : je n'ai pas envie de le voir, je n'ai pas envie que mes impôts empruntent le petit sentier que je vois serpenter jusqu'à la poche de son jean trop large.
Nous aussi, nous avons une liberté d'expression et nous avons le droit de dire, sans devenir aussitôt des bêtes immondes, des nouveaux Goebbels, que nous n'aimons pas Orelsan, que nous n'aimons pas cette chanson, que nous n'aimons pas cette philosophie.

Et puis d'ailleurs, j'y pense soudain, ces artistes qui se valent tous, comment sont-ils choisis, au départ, pour figurer sur les brochures des festivals ? Sont-ils tirés au sort parmi les 65 millions de Français, comme le dicterait la logique ? (Notez que ce serait drôle.)
Non, ces artistes sont choisis par des gens qui en écartent d'autres pour les distinguer, eux. Autrement dit, qui pratiquent la discrimination.
Autrement dit encore,
si nous suivons cette politique du laisser-faire,
si nous refusons de donner notre avis,
nous ne choisirons rien,
et d'autres choisirons pour nous.

Voilà une belle proposition d'avenir.

Merci, Maître Eolas !

mardi 18 août 2009

Je ne suis pas qu'un corps

Il est devenu banal pour une femme de dire qu'elle refuse de n'être qu'un corps.

Pourtant, son combat n'est pas fini.

Les pires, bien sûr, ce sont ceux qui violent. Ceux qui passent à l'acte, physiquement, qui s'invitent, qui déchirent et qui profanent.

Mais plus insidieux sont ceux qui revendiquent sous des airs de flatterie une philosophie de la femme sous l'homme, du bel animal sensuel qui ne sait pas ce qu'il lui faut.

Au fond, oui, pour ces gens-là, nous sommes des animaux. Des êtres poétiques pleins d'intuition et dotés d'un supplément d'âme, dont chaque mouvement est un mythe, et chaque battement de cils, une supernova.
L'homme réfléchit, la femme ressent. La femme fascine, l'homme observe.
Enfermées dans des cages, nous sommes de passionnants objets d'étude pour ces anthropologues du dimanche dont le petit bloc-notes est couvert de superlatifs élogieux et humiliants.

Vous rendez-vous seulement compte de ce que vous dites ?
Vous rendez-vous compte que vous nous cantonnez à un rôle de faire-valoir, que vous nous méprisez en vous pensant plus aptes que nous-mêmes à nous comprendre et à nous qualifier ?
Nous avons lu, comme vous. Nous avons vu, comme vous. Nous avons compris, comme vous.
Nous sommes capables de passer au-delà du ressenti, comme vous, comme la plupart des êtres conscients.
Nous sommes différentes, oui, je l'admets volontiers. La différence entre l'homme et la femme est fondatrice de l'humanité.
Pour autant, les choses doivent-elles être si tranchées ?
Yin et yang, positif et négatif, dessus et dessous ?
Indépendant et dépendante ? Dehors et dedans ?
Torse nu et voilée ?

Je me dis que ces garçons-là ont peut-être peur d'entretenir une relation qui franchisse la barrière de la chair. Trop effrayant, sans doute, la pensée d'un couple capable d'avoir une conversation, d'échanger véritablement dans la sphère des idées.
Et de se féliciter d'avoir tant grandi, et du haut de leur longue expérience de la vie, d'avoir capturé en quelques mots l'essence même de cette créature réputée insaisissable.
C'est une philosophie du renoncement, finalement. Non, je ne comprendrai jamais, reste cet être insaisissable, je préfère te qualifier de supérieure et m'octroyer tous les privilèges, car le secret de ton propre bonheur t'est inconnu. Parce que tu es au-dessus des préoccupations de ce monde.

Mais ce monde, j'y vis. Ce monde n'a pas, comme vous, décidé de m'épargner pour préserver ma fraîcheur et ma beauté. Ce monde m'impose des épreuves et le doute ne me quitte pas plus que vous.

"Les femmes et les parfums sont subtils, aussi faut-il bien les enfermer."
Mahomet

samedi 15 août 2009

Vis ma Vie au Service des Urgences - Aujourd'hui : Les Internes

Afin de partager avec vous ma grande expérience de la vie, je vous offre un reportage totalement exclusif sous les dessous du job d'été le plus haletant de Loire-Atlantique :

Vis Ma Vie au Service des Urgences

Avec aujourd'hui, focus sur une race d'Etres Supérieurs fréquemment rencontrés aux Urgences : les internes.
Ces admirables personnages se reconnaissent facilement à leur air morne (signe que leur dévotion à leur Sainte Vocation est infinie), leurs yeux cernés (car ils ont profité de leurs nuits libres de la semaine pour faire la fête), et surtout à la plaque de marbre de dix-sept kilos qu'ils portent autour du cou, gravée de l'inscription suivante en lettres d'or :


