vendredi 17 décembre 2010

Nag Champa

Allumé un bout d'encens, ça faisait super longtemps.

Putain, j'ai seize ans.

jeudi 16 décembre 2010

Everybody wants to hear about home

Voilà un truc marrant.
Le plus blasé des cosmopolites, le plus universaliste des citoyens du monde, le plus désenchanté des ermites, celui qui vous jure que tous les lieux du monde se valent et qu'il n'en préfère aucun… Même celui-là, et je suis prête à le jurer, même celui-là fondra comme un carré de chocolat en juillet si vous lui parlez de sa maison.
Exilé à Hong Kong et n'ayant plus téléphoné en France depuis deux ans, il montera le son de la radio et essaiera d'expliquer à ses amis perplexes que l'écrivain dont on parle, là, celui qui rencontre un succès mondial depuis quelques semaines, il est né dans sa ville. Sa ville à lui où il faisait du vélo autour de l'étang et où une fois il avait trouvé une souris malade qu'il n'avait pas réussi à sauver et qu'il avait pleuré pendant des jours. Et même si c'est vraiment très moche, c'est le plus bel endroit du monde.
Le Brassens qui abhorre ces abrutis qui sont nés quelque part, celui-là aussi, il écrira une supplique pour être enterré sur la plage de Sète, parce que l'ordinaire, la franchouillarde plage de Sète est le plus bel endroit du monde. Même quand il pleut.
Et prenons même la ville la plus changeante et la moins confidentielle du monde, prenons la ville de tous les expatriés et tous les perdus, la ville aux mille couleurs, la plus insaisissable… Il suffira qu'on écrive une chanson pour que tous ceux qui en connaissent les rues par coeur, tous ceux qui y ont grandi ou qui s'y sont réfugiés reprennent les paroles en choeur avec une inexplicable fierté aux tripes. Parce que c'est le plus bel endroit au monde.

Concrete jungle where dreams are made up,
There's nothing you can’t do,
Now you’re in New York...



vendredi 26 novembre 2010

Comment peut-on vivre ?

Je crois que c'est ça, le problème.

Je n'ai pas envie de mourir. Je suis terrifiée à l'idée de mourir. Je n'ai jamais envisagé sérieusement la possibilité du suicide - joué avec, parfois, contemplé, oui. Mais c'est tout.
J'ai en tête mille raisons de rester en vie. Pour les autres bien sûr... et pour les instants précis, pour manger du homard parce que je n'en ai jamais goûté et j'adore le crabe, pour les après-midi de juillet, pour l'Erdre, pour down le Roi Liche, pour les chamallows fondus et la vodka, pour monter sur scène, pour Mme de la Fayette, pour l'encens et les fleurs.

Mais comment peut-on ? Comment peut-on, la vue brouillée par la douleur ? Comment peut-on alors que ceux qu'on aime peuvent nous être pris en un instant ? Alors qu'un instant suffit pour que les couleurs virent au noir et que le ciel s'écroule ?
Alors comment peut-on ?

Je crois que c'est de là que vient ma paralysie : je ne peux pas mourir, mais je ne peux pas vivre.

mardi 23 novembre 2010

Abrutis


Arte/Philosophie - 14/11/2010 - Extrait original sur les JV
envoyé par 3emeType.

