vendredi 17 décembre 2010

Nag Champa

Allumé un bout d'encens, ça faisait super longtemps.

Putain, j'ai seize ans.

jeudi 16 décembre 2010

Everybody wants to hear about home

Voilà un truc marrant.
Le plus blasé des cosmopolites, le plus universaliste des citoyens du monde, le plus désenchanté des ermites, celui qui vous jure que tous les lieux du monde se valent et qu'il n'en préfère aucun… Même celui-là, et je suis prête à le jurer, même celui-là fondra comme un carré de chocolat en juillet si vous lui parlez de sa maison.
Exilé à Hong Kong et n'ayant plus téléphoné en France depuis deux ans, il montera le son de la radio et essaiera d'expliquer à ses amis perplexes que l'écrivain dont on parle, là, celui qui rencontre un succès mondial depuis quelques semaines, il est né dans sa ville. Sa ville à lui où il faisait du vélo autour de l'étang et où une fois il avait trouvé une souris malade qu'il n'avait pas réussi à sauver et qu'il avait pleuré pendant des jours. Et même si c'est vraiment très moche, c'est le plus bel endroit du monde.
Le Brassens qui abhorre ces abrutis qui sont nés quelque part, celui-là aussi, il écrira une supplique pour être enterré sur la plage de Sète, parce que l'ordinaire, la franchouillarde plage de Sète est le plus bel endroit du monde. Même quand il pleut.
Et prenons même la ville la plus changeante et la moins confidentielle du monde, prenons la ville de tous les expatriés et tous les perdus, la ville aux mille couleurs, la plus insaisissable… Il suffira qu'on écrive une chanson pour que tous ceux qui en connaissent les rues par coeur, tous ceux qui y ont grandi ou qui s'y sont réfugiés reprennent les paroles en choeur avec une inexplicable fierté aux tripes. Parce que c'est le plus bel endroit au monde.

Concrete jungle where dreams are made up,
There's nothing you can’t do,
Now you’re in New York...