CONDUITE À TENIR AVEC L'ÊTRE INFINIMENT SUPÉRIEUR QUE JE SUIS

1 : Mon Regard supérieur, jamais tu ne croiseras.
2 : Ma très supérieure Amabilité, jamais tu ne mériteras.
3 : A moins de vingt mètres de ma merveilleuse et supérieure Personne, le plus rarement possible tu t'approcheras.
4 : Sans ma supérieure et expresse Invitation, la parole jamais tu ne m'adresseras.
5 : Lorsque j'aurai besoin de quelque chose afin d'effectuer mon supérieur Travail, toutes affaires cessantes tu me le procureras.
5bis : Da ma Bouche supérieure, jamais de remerciement ne descendra vers toi.
6 : A moins de vingt mètres de moi et mes supérieurs Collègues, jamais tu ne mangeras, fumeras ou boiras ton café.
7 : Et enfin, lorsque j'enverrai un patient vers ton secrétariat et que je prononcerai la phrase fatidique réduisant tout ton travail de vérification, de classement et d'accompagnement à zéro...
"Il vous faut juste un petit coup de tampon sur vos ordonnances !"
...jamais, jamais, répliquer tu ne pourras.

samedi 8 août 2009

Vieux bluesman et panthère douce

Hier soir, je suis allée faire un tour aux Escales.

Les Escales sont une vieille institution nazairienne dont mes parents et leurs amis étaient des habitués.
L'un travaillait à l'organisation du festival, un autre à la régie son ou lumière, parfois le groupe de mon père montait sur scène.
En tout cas c'est un événement qui a fait partie de ma vie jusqu'à l'adolescence, où les événements que l'on connaît m'en ont éloignée petit à petit.

Aujourd'hui je n'y vais plus, et c'est sur un coup de tête que j'ai décidé d'y retourner hier soir, sans but précis.

J'ai donc pu écouter en live l'auteur des blues et des chansonnettes de mon enfance, l'expat américain Steve Waring :



Le clip intègre même le grésillement du vinyle, comme au bon vieux temps !

J'étais tellement bien là, assise par terre comme une gamine, que j'ai eu bien du mal à me lever pour aller voir une chanteuse tchadienne que je ne connaissais pas : Mounira Mitchala.
J'ai quand même été intriguée par son visage sur la brochure :



On ne voit pas tous les jours une jeune et jolie Africaine s'affirmer comme auteur-compositeur-interprète dans les festivals internationaux.
J'ai donc bougé mes fesses, et je ne l'ai pas regretté.
Bluffée j'ai été !
Fan, depuis je suis !

Je l'ai tout de suite repérée en arrivant, malgré la foule amassée devant elle : tout en chantant de son beau timbre doux et puissant, elle agitait son shékéré, courait, dansait, sautait, volait, et le tissu pailleté dont elle était drapée volait avec elle.
J'étais émerveillée de recevoir tant de beauté d'un seul coup : la silhouette ondulante de Mounira se découpant sur le ciel pâle de vingt-et-une heures, la brise tiède aux parfums de sucre et d'épices, la basse, les choeurs, la mer.
Avant chaque chanson, elle en résumait sobrement le message : une chanson dédiée au combat de la femme africaine contre le poids des traditions. Une chanson pour exhorter les Tchadiens au dialogue afin de faire cesser la guerre civile. Une chanson-hommage à sa mère et à son village.
On ne pouvait qu'imaginer, ensuite, le sens des mots, des phrases.
Et elle riait, poussait des cris, embarquait tout le monde, toujours avec la même grâce et le même naturel.

Oui, bluffée j'ai été, fan je suis, et surprise je ne suis pas d'apprendre qu'on la surnomme "la panthère douce du Tchad".

dimanche 5 juillet 2009

John Rhys-Davies et le message de Tolkien


A quel point les croyances et la perspective catholique de Tolkien résonnent-elles en vous ?

J’enterre tellement ma carrière avec ces interviews que c’en est douloureux. Mais je pense qu’il y a certaines questions qui demandent des réponses sincères.

Je pense que ce que dit Tolkien, c’est que certaines générations seront confrontées à des défis. Et que si elles ne se redressent pas pour faire face à ces défis, elles perdront leur civilisation. C’est quelque chose qui a une réelle résonance en moi.