J'ai vu des dizaines d'amitiés se former grâce aux jeux vidéo. J'ai vu des histoires d'amour commencer dans ou grâce à un jeu vidéo. J'ai vu des communautés se bâtir, évoluer, et devenir un ciment indestructible entre des gens totalement différents unis par des passions communes.
J'ai lu l'histoire d'un tétraplégique à qui le jeu vidéo permettait des choses normalement inconcevables dans sa situation. Avec ses amis et son épouse, il relève les mêmes défis que les autres. Il a la chance, unique dans sa vie, d'être comme les autres.
J'ai vu des jeunes gens développer des talents qu'ils n'auraient peut-être jamais exploités, sans le jeu vidéo : chant, arts plastiques, écriture… Et recevoir des félicitations, des encouragements, parfois un "vrai travail" en récompense. J'ai vu des gens y consacrer leur vie et s'épanouir dans un boulot qui les passionne.
J'ai vu des équipes improbables travailler ensemble, explorer leurs propres forces et faiblesses, apprendre à conseiller sans vexer, à recevoir une critique sans se mettre en colère.
J'ai eu la chance incroyable de voir ma soeur, que j'adore, devenir amie avec mes propres amis - à travers le jeu.
Si j'avais le temps, je ferais la liste de toutes les choses dans ma vie et dans celles de mes proches qui auraient été différentes, sans le jeu vidéo. Des gens qui n'auraient pas eu d'enfant, des gens qui se seraient abîmés dans la solitude et la dépression, des gens qui, s'ils avaient "vécu" au sens de M. Colas Duflo, auraient moins vécu.
Je vois des gens qui s'aiment, qui imaginent, qui apprennent, qui rient, qui pleurent, qui échouent puis qui réussissent, qui VIVENT dans tous les sens du terme, et si certains ont des têtes d'abrutis, bon sang, ce sont mes abrutis à moi et je les aime à la folie.

mercredi 10 novembre 2010

Home

A Saint-Nazaire, il n'y a personne dans les rues l'hiver. Si : les alcoolos paumés et les bandes de racailles.
On marche le long de grandes avenues noires et blanches, bordées de voitures et de cubes en béton sale.
On baisse les yeux. On file une clope et on essaie d'avoir l'air banale et inintéressante pour continuer son chemin sans encombre.
Deux fois, un type à vélo m'a mis la main aux fesses en passant à côté de moi. Imaginez-vous l'effet que ça fait, ce tripotage dont l'auteur s'éloigne en toute impunité. Oui, pourquoi se priverait-il, finalement ? Qui va le poursuivre ? Ca n'a duré qu'une demi-seconde.
Et l'autre soir, un type m'a suivie. Dans la rue, puis dans le supermarché, dans la rue à nouveau, et jusque dans l'immeuble. J'ai couru dans les escaliers et sonné très fort à la porte.
Et si j'habitais seule ? Au rez-de-chaussée ?

A Nantes, tout le monde marche, tout le monde prend le tram. Il fait froid, on s'emmitoufle mais on sort. On va acheter son pain, ses clopes, son journal.
Il y a des vieux dans la rue à Nantes. Ils marchent doucement en serrant leur baguette. Il y a des poussettes, aussi.
A la place du béton glauque, il y a l'eau. Grise, blanche, argentée, verte, bleue, rose, orange, elle clapote entre ses quais, toujours tranquille. A la place des voitures, il y a des péniches.
J'habite à cent mètres du commissariat. Et de toute façon, il y a trop de passage, trop de lumière (notamment grâce à l'Erdre qui ouvre la rue en deux) pour qu'il m'arrive quoi que ce soit. Ca fait quatre ans que j'habite ici et je n'ai même pas été bousculée. Les clochards ne causent jamais un souci. Ils demandent pièces ou clopes - on dit oui, on dit non, ils n'insistent pas.
J'ai mon bureau de tabac, mes boulangeries (dont avec Hao nous étudions les mérites comparés), mon petit café-resto, mon bar, mon épicerie, mon tram, mon parc. Mon quartier est beau et différent tous les jours, sous toutes ses couleurs.
Tous les soirs, il m'offre un coucher de soleil et je m'émerveille une nouvelle fois d'habiter un endroit pareil.

jeudi 14 octobre 2010

Sachez-le.

Pour Ghofrane, Fatima, Sohane, Shéhérazade, Noor, San-deela et toutes les autres, je me battrai.

Il y a des causes plus charnelles et plus évidentes que d'autres. Celle-ci est la mienne. Moi qui ai peur de tout, moi qui ai donné deux gifles dans ma vie, lorsque je pense à elles je suis pleine d'une pulsion guerrière et prête à me lancer dans la mêlée.

