dimanche 22 février 2009

Nantes - Paris Montparnasse

Je vogue en train dans la campagne immuable. J'écoute "Banale Song".

Quel plaisir de dire, ce simplistique poème, je t'aime, je t'aime, je t'aime
Que les lumières s'éteignent, je t'aime, je t'aime...

Je survole des lotissements avec des draps qui sèchent, sur un terrain de football les rouges contre les verts,
des flaques géantes reflètent un ciel bleu et un nuage,

Quel joli discours, ces mots sans rien autour, je t'aime, je t'aime, je t'aime

Dans un pré vert et gris un mouton un peu sale, une vieille maison et un panier de basket,

J'écoute "It Wasn't God Who Made Honky Tonk Angels".

Devant moi il y a un couple âgé. Ils lisent, chacun de leur côté. Même concentrés sur leur livre, ils ont comme l'air d'un sourire sur le visage.
La dame, tout à l'heure, a posé sa tête sur l'épaule du monsieur, pas longtemps, quelques secondes. Leurs coudes se touchent, ils ne se parlent pas. Ils sont ensemble.

J'écoute "Tonari no Totoro".

Magari, mi, ji!

Les boules de gui me font penser aux dimanches au Coudray et la promenade d'après-midi sur la route à Cabas.

J'veux du cuir...
Plaisir des souffrances délicates...

Un clocher au milieu de toits rouges.

Ain't no sunshine when she's gone,
It's not warm when she's away...
And I know I know I know I know I know I know...

Loin, il y a des vallons, des maisons, des routes. J'ai l'impression de récolter des souvenirs de voyage rien qu'en regardant la campagne et en me souvenant des vacances passées, en Touraine, en Dordogne, dans le Lot, dans les Alpes...

J'écoute "You're the Only One". Ca me fait penser à celui que j'aime.

Des poneys au milieu d'un grand pré vert. J'écoute "Harper Valley PTA" et je me crois dans le Montana.

Les arbres sont dénudés, mais tout respire le printemps dans cette campagne au soleil.

Jesus keep me from all wrong,
Let me walk close to thee...

J'ai envie d'écouter pour toujours de la musique triste en regardant les champs labourés et les maisons aux murs pleins de lézardes.

J'écoute "Piazza, New York Catcher".

A mesure que nous avançons, l'horizon s'emplit de nuages. Je prie pour que ma campagne ne tombe pas dans l'ombre, mais pour l'instant, tout autour de nous reste nimbé de cette lumière dorée qui me fait tant de bien.

Quand j'écoute "Nekobasu", j'imagine que je suis à bord d'une nouvelle version du Chat-bus - le Chat-train. Hop, hop, hop, le Chat fonce à travers les collines japonaises, entre les arbres, par-dessus routes et ponts. Personne ne nous voit passer, car nous sommes magiques.

J'écoute "Calling from Tokyo", c'est beau. J'aime ces voix en choeur.
Je vois un chemin dans la forêt avec un parcours de santé.
Je vous mets au défi de vous balader dans une forêt comme celle-là sans céder au plaisir de faire - pour de faux, en trichant - le parcours de santé. Là, on doit traverser le rondin sans tomber... Là il faut s'agripper aux anneaux...

This is your biggest fan, this is Stan...

Pour l'instant, nous sommes dans l'ombre, mais je ne suis pas triste. J'écoute une chanson faite pour être écoutée sous la pluie, de toute façon.

I hope you fall asleep and you dream about it!
And when you dream I hope you can't sleep and you scream about it!

J'adore cette chanson, horrible, triste, méchante, virtuose.

Avant que je m'en rende compte, on est arrivés.




Bande Originale:
Alain Souchon, "Banale Song"
Dolly Parton, "It Wasn't God Who Made Honky Tonk Angels"
Joe Hisaishi, "Tonari no Totoro"
Alain Souchon, "J'veux du cuir"
Joe Cocker, "Ain't No Sunshine" (je mets celle-ci dans un souci d'intégrité, mais c'est loin d'être la meilleure version. Cherchez l'originale de Bill Withers, ou celle de Lenny Kravitz, par exemple)
Dolly Parton, "You're the Only One"
Dolly Parton, "Harper Valley PTA"
Joe Nichols, "Just a Closer Walk with Thee"
Belle & Sebastian, "Piazza, New York Catcher"
Joe Hisaishi, "Nekobasu"
Ryuichi Sakamoto, "Calling from Tokyo"
Eminem (ft. Elton John), "Stan" (Live at the Grammy Awards)

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