J’ai eu le passé idéal pour devenir acteur. J’ai toujours été un étranger. J’ai grandi en Afrique au temps des colonies. Et je me souviens qu’en 1955, quelque part entre la fin juillet, quand les vacances scolaires commençaient, et la mi-septembre, quand elles se terminaient, mon père m’a emmené sur les quais du port de Dar-Es-Salam. Il m’a montré du doigt un dhow dans le port et m’a dit, « Tu vois ce dhow là ? Il vient d’Aden deux fois par an. Il fait escale ici puis poursuit vers le sud. En descendant la côte, il contient des machines et du fret. En remontant, il transporte deux ou trois gamins noirs. Vois-tu, ces enfants sont des esclaves. Et les Nations Unies ne me laissent rien faire à leur sujet. »

La conversation se poursuivit. « Vois, mon garçon. Il n’y aura pas de guerre mondiale entre la Russie et l’Ouest. La prochaine guerre mondiale se fera entre l’Islam et l’Occident. »
C’était en 1955 ! Je lui ai dit, « Papa, tu es fou ! Les croisades sont finies depuis des siècles ! »
Et il m’a répondu « Oui, je sais ; mais l’Islam militant se lève à nouveau. Et tu le verras durant ta vie. »

Ca fait maintenant quelques années qu’il est mort. Mais il n’y a pas un jour qui passe sans que je pense à lui et que je me dise, « Bon Dieu, je voudrais que tu sois encore là, juste pour pouvoir te dire que tu avais raison. »

Ce qui est extraordinaire, c’est qu’un trop grand nombre de vos collègues journalistes ne comprennent pas à quel point la civilisation occidentale est précaire et à quel point elle est précieuse.

Comment sommes-nous parvenus à ce genre de vraie démocratie, comment avons-nous atteint ce niveau de tolérance qui fait que je peux dire quelque chose qui puisse être totalement à l’opposé de ce que vous pensez, vous qui êtes à cette table, mais que vous supporterez néanmoins, et examinerez, et auquel vous répondrez « non, vous avez tort parce que ci et ça » ; et qui fait que je vous écouterai et dirai, « et bien, en fait, peut-être que j’ai tort parce que ci et ça ».

[Il se tourne vers une journaliste et adopte une voix autoritaire, comme pour jouer le personnage d’un islamiste radical :] « Vous ne devriez pas être dans cette pièce, puisque votre mari ou votre père ne sont pas ici pour vous accompagner. Vous ne pouvez donc être dans cette pièce avec ces inconnus qu’à des fins immorales. »

Ce que je veux dire… L’abolition de l’esclavage est issue de la démocratie occidentale ; de cette vraie démocratie qui vient de notre expérience gréco-judéo-christiano-occidentale. Si nous perdons ces choses, c’est une catastrophe pour le monde.

Et puis il y a cette catastrophe démographique qui se produit en Europe et dont personne ne veut parler, que nous n’osons pas évoquer parce que nous sommes si soucieux de ne pas offenser les gens ayant d’autres origines. Et nous avons raison de l’être. Mais il y a aussi un problème culturel.

D’ici 2020, 50% des enfants – des jeunes de moins de 18 ans – vivant en Hollande seront d’ascendance musulmane. Examinez ce que les Pères Fondateurs des U.S.A pensaient des Hollandais. Ils considéraient la montée de la démocratie et des valeurs hollandaises comme étant à la base même de la démocratie américaine. Si d’ici le milieu du siècle la population de Hollande est majoritairement musulmane… – et n’oubliez pas qu’il y a en outre cet effondrement de la population… les gens d’Europe de l’Ouest ne font plus d’enfants. La population de l’Allemagne à la fin du siècle est évaluée à 56% de ce qu’elle est maintenant. Celle de la France, à 52% de ce qu’elle est aujourd’hui. La population de l’Italie, amputée de 7 millions. Un changement du teint même de la civilisation occidentale en Europe est en train de se produire, nous devrions au moins y réfléchir et en discuter. S’il s’agit juste d’un remplacement d’un patrimoine génétique par un autre, ça n’est pas trop important. Mais si cela implique le remplacement de la civilisation occidentale par une autre civilisation porteuse de valeurs culturelles différentes, alors il s’agit de quelque chose dont nous devrions vraiment parler ; parce que, bordel, moi je suis pour la culture des « hommes blancs archaïques ».
Vous réalisez sans doute que ce que je viens de dire s’apparente à un blasphème dans cette ville …

… mais nous devons être un peu sérieux. Dans l’ensemble, nos cultures et nos sociétés sont suffisamment résistantes pour tenir bon face à toute sortes de bêtises. Mais si Tolkien a un message, c’est : « parfois il faut faire face et combattre pour ce en quoi l’on croit ». Il savait pour quoi il s’était battu durant la première guerre mondiale.

[Sur ces mots, il quitte la table sous nos applaudissements appréciatifs, en ajoutant :] Essayez de mettre des verbes dans mes phrases…

Suite au scandale provoqué par ses propos, J. Rhys-Davies est sommé de s'expliquer. Voici sa réponse :

Je crois en l’égalité raciale, pas en la discrimination raciale. Tout ce que j’ai dit, c’est qu’il y a un changement culturel que je considère inacceptable en train de se produire en Europe.
Le fait qu’un ministre du gouvernement français ait à se rendre au Caire et y parler avec l’une des éminences religieuses dans une mosquée pour obtenir son approbation au sujet de l’interdiction du foulard [dans les écoles] peut être vu de deux façons.