Venez et apportez vos pierres. Je ne suis pas seule. Nous nous battrons.

vendredi 8 octobre 2010

Vendredi, ironie

Je déteste la série Glee d'avoir produit un épisode (S02E03) très émouvant et bien meilleur que les précédents.
Parce que je ne crois pas pouvoir le finir.
J'ai tenu 28 minutes 45.
Et je suis là entre deux eaux, ne sachant pas si je dois me forcer à continuer pour me prouver que je suis forte, ou laisser tomber.
Ironie, double combo : j'ai tenu sur les coups de fil, le cours interrompu, l'hôpital, la compassion des gens, les proches qui s'engueulent.
C'est les images du père apprenant le vélo à son fils qui m'ont eue.

mercredi 1 septembre 2010

Sugar and spice and everything nice

Hé oui, ce blog est le dernier endroit où je n'ai pas encore fait mon auto-promo...

Faisons court : j'ai créé un site pour mes critiques de bluettes.
Ce que j'appelle les bluettes, ce sont ces films qui pour la plupart ne sont pas des chef-d'oeuvres - bien que certains en soient, voir ci-contre le magnifique Princess Bride - mais qui nous amusent, nous remontent le moral, nous font rêver, nous émeuvent, nous font rire et nous permettent d'échapper quelques instants au monde réel.

J'étais une enfant et une adolescente rêveuse. J'ai vu certains de ces films un nombre incalculable de fois. Lorsque de temps en temps mes parents sortaient chez des amis ou au spectacle, mon grand plaisir était de me préparer un bouillon-cube avec des vermicelles pour le manger à la paille devant une de mes VHS préférées. C'était ça, le bonheur, pour moi : un bol de bouillon aux vermicelles, une paille, et Les Hommes préfèrent les blondes. Tout simple.

Alors voilà, pour moi et pour tous ceux qui me ressemblent, l'Absolute Everything on Bluettes est un humble index des bluettes que j'ai vues. Ca ne sert à rien, mais ça me fait plaisir, et si ça peut, de temps en temps, aider quelqu'un qui a besoin d'une heure et demie de miel dans un monde de plastique... alors c'est parfait.




What are little girls made of?
What are little girls made of?
Sugar and spice
And everything nice,
That's what little girls are made of.

mardi 17 août 2010

Là-bas le soleil s'écroule dans la mer

J'ai l'impression d'assister à la rencontre de ma vie avec un mur de béton.

Tout ce que je raconte depuis six ans sur ce blog, c'est un peu la route en zigzag, le pied qui martèle la pédale, les freins qui ne répondent plus, le vent qui s'engouffre par la vitre ouverte, le paysage qui défile tout flou de chaque côté.

Et puis boum.

Ce n'est pas nécessairement une mauvaise chose. Est-ce qu'il aurait mieux valu continuer à foncer éternellement, en faisant semblant de ne pas voir le mur à l'horizon ? Ecouter très fort La Ballade de Jim en fumant clope sur clope, et boire et rire et parler d'autre chose ?

Un des symptômes de cette nouvelle situation, c'est que j'ai de plus en plus de mal à parler d'autre chose, précisément. À répondre que "Oui ça va, tu sais, la routine, et toi alors ? La fac/ton boulot/ton mec/ton chien/ton herpès génital ? (Bla, bla, bla)".
Notez que truc de la routine n'est pas entièrement faux, sauf que c'est la déprim/ession qui est devenue la routine. Et ce n'est pas que je meurs d'envie de me plaindre, au contraire. Juste que j'ai de plus en plus de mal à faire semblant d'aller bien.

