mercredi 28 septembre 2011

Oh mon Dieu, oh mon Dieu, oh mon Dieu.

Pote, tu as un moment pour une démonstration sous forme audiovisuelle ?
Si tu les as pas, reviens plus tard, parce que c'est assez important que tu regardes quelques minutes de chaque vidéo sinon tu vas rien comprire.

Bon.
Je sais que quand on te dit de regarder une vidéo sur un blog, tu as la flemme et tu passes directement à la suite. Mais là, vraiment, rends-toi donc service et regarde ce petit film :




C'est beau, hein ? Juste quelques meufs plutôt badass, un paysage agréable, une musique superbe (la chanson c'est Rox in the Box de The Decemberists, penche-toi sur ce groupe si tu aimes le folk, tu vas kiffer). Une bonne caméra et un bon montage, et on obtient quelque chose d'unique.

Maintenant, demande-toi ce qu'on obtiendrait avec une ville magnifique à mille facettes chargées d'histoire et des milliers d'euros de subvention.
Ben te demande plus, on obtient ça :




Je ne sais même pas par où commencer. La musique inutile ? L'image sautillante et granuleuse ? Le Spiderman ultra-cheapos qui enjambe des barrières ? L'espèce de saltimbanque ridicule avec son cheval ? Le fait qu'ils aient réussi à ne montrer de Nantes qu'une succession d'images grisâtres et sans charme ? Et le montage ! Le montage ! Mon Dieu, le montage. o_o
Ce n'est pas seulement que je suis déçue, moi qui m'attendais à voir sublimée une ville dont je suis profondément amoureuse.
Ce n'est pas seulement que j'ai honte, car je ne vois pas qui, après ça, aurait envie de la visiter.
C'est que j'en ai ma claque de voir l'argent public dépensé dans des immondices pareils.

Ah oui, et le truc qui m'a achevée, c'est la fin - je sais pas si tu as tenu jusque là, crois-moi, je te comprends si ce n'est pas le cas - où on voit s'afficher les mots "Le Voyage à Nantes" (gimmick de cette fosse à impôts signée Nantes Métropole) qui s'effacent pour laisser place à "A Journey to Nantes".
Haha.
Vous essayez de me faire croire que parmi toute votre équipe de bras cassés, il y avait pas UN anglophone digne de ce nom qui vous aurait dit que "journey" signifiait plus "trajet" que voyage, et que "a journey to Nantes", ça voulait dire genre le trajet de Paris à Nantes ? Que dans aucun univers parallèle de tout l'espace-temps, ça voulait dire un voyage DANS Nantes ? Qu'une bonne traduction, ç'aurait été par exemple "A trip to Nantes" ?
Allez, cassez-vous, je veux plus vous voir.

5 commentaires:

Sven Jelure a dit…

Excellent ! J'avais cru que le clip était nul sur le plan du marketing et plutôt bien sur le plan esthétique (http://lameformeduneville.blogspot.com/2011/07/spiderblaise-se-fait-des-illusions.html), mais je dois reconnaître que je n'y connais rien. Votre démonstration torrentielle et talentueuse m'a ouvert les yeux. Merci.

Litchee a dit…

Oh ben merci à vous. Mais je ne veux pas invalider votre réaction première, si l'esthétique vous a parlé, c'est tant mieux et ça me suggère plutôt de mettre un peu d'eau dans mon vin !

Simplement, à moi, ça ne me parle pas du tout et je regrette tellement de ne pas avoir vu le clip poétique dont je rêvais...

Vous avez eu raison de parler du risque de ringardise dans votre post, mais je suis persuadée que les beautés de la ville pouvaient être sublimées de façon créative et moderne.
Je les ai vus tant de fois, les pluies sur l'Erdre qui font briller les quais, les couleurs des canards du Jardin des Plantes, les rayons obliques du soleil couchant sur la cathédrale... entendu tant de fois le murmure de la foule l'été rue de la Barillerie, le bruissement de l'eau sur l'île de Versailles...
Cette ville me prend aux tripes... et Spiderman les retourne.

Litchee a dit…

Enfin, ce Spiderman-là, pas le vrai, hein ! ;)

Sven Jelure a dit…

Merci de votre indulgence, mais je ne la mérite pas. Le goût, ça s'éduque. Au début, on trouve qu'un Big Mac, c'est très bon. Et puis on apprend à apprécier ce qu'on mange, et finalement on devient gastronome. Vous avez contribué à mon éducation (mieux vaut tard que jamais) : merci. A votre déclaration d'amour esthétique pour Nantes, que je partage, j'ajouterais une dimension historique : lors de ses grandes époques, Nantes a toujours poursuivi des rêves un peu fous : le maintien de l'indépendance bretonne à la fin du 15e siècle, la construction du Nouveau monde (par des moyens certes condamnables de nos jours) au 18e siècle, la maîtrise de la technique à la fin du 19e siècle... Quand je vois parées des habits de l'audace créatives nos banalités contemporaines, j'enrage ! (Le Royal de Luxe des premiers temps avait donné l'impression de renouer avec la veine créative de la ville voici vingt ans ; hélas la troupe s'est fonctionnarisée et ne se renouvelle guère.)

Anonyme a dit…

C'est tellement franco-français tout ça... Vous qui avez la critique acerbe, qu'auriez-vous donc proposé?