La première, c’est de considérer cela comme la preuve d’une magnifique sensibilité culturelle. L’autre, c’est d’estimer que cela semble donner une certaine autorité à une personnalité qui n’est absolument pas élue et qui est totalement en dehors de la juridiction européenne.
Je suis vraiment fier de vivre dans une société qui considère les femmes comme égales des hommes, et dans laquelle le discours courtois permet aux gens de soutenir des opinions différentes sans pour autant en venir à la violence.

Lorsque ce tremblement de terre est récemment survenu en Iran, la réaction de toutes les personnes de ma connaissance ici en Amérique fut l’horreur et le désarroi ; lorsqu’ils ont entendu l’histoire de cette vieille femme retrouvée vivante longtemps après, alors qu’on pensait qu’il n’y avait plus personne, leur réaction a été d’admirer l’extraordinaire capacité de l’humain à survivre. Cela contraste avec ces gens sautillant de joie et applaudissant le drame du 11 septembre dans certains pays.

Je ne pense pas que la société occidentale soit opposée à la société islamique. Je pense que c’est une part très importante de la société islamique qui est opposée à la société occidentale. Il est temps que le musulman lambda ait le courage de ses opinions.

La plupart des sociétés peuvent bénéficier du brassage génétique, mais la plupart des cultures se tolèrent l’une l’autre. Je ne vois pas de bouddhistes jeter des bombes dans les églises chrétiennes, je ne vois pas de chrétiens faire sauter les temples hindous, je ne vois pas ce genre d’affrontements.

Lorsque nous sommes prêts à fermer les yeux sur certaines choses pour ne pas jouer les trouble-fête, nous avons tort. La plus grande forme de racisme, c’est de se dire que les autres gens ne sauront pas se comporter selon vos valeurs et vos normes. Oui, je suis pour la culture « des hommes blancs archaïques ». Elle est sacrément bonne, sacrément superbe et extraordinaire. Ce n’est pas que je veuille exclure les autres cultures, mais je ne veux pas déprécier la mienne.

Je suis désolé si certains perçoivent cela comme enfreignant une sorte de tabou racial, ce n’est certainement pas mon intention. Nous sommes en train de perdre la capacité de pouvoir discuter des choses et d’avoir un débat valable.

Je ne veux pas connaître une société dans laquelle mes petites-filles, si j’en ai un jour, se voient arracher les ongles parce qu’elles ont mis du vernis. J’espère que mes parents et amis au Pays de Galle ne seront pas choqués de ce qu’ils vont lire. Ne m’étiquetez pas raciste, parce que je ne le suis certainement pas. Mais je maintiendrais à ceci : L’Europe occidentale, l’Europe chrétienne possède des valeurs et une expérience qui valent d’être défendues.

mercredi 24 juin 2009

Sick sad world

Il était une fois, dans le pays coloré de Beaubijou, une jeune femme nommée Shana qui tenait une boutique de bijoux artisanaux.
Tous les jours, des artistes venaient lui présenter leurs oeuvres afin qu'elle les mette pour eux en vitrine, à un prix qui leur permettrait de vivre décemment de leur travail.
Elle était si aimable et fournissait un service si complet que tous ses clients l'aimaient.

Mais la méchante sorcière Mondyalïszt était jalouse de ce succès. Alors, subrepticement, elle déroba les dessins que les artistes avaient apporté à Shana et, dans son atelier magique d'où s'échappait une épaisse fumée noire et nauséabonde, elle reproduisit leurs bijoux pour les revendre à bas prix dans tous les villages du pays, où ses acolytes, Santhr et Kaumairssyal, tenaient des magasins. Bien sûr, les couleurs étaient plus criardes et les finitions moins soignées, mais le peuple de Beaubijou, qui était un peu con, n'y vit que du feu.
Et puis, les bijoux étaient tellement moins chers ! ...

Malheureusement pour Mondyalïszt, les clients de Shana apprirent ce qui s'était passé et entrèrent dans une colère noire. Ils se mirent tous à envoyer des lettres incendiaires à la sorcière, et ceux qui avaient un Blôgh (sorte d'animal de compagnie de la famille du perroquet) lui ordonnèrent de raconter à tous l'histoire de Shana et la méchante sorcière.

Alors, plus personne n'acheta les bijoux volés, Mondyalïszt fut enfermée au cachot puis guillotinée en place publique, et les crocodiles n'eurent plus jamais la varicelle.

Que dire ? ...

Ca se passe de tout commentaire.
C'est beau, c'est grand, c'est vibrant !

mercredi 10 juin 2009

Quiet afternoon

Paisiblement, chez moi, avec une tasse d'Earl Grey au bleuet, j'écoute ce CD que l'on m'a offert et que j'aime au-delà du possible.