Je me rends compte de tout ce que j'ai caché à la grande majorité de mon entourage depuis des années. Notamment, que je ne me suis toujours pas remise de la mort de papa (je devrais dire la maladie de papa, ces années critiques qui ont formé une bonne partie de ma personnalité, et pas les meilleurs côtés). Que je n'ai aucune idée de ce que je vais faire de ma vie, que je ne me sens toujours pas normale à l'intérieur.
Que j'ai développé un système complexe pour me maintenir à flot, m'aider à vivre, un système qui me rend folle lorsque son bon fonctionnement se trouve entravé - impossibilité de grignoter, manque de musique, plus de clopes, montée d'angoisse en société, etc.
Tout ça, là, depuis quelques mois, c'est en train d'éclater, de sortir de partout. Ça s'écrase lentement contre le mur avec un bruit de métal froissé et il y a des bouts qui volent dans tous les sens.

End of the line. Tout le monde descend. Debriefing. Réflexion.

Ce post fait en quelque sorte partie de ça, d'ailleurs : retrouver cette catharsis que mon bloguinet chéri me procurait naguère (dans l'ancien temps de jadis). M'exprimer par l'écriture, c'est encore le meilleur moyen que j'ai trouvé pour clarifier mes idées, mettre à distance, et me décharger des choses trop lourdes.
Il y a quand même un problème : c'est que dans l'ancien temps de jadis, ce blog était un îlot d'expression décousue au milieu d'une foule virtuelle plus ou moins familière. C'était l'endroit parfait pour se raconter et se lamenter. Aujourd'hui, il n'est plus lu que par une poignée de personnes tellement proches que je passe mon temps à me demander si elles ne vont pas s'inquiéter outre mesure ou prendre des choses "pour elles".

Donc : Maman, si tu lis ce blog, je t'ai trop bien appris Internet. Sache d'une part que je ne suis pas moi mais une autre personne du même nom. D'autre part, tu dois cliquer sur la croix en haut de la fenêtre pour éviter d'être infectée par un terrible virus informatique élaboré spécialement afin de bloquer l'accès au jeu FreeCell.

vendredi 30 juillet 2010

Désoeuvrement

J'ai retrouvé ces quelques lignes dans mes affaires, je pense qu'elles datent de trois ans environ.
Elles sont écrites sur une de ces feuilles de couleur que l'on utilise comme brouillon lors des examens.

Tandis qu'autour de moi studieusement s'affairent
Les autres étudiants, penchés sur leurs copies,
Mon esprit vagabonde et je ne sais que faire,
Désemparée, oisive au milieu de l'amphi.

Que puis-je bien vous dire, Joachim du Bellay ?
En vérité je goûte votre poésie,
Mais que dire, que faire enfin, qu'y ajouter ?
C'est briser sa valeur que d'estimer son prix.

A vous je dis de même, bon sire Rabelais.
Votre histoire n'est pas sans me plaire, pardieu.
Toute drôle, toute belle qu'elle soit je ne peux
Pourtant sus disserter, car carnage serait.

Enfin monsieur de Troyes !... Enfin, mon cher Chrétien !...
Sur vous je n'ai pas même un compliment à faire.
Que dire... Voyons... Je cherche... Ah ! Ca y est, il me vient
Un conseil : fourrez-vous votre épée au derrière.

dimanche 25 juillet 2010

Of Mice And Dumb People

J'aime beaucoup les animaux.
En tout cas, ceux qui ne piquent pas. Et encore, même les insectes arrivent parfois à m'attendrir en leur qualité de petit être vivant aux motivations obscures, petit maillon de la grande chaîne mystérieuse de la nature de la vie de la planète du monde.

Mais il y a un truc que je ne supporte pas, c'est les illuminés au grand coeur qui professent leur grand amour des animaux en dépit du bon sens le plus élémentaire.

L'exemple le plus récent est ce post de Maliki.
Non mais sérieux quoi.

