lundi 14 février 2011

Rétrospective

Vous savez, de temps en temps, je relis ce blog.

Ce qui est marrant, c'est que logiquement, je devrais hurler, me trouver ridicule, et supprimer des posts entiers.
En réalité, je hurle, je me trouve ridicule, et je laisse tout tel quel.
Je ne corrige même pas les fautes de frappe...

Quand on vit dans les nuages comme moi, c'est si précieux de retrouver tout ça.
Les commentaires aussi.

Je vous dis en vrac ce que je trouve drôle ou intéressant (ça vous dispensera de relire vous-mêmes):

- J'adore le fait qu'au début, il y a genre deux posts, mais plein de commentaires qui disent que c'est trop bien. Alors que 95% des posts ne contiennent que des paroles de chansons. J'avais couché avec qui pour avoir une fanbase pareille ?

- Je ne cesserai jamais d'être fascinée par la quantité d'auto-apitoiement que peut contenir une adolescente, qui plus est de masse corporelle plutôt faible.

- Le moment de la rupture avec M. est savoureux. Le monde s'était écroulé ce jour-là, je m'en souviens encore. Et il neigeait, et je pleurais, et à chaque fois que je relis ça je sens à nouveau ces larmes. J'avais bien capturé tout ça, je trouve.
Quoi ? Je ne peux pas dire que du mal de moi en permanence, non plus.

- J'aime bien aussi relire "Drop it like it's hot", parce que - et c'est l'avantage de lire quelque chose qu'on a écrit soi-même - à chaque phrase, je me souviens de quelle sensation je voulais parler, très précisément.

- Je suis terriblement agacée par la manie que j'avais d'écrire sans majuscules en début de phrase. D'où ça sort, ça ? Je m'imaginais que ça me donnait un genre. Quelle connerie.

- La "reprise" en 2007 est hyper brutale, surtout à cause de ce qui n'est pas écrit.
Par exemple, je me souviens très bien de la journée qui avait suivi "nuit blanche".
Maman m'avait appelée pour que je revienne de Nantes…
Ce contraste entre 2005 et 2007, c'est vraiment palpable. A un moment, on est dans un univers rose et noir de gamine qui a trop des problèmes dans la vie parce que la vie c'est trop dur, tu vois. Et puis le moment d'après, tout est gris.
Et bam, août 2007, allez, on remet une couche.
Bonjour l'ambiance.

Après, bon, ça devient trop proche pour être intéressant. J'ai juste honte d'avoir abandonné "Mercredi, c'est Maxime !", une rubrique promise à un bel avenir.


Vous l'avez peut-être compris, mais relire ça me redonne envie de me confier davantage à ce blog. De réécrire des trucs tout bêtes sans aucun autre intérêt que de raconter sa life. Ne serait-ce que pour les relire, sept ans plus tard.

J'ai aussi envie de vous poser une question : vous êtes qui, là ?
Ca fait des mois, voire des années que j'écris pour un lectorat fantôme...
Ca vous embêterait juste de laisser un commentaire vite fait ?
Promis, c'est pas pour gonfler les stats (haha :D), c'est juste pour savoir.
Souris et Morse, vous êtes pas obligés, je sais que vous êtes là :p

dimanche 13 février 2011

Marie-Madeleine

Tu sais, je te connais, Marie-Madeleine.

Je connais la jeune fille naïve que tu as été. Aussi adolescente que l'on puisse être dans un monde où cet âge n'existe pas, faisant le mur pour aller voir des garçons que l'on appelait des hommes.
Je t'ai vue confondre maladroitement Le Tasse et Pétrarque, comme une petite oie qui veut être une grande dame. A qui on a envie de dire, "Oh… honey…"
Je t'ai vue te marier et apprendre la solitude. Te jeter dans une correspondance avec un homme qui disait t'aimer à la folie ; te fâcher lorsqu'il te délaissait. Cet homme qui t'écrit des poèmes en t'appelant cruelle, je vois bien c'est toi qui le supplies, pas l'inverse…
Je t'ai vue te prendre d'amitié pour une jeune femme qui, je pense, te rappelait la jeune fille que tu avais été, pleine de charme et d'esprit. Tu savais déjà, alors, que ces armes n'étaient pas suffisantes dans le monde où tu vis. Tu devais te douter qu'elles ne la sauveraient pas. Tu l'as aimée quand même et tu l'as regardée mourir.
Mais tu as eu des amis qui ont vécu, aussi, et qui te comprenaient, des amis brillants, honnêtes et purs, ou autant que l'on puisse l'être.
Tu étais souvent malade et tu te battais contre toi-même, contre ton coeur passionné que tu voulais dompter parce que tu voulais être une femme qui se contrôle, pas une femme contrôlée. Tu étais dépressive, tu sais, même si tu ne connaissais pas ce mot.
Mais tu construisais ton univers à l'intérieur.

Tu as écrit un chef-d'oeuvre.

Ma chère Marie-Madeleine imparfaite et rageant contre la vie, je voulais simplement te dire que tu es entrée dans l'histoire. Tu as eu ta revanche.
Tu n'as pas été oubliée.