Tout est beau dans ma douce mélancolie.
Je pense à quel point j'aime cette chambre, et à quel point ce sera difficile de la quitter un jour.
Mes livres, mon orchidée, le vent et la pluie dehors, les toits gris sous le ciel gris, la lumière rose de mes petits spots à trois sous, l'Erdre qui roule à mes pieds, les arabesques noires de mon balcon, les moulures délicates sur mon plafond - petites fleurs et feuilles du siècle précédent...
Toute ma vie là-dedans, mon parfum, mes vêtements, mes souvenirs, mes chaussures, mes bijoux en toc et mon poster de Blondie...
Marilyn Monroe...

Robin and Marian. La Rose et la Flèche... Ce morceau me chope à chaque fois.
Et je pense à Audrey Hepburn dans ce film, si belle, à presque cinquante ans...

Tranquilité - musique - thé.

mardi 2 juin 2009

Paul Nizan, Aden Arabie

Aujourd'hui, je suis allée lire Aden Arabie au soleil.

J'ai eu du mal à me retenir d'arrêter un passant pour lui demander "Avez-vous lu Nizan ?", et lui fourrant mon livre entre les mains : "Lisez, lisez, c'est passionnant."

Paul Nizan a eu vingt ans en 1925, et il ne laissera personne dire que c'est le plus bel âge de la vie.
Vingt ans au milieu de l'ère industrielle, du vide laissé par la guerre, des premiers métro-boulot-dodo, de la fête perpétuelle des riches pour qui des mains anonymes, sans répit, assemblent, bouchent, vissent à la chaîne et oublient comment vivre. Un âge où il croyait voir "le commencement de la fin, de la vraie fin".
Dégoûté, perdu, désabusé, il se tourne vers le voyage, comme quelques-uns de ses semblables à qui on a vendu la sagesse et l'exotisme orientaux pour faire passer la noirceur de leur quotidien. Las ! Il se rend vite compte de la vanité du vagabondage, qui ne fait qu'ajouter de nouveaux désordres à ceux que l'on amène avec soi.
Et puis enfin il comprend que l'Europe est si fière de sa maladie qu'elle cherche à tout prix à la propager.

A Aden, étrange ville volcanique d'Arabie, il rencontre de grands businessmen du pétrole, des peaux et du café, comme Mr C... :

Il y a de faux hommes d'action : il est l'un d'eux. Il vous dit : "J'ai constamment vécu d'une manière totale, ma vie est une suite ininterrompue d'actions, de batailles données et gagnées. Cette contrée où je suis arrivé pauvre et orgueilleux il y a plus de vingt ans porte les cicatrices de mon action. Elle témoigne pour moi. Elle me reconnaît." Ainsi, il ment et il se ment.
Pas un seul de ces actes n'a jouté une parcelle au pauvre qu'il fut et qu'il est demeuré. Il est inachevé, comme un chantier abandonné derrière des palissades brillantes d'annonces. Faut-il prendre pour l'action ses reflets ? Chaque être est divisé entre les hommes qu'il peut être, il a laissé vaincre celui pour qui la vie consiste à faire monter et descendre les cours des cuirs abyssins, et ceux du café sur le marché de Djibouti ou de Dire Daoua, celui qui est vendeur et acheteur de signes : dans l'histoire d'un sac de café, vous ne trouverez que peu d'actions, faire pousser un arbre, boire une tasse. Combattre des êtres de raison comme des firmes, des syndicats, des corporations de marchands : appellerez-vous cela des actions ? Je veux détester et battre tel homme particulier, cette figure de traître que je vois, ce patron, cet avoué, ce chef de bataillon, cet empêcheur de faire l'amour. Sortez de la vie avec vos imitations, avec vos trompe-l'oeil qui ne comptent pas dans l'établissement de la vie charnelle, de la justice, de la joie, avec vos fabrications de haine, de défaillance et de colère, vos diminutions et vos images dans l'eau.
(...)
Mr C... était donc le porte-voix d'ondes innombrables qui ne trouvaient en lui que de prévisibles échos. Il ne faut pas confondre un homme libre avec un baromètre enregistreur, une machine de Morin et un phonographe. Que de maux peut causer cette confusion lorsqu'il n'est pas question d'enregistrer des chiffres mais des sentences de la sagesse morale, des décisions politiques. Ce qui m'a le plus dégoûté de mes frères c'est de les voir vivre comme des vers : les vers ne comprennent rien à l'attraction universelle, les hommes à leur bon dieu, à leurs désirs, à leurs opérations : tout plane sur eux, et ils croient inventer ce qui plane.

Aden Arabie m'a frappée par son intelligence synthétique, par la précision et la beauté de son écriture.
Vraiment, je le conseille, c'est assez court mais il y a matière à réfléchir longuement.

samedi 30 mai 2009

Je viens de réaliser quelque chose...

Mon dernier post... il est pas autobiographique, hein ? :)

A la lecture des Lettres portugaises j'ai simplement trouvé ce passage particulièrement beau et j'ai décidé de le partager, sans souhaiter lui donner une quelconque coloration personnelle...