MODE D'EMPLOI DU MONDE
~~~ à l'intention des amoureux des animaux ~~~

1) Tout animal a le droit de vivre où bon lui semble sur la planète, même (surtout) chez toi. Hm ? Territoire ? Was izt das ?

2) Lorsque tu trouves un animal dans ta maison, enferme-le immédiatement dans une cage ou un vivarium. Il sera ainsi beaucoup plus heureux et épanoui.

3) Lorsque ces animaux se reproduisent chez toi, toute régulation des naissances est proscrite. Tu as la chance d'être témoin du grand miracle de la vie !

4) Lorsqu'on se permet une critique à l'égard de tes animaux, sors ton argument final et définitif : l'être humain est pire. Car l'auto-flagellation est un argument absolument incontrable. (Des méchants prétendent qu'on peut y faire des réponses du style "L'être humain est pourtant la seule espèce qui se pose la question de tuer ou pas un autre animal et de quelle manière" ou "Qu'attends-tu donc pour rendre un grand service à la planète en mettant fin à tes jours", mais étant méchants, ils sont bien évidemment de fieffés menteurs.)

5) Enfin, lorsque tu commenceras à te sentir envahi, refuse toute alternative "violente" à la mort par compression dans ton appartement rempli d'animaux.

Cette histoire est un exemple assez typique de ce que nous appellerons dorénavant le Stupid Meddling. Ergo, l'action de se mêler de ce qui ne nous regarde pas en pensant bien faire, ce qui conduit en général à l'aggravation de la situation.

Les espèces, smarty-pants, ont tendance à se réguler naturellement, étant donné qu'elles coexistent depuis un petit bail.
Il est normal d'essayer de sauver celles qui sont en danger de disparaître complètement.
Les autres n'ont PAS besoin de notre aide. Leur permettre de pulluler pour la simple raison que "c'est mignon" peut conduire à des déséquilibres et provoquer des catastrophes écologiques.

Alors par pitié, Maliki et tous les autres mous du bulbe amoureux de la nature, abstenez-vous de sauver le monde. En dépit des apparences, je crois qu'il se porte mieux sans votre aide.

vendredi 16 juillet 2010

No surprises



Pas de surprises mais tant de souvenirs.
Sentiments mêlés, gorgées de bière.
Emotions et sensations d'herbe sèche.

J'ai l'impression d'avoir vécu plusieurs étés mais aucun printemps

Plusieurs impressions mais aucune réalité.
J'ai l'impression d'être hors de moi-même.

Des musiques qui m'emplissent entièrement.
Des fêtes dont je ne me souviens pas.

Une mélancolie qui ne coule dans aucune direction

Je vis une vie sans but en attendant de vivre
J'essaie d'oublier sans jamais y arriver

Je chéris des morceaux de rêve comme des morceaux de sucre
J'attends d'ouvrir la bouche et d'apprendre où je vais.

J'aimerais savoir que mon printemps existe plus loin sur la route
Caché par la poussière

mercredi 14 juillet 2010

The Unfading Beauty

He that loves a rosy cheek,
Or a coral lip admires,
Or from star-like eyes doth seek
Fuel to maintain his fires:
As old Time makes these decay,
So his flames must waste away.

But a smooth and steadfast mind,
Gentle thoughts and calm desires,
Hearts with equal love combined,
Kindle never-dying fires.
Where these are not, I despise
Lovely cheeks or lips or eyes.

Thomas Carew

mercredi 9 juin 2010

My joy will be complete


Les histoires d'amitié sont rarement sous les feux de la rampe.


Souvent c'est une histoire en arrière-plan. Derrière les passions, les changements, les douleurs, les anniversaires, les amours, les chaleurs et les pluies, un lien se forme, se définit, devient imperceptiblement plus fort au fil des années.

Et au bout d'un moment, on se rend compte que c'est ça qui reste. Que c'était ça l'histoire, et c'était ça le plus important…


