mercredi 10 novembre 2010

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A Saint-Nazaire, il n'y a personne dans les rues l'hiver. Si : les alcoolos paumés et les bandes de racailles.
On marche le long de grandes avenues noires et blanches, bordées de voitures et de cubes en béton sale.
On baisse les yeux. On file une clope et on essaie d'avoir l'air banale et inintéressante pour continuer son chemin sans encombre.
Deux fois, un type à vélo m'a mis la main aux fesses en passant à côté de moi. Imaginez-vous l'effet que ça fait, ce tripotage dont l'auteur s'éloigne en toute impunité. Oui, pourquoi se priverait-il, finalement ? Qui va le poursuivre ? Ca n'a duré qu'une demi-seconde.
Et l'autre soir, un type m'a suivie. Dans la rue, puis dans le supermarché, dans la rue à nouveau, et jusque dans l'immeuble. J'ai couru dans les escaliers et sonné très fort à la porte.
Et si j'habitais seule ? Au rez-de-chaussée ?

A Nantes, tout le monde marche, tout le monde prend le tram. Il fait froid, on s'emmitoufle mais on sort. On va acheter son pain, ses clopes, son journal.
Il y a des vieux dans la rue à Nantes. Ils marchent doucement en serrant leur baguette. Il y a des poussettes, aussi.
A la place du béton glauque, il y a l'eau. Grise, blanche, argentée, verte, bleue, rose, orange, elle clapote entre ses quais, toujours tranquille. A la place des voitures, il y a des péniches.
J'habite à cent mètres du commissariat. Et de toute façon, il y a trop de passage, trop de lumière (notamment grâce à l'Erdre qui ouvre la rue en deux) pour qu'il m'arrive quoi que ce soit. Ca fait quatre ans que j'habite ici et je n'ai même pas été bousculée. Les clochards ne causent jamais un souci. Ils demandent pièces ou clopes - on dit oui, on dit non, ils n'insistent pas.
J'ai mon bureau de tabac, mes boulangeries (dont avec Hao nous étudions les mérites comparés), mon petit café-resto, mon bar, mon épicerie, mon tram, mon parc. Mon quartier est beau et différent tous les jours, sous toutes ses couleurs.
Tous les soirs, il m'offre un coucher de soleil et je m'émerveille une nouvelle fois d'habiter un endroit pareil.

2 commentaires:

Choupette a dit…

Je ne suis pas née à Nantes, mais c'est là-bas que mon cœur est vraiment né quand j'y est "emménagé" en seconde.
Et chaque fois que je retourne à saint-nazaire, la première vision que j'en ai, cette gare grise et sale, est douloureuse.

Alors je comprend ton texte, et je le trouve beau.

dip a dit…

être né quelque part...Saint-Nazaire me tient...

Un coucou en passant et quelques nouvelles de prises. C'est appréciable.

Au plaisir de se revoir,
Portes toi bien !