Je m'assure simplement que tout le monde a compris... ^^

mercredi 13 mai 2009

Troisième Lettre, extrait

"Oui, je connais présentement la mauvaise foi de tous vos mouvements : vous m'avez trahie toutes les fois que vous avez dit que vous étiez ravi d'être seul avec moi ; je ne dois qu'à mes importunités vos empressements et vos transports ; vous aviez fait de sens froid un dessein de m'enflammer, vous n'avez regardé ma passion que comme une victoire, et votre coeur n'en a jamais été profondément touché. N'êtes-vous pas bien malheureux, et n'avez-vous pas bien peu de délicatesse, de n'avoir su profiter qu'en cette manière de mes emportements ? Et comment est-il possible qu'avec tant d'amour je n'aie pu vous rendre tout à fait heureux ? Je regrette pour l'amour de vous seulement les plaisirs infinis que vous avez perdus : faut-il que vous n'ayez pas voulu en jouir ? Ah ! si vous les connaissiez, vous trouveriez sans doute qu'ils sont plus sensibles que celui de m'avoir abusée, et vous auriez éprouvé qu'on est beaucoup plus heureux, et qu'on sent quelque chose de bien plus touchant, quand on aime violemment, que lorsqu'on est aimé."

Guilleragues, Lettres portugaises

mardi 5 mai 2009

Bêtes.

Ca m'énerve les filles qui parlent de chick-lit sur leurs blogs et qui en débattent pendant des plombes dans les commentaires.


Y'a celles qui n'aiment pas Bridget Jones parce que c'est une insulte vivante au féminisme. Bin ouais, p'tit génie, c'est un peu le principal ressort comique du bouquin, donc ouais.
Fielding aurait pu écrire une histoire sur une femme libre et indépendante qui ne s'épile que pour "se plaire" et qui passe son temps à scruter le féminisme des autres pour s'assurer qu'elles sont bien conformes, mais ç'aurait été assez chiant, je pense. Un peu comme ton blog, en fait !

Y'a celles qui trouvent que la chick-lit c'est vraiment superficiel et commercial : elles, elles ne lisent que Guillaume Musso et Fred Vargas.

Y'a celles qui trouvent le terme "chick-lit" scandaleux. C'est comme le rayon "littérature gay" à la Fnac, elles, ça les fait carrément bondir, tu vois. C'est vraiment révélateur du profond malaise de notre société moderne et ça leur rappelle trop les heures les plus sombres de notre histoire.


En fait j'aime pas les dindes qui comprennent que dalle et veulent tout m'expliquer.

lundi 27 avril 2009

Lindsay Lohan vs. Marilyn Monroe


Lors d'une compétition Lindsay Lohan / Marilyn Monroe, à votre avis, quelles seraient les chances de chacune ?

Hmm, voyons. Essayons d'être objectifs :

Lindsay Lohan n'a pas subi quatorze avortements (à ce jour).
Lindsay Lohan est née et a grandi dans un environnement moderne, avancé du point de vue de la médecine, du statut de la femme dans la société, à une époque où acteur est quasiment le métier le mieux payé du monde.
Lindsay Lohan n'a pas subi une opération lui ayant laissé une cicatrice très visible à l'abdomen.
Lindsay Lohan n'a pas été ballottée, enfant, de foyers en orphelinats et agressée sexuellement à plusieurs reprises (du moins on l'espère).
Lindsay Lohan a une armée de coachs sportifs, de chirurgiens, de nutritionnistes, de coiffeurs, de manucures et de profs de yoga à sa disposition 24h/24. Etant donné en plus un potentiel de départ non négligeable, on va dire qu'elle a un corps de vingt-deux ans en 2009, ce qui n'est pas peu dire.
Lindsay Lohan, lorsqu'elle a des problèmes avec l'alcool ou les drogues, peut se payer une rehab de luxe.
Lindsay Lohan ne va pas, dans six semaines, être retrouvée morte à son domicile après une surdose de barbituriques.

Et pourtant...

Lorsque Bert Stern, en 1962, un mois et demi avant sa mort, photographie Marilyn, ça donne ça.






Lorsque Bert Stern, en 2009, photographie Lindsay Lohan, ça donne ça.







J'ai presque honte de participer à la débâcle.
Pourtant, quelque part, ça me rassure.

J'en étais venue, depuis des années que j'idolâtre Marilyn, à me dire que finalement la plus grande partie des raisons pour lesquelles je l'aimais tenaient au mythe plus qu'à la femme elle-même.
Son physique, notamment, est loin d'être idéal, au moins selon les canons actuels.

Mais il n'y a qu'à comparer ces photos pour "voir" réellement où se situe la particularité de Marilyn.
Elle est alcoolique, droguée, dépressive et pourtant elle rayonne.
Chacune de ses expressions est un bijou.
Regardez la ligne de sa clavicule, le galbe de son mollet.
Regardez la grâce de ses mains, de ses doigts.