Quand j'ai rencontré une drôle de fille en classe de première, j'ai juste pensé qu'elle me plaisait parce qu'elle n'avait pas l'air ordinaire. Elle était différente de ma meilleure amie, elle me défiait. Elle était plus sombre.

Ironie : j'avais l'impression d'aller vers quelque chose de nouveau en allant vers elle, de m'éloigner de mon "moi" habituel. Alors qu'en réalité, c'était mon vrai "moi" - mon obscurité, mes rêves d'écriture… que je retrouvais.


Au début, oui, j'ai fait le premier pas. Mais par la suite, je n'ai pas décidé de "changer d'amie", je n'ai rien tenté volontairement. Au contraire, je me suis sentie tirée vers cette amitié sans rien pouvoir y faire.

Je crois quand même qu'au fond de moi, j'étais prête à tout pour me faire aimer de cette fille-là, parce que je la respectais profondément et son approbation me paraissait un sceau de qualité.

Et il faut avouer qu'on s'amusait terriblement, aussi - avec trois bouts de papier et des M&M's. Il faut avouer que je n'avais jamais connu quelqu'un dont la nature réponde à ma propre nature de cette manière.


Avec le temps, elle m'a montré qu'elle était encore plus impressionnante que je ne le croyais au début, parce qu'elle avait beaucoup plus de facettes que je ne le pensais. Parce qu'elle a grandi, aussi.

(Ca paraît évident, mais beaucoup de gens s'arrêtent de grandir - ça arrive à tout âge. Les gens s'arrêtent et c'est comme ça qu'on se retrouve à dire "qu'on a pris des chemins différents" - c'est souvent une façon gentille de dire qu'on a grandi et l'autre, non.)


Et puis voilà, on pense qu'on peut juste se satisfaire de quelques doses, mais quelques années après, c'est la dépendance…


J'ai juste envie de parler des choses partagées. Les ciels, les après-midi, les soirées, les conversations, les fêtes, les verres, les rues, les journées, les émotions, les mots.

Nuits, jours, paysages, rires, larmes.

Choses passées mais pas perdues.

mercredi 5 mai 2010

Sculpteurs de sentiments


Je viens seulement de comprendre ce qui me fascine à propos des oeuvres de fiction japonaises.

C'est leur extraordinaire habileté à jouer avec les sentiments.

Comme tout ce qui est émotionnel, par opposition à ce qui est rationnel, c'est difficile à qualifier et à expliquer.

Mais les mangas de Ai Yazawa ou les films de Miyazaki par exemple me frappent de cette manière. Au moment où j'appréhende ces oeuvres, j'ai du mal à relier ce que je vois avec ce que je ressens.

J'ai eu beaucoup de mal au début à réellement apprécier le manga Nana, pour la simple raison que sa lecture me rendait incroyablement triste. L'intensité de l'émotion n'avait qu'un rapport ténu avec l'histoire. En y réfléchissant, je pense que c'est quelque chose dans la manière de raconter cette histoire - en l'entrecoupant de réflexions douces-amères, "Tu te souviens de notre première rencontre ? Dehors, il neigeait à gros flocons…". Mais aussi les images fixes paradoxalement si expressives, de l'appartement 707, de Tokyo la nuit…



Chez Miyazaki, la musique joue un rôle crucial dans cette espèce de décalage subtil entre l'intrigue pure et l'émotion suscitée. Je revois par exemple le début de Princesse Mononoké. Cette musique japonaise, joyeuse et triste à pleurer… Elle aussi me fascine, elle mériterait presque un post à elle toute seule tant sa simplicité est puissante et audacieuse, et tant elle contraste vivement avec tout ce que fait et représente la musique occidentale.


Enfin tout ça forme un art subtil qui au lieu d'emprunter la voie facile vers les sentiments (les ressorts de l'intrigue), choisit le chemin tortueux du contrepoint et entortille le lecteur à son insu pour jouer de son coeur comme on joue d'un instrument.


Je trouve qu'il n'y a rien de plus passionnant, lorsqu'on explore une autre culture, que de découvrir qu'elle ne se contente pas de ne pas dire la même chose que nous : toute son approche de la chose, ses raisons et sa façon de la dire sont fondamentalement différentes des nôtres.

