jeudi 16 juin 2011

Insomnie.

Respirer à pleines mains l'air du petit matin.
L'air de la ville qui sent la pollution et le chèvrefeuille.
Il pleut sur la ville mais pas dans mon coeur. Il pleut sur le pavé et le pavé s'illumine de l'orangé des phares et du rose de l'aurore. C'est une vision de dessin animé.
Il y a une musique tropicale aussi dans le son de la pluie, le chant des oiseaux, et le vert des arbres au-dessus de la rivière.
Il y a des joggers à qui j'ai envie de proposer un café. Parce que vraiment… A cette heure, par ce temps ?
Les péniches dorment encore. Les canards aussi.
Le ciel est tout plein de fourrure grise mais l'horizon est d'un vert pâle bien clair.

Décidément, je les adore ces aubes pluvieuses des nuits blanches, quand j'ai envie de m'asseoir sur mon balcon et de me laisser prendre l'eau, comme une bienheureuse idiote.

Je suis restée un peu moi, quand même.

vendredi 10 juin 2011

Defying Gravity

Vous savez quoi ? En ce moment, je ne suis pas moi.

Je ne suis pas moi qui contemple toujours au lieu d'agir et qui rêve au lieu de penser.

Je suis pourtant tellement habituée à être cette personne-là, depuis mille ans au moins : je me connais bien.
Moi, je suis celle qui regarde en arrière et qui pleure sur un rayon de soleil, sur le goût d'un fruit et le parfum d'une crème solaire. Je suis celle qui regarde la nuit se défaire alors que tout le monde est couché ; celle qui boit du thé en écoutant ça et qui a l'impression d'être le seul être vivant dans l'univers.
J'ai été l'adolescente qui escalade sa fenêtre en pleine nuit pour aller se rouler dans l'herbe mouillée, et traverse la ville comme un fantôme pour se baigner toute seule dans la mer. J'ai été l'enfant qui rentre chez elle sans son cartable.
Et puis aussi, j'ai été abîmée. Des vilains coups qui laissent des vilaines plaies. J'ai commencé à avoir peur de vivre, de perdre mes souvenirs, de trahir ceux que je laissais derrière moi. J'ai considéré l'avenir comme le lieu noir de toutes les souffrances ; au moins, le passé avait toujours ses couleurs.

Et en ce moment, on dirait que la vie a réussi à m'attraper.
On dirait que j'ai pris conscience de quelque chose et que ma main s'est refermée sur une prise… amorçant la montée.
Oh, je ne veux pas dire que je rencontre de grands succès, ou même de petits succès. Mais, oui, on dirait bien que j'essaie.

Idée incroyable, inouïe il y a encore quelques mois.

J'essaie.