Il n'y a jamais eu, et il n'y aura jamais qu'une Marilyn.




jeudi 23 avril 2009

Une sacrée bonne femme



Je préfère ne rien dire et vous laisser découvrir ce petit bout de radio insolite qui m'a plu.
Un petit quart d'heure de votre temps pour vous asseoir et écouter...

Je précise quand même que c'est Not Safe For Work...

jeudi 16 avril 2009

Teenage Wasteland

A peine sortie de l'adolescence, je suis fascinée par la vision de ceux qui s'y débattent encore.

Il y a les périodes durant lesquelles on se sent bridé, enfermé, durant lesquelles on rêve de goûter la vraie liberté, de pouvoir faire tout ce dont on a envie. On déteste les cours, les parents, on déteste avoir quinze ans et n'être pas déjà grand.
Sans réaliser que ce qui est réellement précieux, c'est ça: cette envie.
Que ce qui nous fera mal lorsque plus tard on se souviendra, ce n'est pas le regret d'avoir été enfermé et bridé: c'est de réaliser que ce merveilleux appétit s'est affaibli et que sans doute, plus jamais on ne vivra avec autant d'intensité, plus jamais on ne partira de ces grands éclats de rire à la limite de l'hystérie, roulant dans l'herbe et en ressentant tous les brins sur sa peau nue, appréciant sans hiérarchie fraîcheur des boissons, chaleur du soleil, douceur des baisers.

Donc ensuite viennent ces périodes en nuances de gris.
On a l'impression de ne plus être un enfant. On ne comprend pas les demi-mesures. D'un coup, on se sent grand, seul, perdu, vide, obscur.
La passion qui nous animait est devenue dormante et l'on doit creuser pour la retrouver. Qui suis-je ? Quel est mon vrai but, ma vocation ? Pourquoi ce qui semblait, de loin, si clair, paraît de près si flou ?
On entre dans un autre monde dont les codes sont brouillés.
On a l'impression qu'on n'en sortira jamais.

En un sens, c'est vrai, on n'en sort jamais.
Mais je crois - enfin - avoir obtenu suffisamment de recul pour dire: ça devient plus facile.
On construit ses repères. Ca prend du temps. Mais on y vient.
On sort de soi. Petit à petit. On découvre la réalité du monde.
On fait le tri dans ses amis. Les à-la-vie-à-la-mort, les copains, et puis ceux qu'on ne reverra sans doute pas: on l'accepte.

Et puis on réalise enfin ce que ça veut dire, le temps, la nostalgie.
On comprend que dans ces périodes grises, il y a des touches de rose vif, de jaune, de bleu, qu'on n'avait pas bien vues parce qu'on se regardait le nombril.

Et six mois, un an, trois ans après, quand on regarde en arrière, on ne regrette pas la grisaille et la mélancolie. On pense à cette soirée-là, à cette complicité-ci, on revoit des choses qui nous font sourire.

Ca ne s'arrête jamais, la nostalgie.
Chaque décor qui nous paraît banal, chaque soirée où on se fait un peu chier, fera un jour partie d'un tout qui nous fera sourire et on dira "Tu te rappelles quand j'habitais là..." et on évoquera des souvenirs tout en s'en construisant de nouveaux, toujours.

dimanche 29 mars 2009

Iss grrl, iz no rockut scientist, but iz coot.

J'aime bien cette petite, et je suis impressionnée par sa version du "Girls Just Wanna Have Fun" de Cyndi Lauper.



Bien sûr, l'originale garde tout son charme. La voix de Cyndi est inimitable :)

samedi 14 mars 2009

Aaaaaaah...

Je viens de comprendre...

jeudi 5 mars 2009

The Love Goddess

mercredi 4 mars 2009

Mercredi, c'est Maxime!

77 - L'amour prête son nom à un nombre infini de commerces qu'on lui attribue, et où il n'a non plus de part que le Doge à ce qui se fait à Venise.

François de la Rochefoucauld,
Maximes

mercredi 25 février 2009

Mercredi, c'est Maxime!

54 - La vérité ne fait pas tant de bien dans le monde que ses apparences y font de mal.

François de la Rochefoucauld,
Maximes

dimanche 22 février 2009

Nantes - Paris Montparnasse

Je vogue en train dans la campagne immuable. J'écoute "Banale Song".

Quel plaisir de dire, ce simplistique poème, je t'aime, je t'aime, je t'aime
Que les lumières s'éteignent, je t'aime, je t'aime...

Je survole des lotissements avec des draps qui sèchent, sur un terrain de football les rouges contre les verts,
des flaques géantes reflètent un ciel bleu et un nuage,

Quel joli discours, ces mots sans rien autour, je t'aime, je t'aime, je t'aime

Dans un pré vert et gris un mouton un peu sale, une vieille maison et un panier de basket,

J'écoute "It Wasn't God Who Made Honky Tonk Angels".

