jeudi 16 avril 2009

Teenage Wasteland

A peine sortie de l'adolescence, je suis fascinée par la vision de ceux qui s'y débattent encore.

Il y a les périodes durant lesquelles on se sent bridé, enfermé, durant lesquelles on rêve de goûter la vraie liberté, de pouvoir faire tout ce dont on a envie. On déteste les cours, les parents, on déteste avoir quinze ans et n'être pas déjà grand.
Sans réaliser que ce qui est réellement précieux, c'est ça: cette envie.
Que ce qui nous fera mal lorsque plus tard on se souviendra, ce n'est pas le regret d'avoir été enfermé et bridé: c'est de réaliser que ce merveilleux appétit s'est affaibli et que sans doute, plus jamais on ne vivra avec autant d'intensité, plus jamais on ne partira de ces grands éclats de rire à la limite de l'hystérie, roulant dans l'herbe et en ressentant tous les brins sur sa peau nue, appréciant sans hiérarchie fraîcheur des boissons, chaleur du soleil, douceur des baisers.

Donc ensuite viennent ces périodes en nuances de gris.
On a l'impression de ne plus être un enfant. On ne comprend pas les demi-mesures. D'un coup, on se sent grand, seul, perdu, vide, obscur.
La passion qui nous animait est devenue dormante et l'on doit creuser pour la retrouver. Qui suis-je ? Quel est mon vrai but, ma vocation ? Pourquoi ce qui semblait, de loin, si clair, paraît de près si flou ?
On entre dans un autre monde dont les codes sont brouillés.
On a l'impression qu'on n'en sortira jamais.

En un sens, c'est vrai, on n'en sort jamais.
Mais je crois - enfin - avoir obtenu suffisamment de recul pour dire: ça devient plus facile.
On construit ses repères. Ca prend du temps. Mais on y vient.
On sort de soi. Petit à petit. On découvre la réalité du monde.
On fait le tri dans ses amis. Les à-la-vie-à-la-mort, les copains, et puis ceux qu'on ne reverra sans doute pas: on l'accepte.

Et puis on réalise enfin ce que ça veut dire, le temps, la nostalgie.
On comprend que dans ces périodes grises, il y a des touches de rose vif, de jaune, de bleu, qu'on n'avait pas bien vues parce qu'on se regardait le nombril.

Et six mois, un an, trois ans après, quand on regarde en arrière, on ne regrette pas la grisaille et la mélancolie. On pense à cette soirée-là, à cette complicité-ci, on revoit des choses qui nous font sourire.

Ca ne s'arrête jamais, la nostalgie.
Chaque décor qui nous paraît banal, chaque soirée où on se fait un peu chier, fera un jour partie d'un tout qui nous fera sourire et on dira "Tu te rappelles quand j'habitais là..." et on évoquera des souvenirs tout en s'en construisant de nouveaux, toujours.

1 commentaire:

Merak a dit…

J'acquiesce !