vendredi 4 septembre 2009

A Room of One's Own

Le son de la pluie me fait toujours autant d'effet.

Au milieu du grondement des voitures qui glissent sur le bitume brillant, je suis dans un cocon rose, lit flottant au premier étage, fenêtre ouverte sur la rue.
Parfois je me sens si bien dans mon nid que j'ai l'impression de vivre les fantasmes d'indépendance de mes quinze ans.
Une chambre à soi, comme Virginia Woolf.

Plic. Plac.

J'entends des cris indistincts et des bribes de conversation.

La ville à deux heures du matin est comme une forêt dans laquelle chaque bruit contribue à créer l'atmosphère.

Enfant, je n'ai pas dormi bercée par les vrombissements de la route. Je pense que c'est pour cela qu'aujourd'hui, ces sons me font autant rêver.
Comme une harmonie avec la ville et le monde, comme vivre par procuration les vies de ces voyageurs nocturnes.
Que font-ils ? Où vont-ils ?

Mes rideaux me protègent du dehors mais ma fenêtre est toujours entrouverte.

J'ai toujours aimé la nuit.
Cet éclat particulier qu'ont les fenêtres allumées au crépuscule.
La nuit est comme une page vierge, sans but ni obligations.

Ecrivant sur mon lit blanc, dans la chambre rose, dans la nuit bleue, rideaux qui se balancent au vent et lampe de chevet allumée.
Que c'est bon d'être libre et en vie.

1 commentaire:

Tagera a dit…

Personnellement j'ai toujours vécu en ville, je suis plutôt dans l'opposé de tes sentiments, les "vromvrom" des voitures m'assomment, les cris des passants m'exaspère. Au contraire de toi, la nuit je serais plus à la recherche d'un silence cotonneux, comme seul la campagne peut nous offrir. Je pense, effectivement, que c'est une question d'habitude. La ville je suis rodée alors que toi tu la découvre à peine. C'est relatif... Tout est relatif...