mercredi 28 avril 2010

You can't always get what you want

Je viens de réaliser quelque chose :

A chaque fois que je relis des bouts de ce blog (c'est quand même un sacré témoignage - six ans... et sans doute les six années les plus importantes de ma vie), et qu'automatiquement je porte un jugement sur mes écrits passés, je me rends compte que j'aime beaucoup - voire surtout - ce qu'à l'époque je considérais comme "mauvais".
Du coup, ça m'agace beaucoup de trouver dans les posts des commentaires auto-dévalorisateurs du style "Mon Dieu, que j'écris mal ces temps-ci" ou "Tout ça est vraiment inintéressant au possible".
Ce qui est encore plus drôle, c'est qu'en ce moment je n'ai pas tellement l'oeil du tigre et si je traînais sur ce blog avec la vague intention de poster, c'était dans l'optique de faire un de ces posts un peu lugubres - "rien à raconter en ce moment, ça sert à rien, blabla"...

...Bref on dirait que c'est quand je m'exprime de la manière la plus impulsive et que je raconte ce qui me passe par la tête - même si ça me paraît pathétique sur le moment - que j'arrive à m'émouvoir le plus, rétrospectivement. Ca m'amuse. Quelque part ça en dit long sur la vanité de l'esprit et du jugement. Ce qui semble avoir un sens n'en a bientôt plus, et ce qui n'en avait pas en acquiert.

Je m'abîme dans le ciel bleu en admirant ma rivière, je regarde encore une fois par la fenêtre, je médite.
Mon esprit a deux pôles : contemplation et responsabilités. Mon défi quotidien, l'objectif à ce jour non atteint, c'est de les forcer à coïncider.

Je vais brûler de l'encens et penser à ma jeunesse, aux fraises écrasées, au Fanta citron, au chèvrefeuille, au cuir sur les mollets et aux instants précis.

mercredi 7 avril 2010

Feel the heat

Le printemps revient.

Ciel noir zébré de bleu au crépuscule, parfums de fleurs et de barbecue, et balades en t-shirt le long de l'Erdre.

Tout ça ne change pas, comme tous les ans je revis, et paradoxalement...

Je disais l'autre jour que je n'arrivais pas à me souvenir de la dernière fois où je me suis sentie réellement et totalement détendue.
Les shoots de musique, quand le rythme me traverse de part en part et les sursauts de la voix me font frissonner, ça marche de temps en temps. Mais pas toujours.

Ce blog risque de devenir très déprimant si je me contente d'y déverser mes frustrations et mes humeurs noires sans rien pour contrebalancer.
Contrebalançons donc : je garde l'espoir qu'un jour, l'angoisse cessera de me ronger.

jeudi 25 mars 2010

The Two of You

I have all this weight I'm carrying with me
When it's raining outside
When it's bright 'n sunny
I have this weight inside
of the people who left me
There's my sweet black pearl and my dear, dear Daddy.

Sometimes I feel I just can't keep on livin'
Knowin' they're gone
and never back again
I feel so alone
without them to hold me
Without my sweet black pearl and my dear, dear Daddy.

It's hard not to think about the things I wanna tell'em
That I loved them so much
and maybe didn't show'em
It's hard to never touch
and it's hard to never see
My sweet black pearl and my dear, dear Daddy.

As I learn and as I hurt and as I stumble as I fall
There's not much I can do
not to cry and not to call
"I wish that you
were there to help me to my feet
You my sweet black pearl and you dear, dear Daddy."

I'm not a believer, I don't know were you are
If you're up above
I hope it's not too far
I hope my love,
when my time comes, will lead me
To my sweet black pearl and my dear, dear Daddy.

I wanna live my life, I'm not getting another
I have to get by
Though I'll miss you forever
In the meantime
I'll try to make you proud of me
My sweet black pearl and my dear, dear Daddy.