Devant moi il y a un couple âgé. Ils lisent, chacun de leur côté. Même concentrés sur leur livre, ils ont comme l'air d'un sourire sur le visage.
La dame, tout à l'heure, a posé sa tête sur l'épaule du monsieur, pas longtemps, quelques secondes. Leurs coudes se touchent, ils ne se parlent pas. Ils sont ensemble.

J'écoute "Tonari no Totoro".

Magari, mi, ji!

Les boules de gui me font penser aux dimanches au Coudray et la promenade d'après-midi sur la route à Cabas.

J'veux du cuir...
Plaisir des souffrances délicates...

Un clocher au milieu de toits rouges.

Ain't no sunshine when she's gone,
It's not warm when she's away...
And I know I know I know I know I know I know...

Loin, il y a des vallons, des maisons, des routes. J'ai l'impression de récolter des souvenirs de voyage rien qu'en regardant la campagne et en me souvenant des vacances passées, en Touraine, en Dordogne, dans le Lot, dans les Alpes...

J'écoute "You're the Only One". Ca me fait penser à celui que j'aime.

Des poneys au milieu d'un grand pré vert. J'écoute "Harper Valley PTA" et je me crois dans le Montana.

Les arbres sont dénudés, mais tout respire le printemps dans cette campagne au soleil.

Jesus keep me from all wrong,
Let me walk close to thee...

J'ai envie d'écouter pour toujours de la musique triste en regardant les champs labourés et les maisons aux murs pleins de lézardes.

J'écoute "Piazza, New York Catcher".

A mesure que nous avançons, l'horizon s'emplit de nuages. Je prie pour que ma campagne ne tombe pas dans l'ombre, mais pour l'instant, tout autour de nous reste nimbé de cette lumière dorée qui me fait tant de bien.

Quand j'écoute "Nekobasu", j'imagine que je suis à bord d'une nouvelle version du Chat-bus - le Chat-train. Hop, hop, hop, le Chat fonce à travers les collines japonaises, entre les arbres, par-dessus routes et ponts. Personne ne nous voit passer, car nous sommes magiques.

J'écoute "Calling from Tokyo", c'est beau. J'aime ces voix en choeur.
Je vois un chemin dans la forêt avec un parcours de santé.
Je vous mets au défi de vous balader dans une forêt comme celle-là sans céder au plaisir de faire - pour de faux, en trichant - le parcours de santé. Là, on doit traverser le rondin sans tomber... Là il faut s'agripper aux anneaux...

This is your biggest fan, this is Stan...

Pour l'instant, nous sommes dans l'ombre, mais je ne suis pas triste. J'écoute une chanson faite pour être écoutée sous la pluie, de toute façon.

I hope you fall asleep and you dream about it!
And when you dream I hope you can't sleep and you scream about it!

J'adore cette chanson, horrible, triste, méchante, virtuose.

Avant que je m'en rende compte, on est arrivés.




Bande Originale:
Alain Souchon, "Banale Song"
Dolly Parton, "It Wasn't God Who Made Honky Tonk Angels"
Joe Hisaishi, "Tonari no Totoro"
Alain Souchon, "J'veux du cuir"
Joe Cocker, "Ain't No Sunshine" (je mets celle-ci dans un souci d'intégrité, mais c'est loin d'être la meilleure version. Cherchez l'originale de Bill Withers, ou celle de Lenny Kravitz, par exemple)
Dolly Parton, "You're the Only One"
Dolly Parton, "Harper Valley PTA"
Joe Nichols, "Just a Closer Walk with Thee"
Belle & Sebastian, "Piazza, New York Catcher"
Joe Hisaishi, "Nekobasu"
Ryuichi Sakamoto, "Calling from Tokyo"
Eminem (ft. Elton John), "Stan" (Live at the Grammy Awards)

mercredi 4 février 2009

Mercredi, c'est Maxime!

106 - Pour bien savoir les choses, il faut en savoir le détail; et comme il est presque infini, nos connaissances sont toujours superficielles et imparfaites.

François de la Rochefoucauld,
Maximes

mercredi 28 janvier 2009

Mercredi, c'est Maxime!

76 - Il est du véritable amour comme de l'apparition des esprits: tout le monde en parle, mais peu de gens en ont vu.

François de la Rochefoucauld,
Maximes

mercredi 21 janvier 2009

Mercredi, c'est Maxime!

31 - Si nous n'avions point de défauts, nous ne prendrions pas tant de plaisir à en remarquer chez les autres.

François de la Rochefoucauld,
Maximes

mercredi 14 janvier 2009

Mercredi, c'est Maxime!

28 - La jalousie est en quelque manière juste et raisonnable, puisqu'elle ne tend qu'à conserver ce qui nous appartient, ou que nous croyons nous appartenir; au lieu que l'envie est une fureur qui ne peut souffrir le bien des autres.

François de la Rochefoucauld,
Maximes