mercredi 27 avril 2011

@melanielaurent



Hé oui, Mélanie, toute médaille a son revers. Tu étais si contente de te retrouver du jour au lendemain invitée chez des gens à L.A., des gens qui ont un cinéma chez eux et aussi un avion. Tu étais si contente de porter des belles robes et de côtoyer la crème de la crème le long du tapis rouge.
Apprends que dans ce monde, oui, on observe d'un peu près les gens qui font tout ça. Parce que vous faites tout ça, non pas pour nous offrir quelque chose - je crois que c'est ça que tu n'as pas compris - mais pour nous le VENDRE. Que ça te plaise ou non, que tu l'assumes ou pas, c'est pour nous le vendre, pour qu'on dépense l'argent que l'on gagne jour après jour grâce à nos boulots de merde.
Meuf, il y a des musiciens bourrés de talent qui jamais ne sortiront un disque. Toi tu ne sais pas chanter - et je ne dis pas ça pour te blesser, mais allons, tu le sais bien, quand même - mais tu le fais, et tu enregistres un album et tu tournes des clips. Pour ça des gens dépensent beaucoup d'argent dans l'espoir d'en gagner encore bien plus.

Tu comprends ce que j'essaie de te dire ?
Tu comprends que c'est à nous qu'on demande de rembourser ton album et tes clips, avec même un petit supplément histoire de payer à ton producteur sa piscine olympique et à toi tes petites robes Balmain, et avec le sourire s'il vous plaît ? Sans déconner, tu croyais que ce que tu faisais, c'était gratuit ?
Non... À d'autres. Par pitié.

L'état d'esprit "tu n'iras pas à Baltard", que tu regrettes, je le regrette aussi.
Tu te demandes d'où il vient : je vais te le dire.
Dans le temps jadis, si la production d'un artiste ne plaisait pas au public, on ne l'entendait pas. C'est aussi simple que ça. Ton album ne plaisait qu'à toi, eh bien tu rentrais chez toi et tu l'écoutais. Toute seule. Personne n'allait te chercher chez toi pour te dire que c'était nul.
Aujourd'hui, la machine est trop bien huilée. Si quelqu'un a la possibilité de faire du fric ou du buzz, qu'il soit talentueux ou pas, on va l'entendre. Oh oui, on va l'entendre ad nauseam.
C'est ton cas. Je ne voulais pas spécialement écouter tes chansons, mais il aurait été difficile d'y échapper. Parce que ta maison de disques - à laquelle tu as donné ton aval, avec laquelle tu as signé un contrat, je me permets de te le rappeler - a imposé ton album au monde, en particulier sur Internet parce que c'est là que les choses se passent aujourd'hui.
Quand on impose aux gens quelque chose qu'ils n'aiment pas, et qu'on leur demande de cracher leur fric, ils ont le sacré putain de droit de dire : NON.

Je ne les déteste même pas particulièrement, tes foutues chansons…
Mais que tu aies mis tes tripes dedans ou pas, n'oublie jamais qui te paye tes fringues et tes voyages, n'oublie jamais que personne n'est obligé de te soutenir, et que si ce que tu fais ne plaît pas, tu ne peux absolument rien y faire, encore moins lancer des reproches.