dimanche 13 février 2011

Marie-Madeleine

Tu sais, je te connais, Marie-Madeleine.

Je connais la jeune fille naïve que tu as été. Aussi adolescente que l'on puisse être dans un monde où cet âge n'existe pas, faisant le mur pour aller voir des garçons que l'on appelait des hommes.
Je t'ai vue confondre maladroitement Le Tasse et Pétrarque, comme une petite oie qui veut être une grande dame. A qui on a envie de dire, "Oh… honey…"
Je t'ai vue te marier et apprendre la solitude. Te jeter dans une correspondance avec un homme qui disait t'aimer à la folie ; te fâcher lorsqu'il te délaissait. Cet homme qui t'écrit des poèmes en t'appelant cruelle, je vois bien c'est toi qui le supplies, pas l'inverse…
Je t'ai vue te prendre d'amitié pour une jeune femme qui, je pense, te rappelait la jeune fille que tu avais été, pleine de charme et d'esprit. Tu savais déjà, alors, que ces armes n'étaient pas suffisantes dans le monde où tu vis. Tu devais te douter qu'elles ne la sauveraient pas. Tu l'as aimée quand même et tu l'as regardée mourir.
Mais tu as eu des amis qui ont vécu, aussi, et qui te comprenaient, des amis brillants, honnêtes et purs, ou autant que l'on puisse l'être.
Tu étais souvent malade et tu te battais contre toi-même, contre ton coeur passionné que tu voulais dompter parce que tu voulais être une femme qui se contrôle, pas une femme contrôlée. Tu étais dépressive, tu sais, même si tu ne connaissais pas ce mot.
Mais tu construisais ton univers à l'intérieur.

Tu as écrit un chef-d'oeuvre.

Ma chère Marie-Madeleine imparfaite et rageant contre la vie, je voulais simplement te dire que tu es entrée dans l'histoire. Tu as eu ta revanche.
Tu n'as pas été oubliée.

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