samedi 8 août 2009

Vieux bluesman et panthère douce

Hier soir, je suis allée faire un tour aux Escales.

Les Escales sont une vieille institution nazairienne dont mes parents et leurs amis étaient des habitués.
L'un travaillait à l'organisation du festival, un autre à la régie son ou lumière, parfois le groupe de mon père montait sur scène.
En tout cas c'est un événement qui a fait partie de ma vie jusqu'à l'adolescence, où les événements que l'on connaît m'en ont éloignée petit à petit.

Aujourd'hui je n'y vais plus, et c'est sur un coup de tête que j'ai décidé d'y retourner hier soir, sans but précis.

J'ai donc pu écouter en live l'auteur des blues et des chansonnettes de mon enfance, l'expat américain Steve Waring :



Le clip intègre même le grésillement du vinyle, comme au bon vieux temps !

J'étais tellement bien là, assise par terre comme une gamine, que j'ai eu bien du mal à me lever pour aller voir une chanteuse tchadienne que je ne connaissais pas : Mounira Mitchala.
J'ai quand même été intriguée par son visage sur la brochure :



On ne voit pas tous les jours une jeune et jolie Africaine s'affirmer comme auteur-compositeur-interprète dans les festivals internationaux.
J'ai donc bougé mes fesses, et je ne l'ai pas regretté.
Bluffée j'ai été !
Fan, depuis je suis !

Je l'ai tout de suite repérée en arrivant, malgré la foule amassée devant elle : tout en chantant de son beau timbre doux et puissant, elle agitait son shékéré, courait, dansait, sautait, volait, et le tissu pailleté dont elle était drapée volait avec elle.
J'étais émerveillée de recevoir tant de beauté d'un seul coup : la silhouette ondulante de Mounira se découpant sur le ciel pâle de vingt-et-une heures, la brise tiède aux parfums de sucre et d'épices, la basse, les choeurs, la mer.
Avant chaque chanson, elle en résumait sobrement le message : une chanson dédiée au combat de la femme africaine contre le poids des traditions. Une chanson pour exhorter les Tchadiens au dialogue afin de faire cesser la guerre civile. Une chanson-hommage à sa mère et à son village.
On ne pouvait qu'imaginer, ensuite, le sens des mots, des phrases.
Et elle riait, poussait des cris, embarquait tout le monde, toujours avec la même grâce et le même naturel.

Oui, bluffée j'ai été, fan je suis, et surprise je ne suis pas d'apprendre qu'on la surnomme "la panthère douce du Tchad".

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